Des réactions partagées

07 mars 2003
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« Pour nous autres, il faut dire que l’expérience n’a pas été constructive », de signaler le président de la Fédération Franco-TéNOise, Fernand Denault. Celui-ci se souvient qu’en septembre dernier, les représentants de la communauté franco-ténoise avaient quitté la rencontre des communautés linguistiques qui se tenait à Hay River. La FFT était alors insatisfaite des dispositions touchant les francophones dans le rapport d’étape du comité spécial sur la révision de la Loi sur les langues officielles.

Pour ce qui est du rapport final, M. Denault croit que les communautés autochtones y ont fait des gains importants. « On est très heureux pour nos sœurs et nos frères de la communauté autochtone qui méritent d’avoir tout le support possible et imaginable ». Cependant, pour les francophones, les chiffres parlent d’eux-mêmes. « Il y a 65 recommandations dans le rapport. Là-dessus, on en compte 30 qui concernent les langues autochtones, 33 qui concernent le français et les langues autochtones et seulement deux qui concernent seulement le français. Ça exprime l’intérêt que porte le comité à la problématique des langues aux TNO », de constater Daniel Lamoureux, directeur général de la FFT.

Pour Fernand Denault, la mention du guichet unique pour les services en français est une bonne nouvelle. « Mais c’est un rayon de soleil dans une tempête. Nous poursuivons toujours les discussions avec les fonctionnaires pour savoir comment ça va évoluer. Notre position est que l’on va restreindre notre joie. Nous sommes conscients des expériences du passé et nous allons essayer de continuer de travailler de façon positive sans se faire brûler. On s’est fait brûler assez souvent », dit-il.

Le président de la FFT croit que la nomination d’un ministre responsable de l’application de la Loi pourrait être un point positif, « mais il faut toujours se placer dans le contexte des TNO. Si le ministre est plus ou moins intéressé ou s’il n’est intéressé qu’à un volet des langues officielles sans se soucier des responsabilités constitutionnelles envers notre communauté, ça peut ne pas donner grand chose ».

Celui-ci fait donc le constat que tout dépendra de la bonne volonté du gouvernement territorial à l’égard des langues. « La bonne volonté, ce n’est pas quelque chose qu’il y a eu en abondance à notre égard, en fait, il en a manqué sur toute la ligne », de mentionner Fernand Denault, tout en rappelant les 30 millions de dollars versés par le gouvernement fédéral pour offrir des services en français « alors qu’il n’y a absolument rien qui existe ». « Il faut être réalistes, dit-il, et se rendre compte que ce gouvernement n’a jamais pris ses responsabilités envers nous ».

Enfin, selon Daniel Lamoureux, « le rapport reconnaît les erreurs et la négligence du gouvernement envers le français, mais refuse d’adopter les mesures qui semblent appropriées pour corriger la situation ».

La présidente du Comité de mise en œuvre d’un centre communautaire francophone, Line Gagnon, avait les yeux rivés sur une partie du rapport, celle concernant l’établissement d’un guichet unique pour les services en français. Ce point est un élément important du projet de construction d’un centre communautaire déposé au ministère du Patrimoine canadien.

« C’est super qu’ils aient mentionné le guichet unique et la ligne 1-800. On prend ça comme une indication que le GTNO serait peut-être intéressé à soutenir un centre communautaire », de réagir Line Gagnon. Cette dernière se réjouit aussi du fait que des enveloppes budgétaires soient identifiées pour le guichet unique sur les services en français. Le rapport mentionne un montant de 50 000 $ pour l’année 2003-2004, de 300 000 $ pour l’année 2004-2005, de 250 000 $ pour les deux années suivantes, avant de grimper à 300 000 $ pour les années subséquentes.

Pour Mme Gagnon, la mention du guichet unique dans le rapport final du comité spécial viendra donner du poids aux demandes de financement pour la construction d’un centre communautaire. De plus, il faudra convaincre le gouvernement d’établir le guichet unique dans le centre communautaire. « La communauté en général devra surveiller ça », dit-elle.

Commissariat aux langues

Selon la commissaire aux langues des TNO, Fibbie Tatti, « les 65 recommandations sont précises et reflètent les nombreuses suggestions faites par les membres du comité consultatif du commissariat aux langues ». La commissaire croit aussi qu'un Conseil des langues autochtones devrait être mis sur pied, tout comme la nomination d’un ministre responsable. Enfin, celle-ci souligne la nécessité d’avoir un plan des langues, assorti d’un financement coordonné.
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