Si les migrants s'en mêlaient : Des offres hostiles


Je ne fais pas allusion aux transactions dans la LNH, mais bien aux promesses électorales et à la morosité de la présente campagne électorale.
J’ai tenté à plusieurs reprises de me faire expliquer ce qu’est une offre hostile dans le monde du sport et je dois avouer que je n’ai toujours pas compris comment cela fonctionne. Je ne m’en sors pas mieux avec les notions de choix de repêchages qui restent nébuleuses pour moi, une Néo-Canadienne qui veut bien intégrer sa nouvelle culture.


Le contexte actuel des élections de 2019 m’inspire un peu le même sentiment. Les chefs des partis politiques débattent et lorsque par miracle, ils abordent les véritables enjeux qui préoccupent les Canadiens et les Canadiennes, et non le déguisement ou les propos passés des uns et des autres (au fait, y a-t-il prescription en politique ?), j’ai l’impression que les promesses sonnent comme des offres hostiles. Elles se ressemblent souvent, se chevauchent parfois, se heurtent apparemment, ricochent inévitablement et on revient à la case départ dès la fin du match électoral !
Il arrive, hélas rarement, qu’un coup de cœur vienne brouiller les cartes. Mais, la plupart du temps, un haut-le-cœur saisit l’électorat et, résultat des courses, on boude les urnes. Alors que se passe-t-il cet automne ? Nous n’avons ni la ferveur de 2011 qui a fait déferler une vague orange sur la Belle Province et offert par ricochet un gouvernement majoritaire aux conservateurs. Nous n’avons pas non plus le mouvement de 2015 issu du ras-le-bol quasi généralisé qui a sanctionné lourdement les conservateurs.
Cet automne, le cynisme reprend le dessus et malgré les efforts des candidats, c’est l’apathie.

Les vraies affaires se traitent au niveau local
Je vote au Canada depuis 15 ans et pour la première fois, les élections locales, municipales en 2018 et territoriales en 2019 m’ont plus intéressée que les élections fédérales. Ce n’est pas peu dire pour une immigrante de la première génération ! Nous sommes « traditionnellement » tournés vers Ottawa, car les décisions sur des politiques qui nous concernent spécifiquement comme immigrants se prennent à Ottawa. Je me suis rendu compte au fil des ans que les décisions qui nous touchent quotidiennement comme citoyens se passent au niveau municipal et territorial. La politique étrangère du Canada ne va pas bousculer mon quotidien comme le transport en commun ou le ramassage des ordures dans mon quartier. Le déficit budgétaire du pays ne me préoccupe pas outre mesure. L’accès à des logements abordables, la santé, l’éducation, l’environnement et la résolution des problèmes de dépendance dans ma communauté me préoccupent bien davantage.

Un candidat issu d’une minorité culturelle
Lorsque je discute avec des immigrants arrivés récemment ou non comme moi, je me rends compte que nous ne formons pas un groupe homogène que les politiciens peuvent cibler globalement avec des propositions spécifiques. Il est révolu le temps où les immigrants votaient en bloc pour le Parti libéral. Maintenant, ils ne peuvent plus compter sur le « vote ethnique », car ce vote n’existe plus. Et cela n’a rien à voir avec la Blackface ! Certains immigrants sont outrés lorsque le PM Trudeau parade joyeusement au défilé de la Fierté. Certains sont terrifiés par la légalisation de la marijuana. Et je rétorque que ce sont ces quelques traits de son caractère (les voies ensoleillées ?), qui le rendent sympathique à mes yeux !
L’arrivée de Jagmeet Singh dans la cour des Grands est une belle surprise pour les adeptes de la diversité canadienne. Il est difficile de mesurer si l’investiture d’un candidat issu de l’immigration à la tête du NPD va se répercuter dans le résultat des urnes le soir du 21 octobre 2019. Jagmeet s’est tout de même bien défendu et il a mené une belle campagne. Sans complexes.

Le vote autochtone
Encore là, il me semble que « LE vote autochtone » n’existe pas. D’après ce que je lis et entends, le cynisme à l’endroit de la politique fédérale est encore plus frappant chez les peuples autochtones. Faire confiance et voter pour son prochain oppresseur ne peut pas motiver, et encore moins enthousiasmer, même les plus optimistes des votants. En 2015, les Autochtones ont massivement sanctionné le gouvernement conservateur. Le gouvernement sortant n’a pas fait assez pour satisfaire les électeurs autochtones, mais il ne les a pas non plus trop malmenés pour qu’ils votent massivement contre les libéraux.

Le vote « populiste »
Au dernier débat en français, le chef conservateur Andrew Scheer a renvoyé Maxime Bernier en Beauce. Mais on pourrait être surpris le soir du 21 octobre 2019, le vote populiste ne se manifestant généralement pas dans les sondages.
Les plateformes des partis populistes de par le monde sont quasi unanimes dans leur hostilité face à l’urgence climatique et aux migrations des peuples. Les populistes jouent la carte de l’immigration « choisie », économique, et non celle des réfugiés qui passent par le chemin Roxham ou ailleurs. Je me demande si ce passage du poème d’Emma Lazarus, gravé au piédestal de la statue de la Liberté, reste d’actualité en Amérique du Nord :
Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres,
Envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres,
Les rebuts de vos rivages surpeuplés,
Envoyez-les-moi, les déshérités, que la tempête m’apporte,
De ma lumière, j’éclaire la porte d’or !

Votons quand même, même s’il n’y a pas d’offres spéciales le 21 octobre 2019 !

Votons quand même, même s’il n’y a pas d’offres spéciales le 21 octobre 2019 !


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