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Français langue seconde : Des chiffres stables pour les TNO

07 novembre 2003
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Selon le dernier rapport annuel du groupe de pression Canadian parents for french (CPF), l’enseignement du français langue seconde au Canada plafonne. Pour le président de l’organisme, Ian Richmond « les statistiques indiquent qu’il y a une baisse inquiétante dans les inscriptions au programme de français de base et que du côté de l’immersion, à l’échelle du pays, les inscriptions demeurent stables ». En fait, la baisse connue sur ce côté dans certaines régions sont compensées par des hausses constatées dans d’autres régions canadiennes.

À la Commission scolaire publique de Yellowknife, le responsable des programmes de français, Guy Paradis, remarque d’abord et avant tout une baisse d’élèves en général. « En français de base, je dirais que ça reste assez stable, mais il est évident qu’avec le nombre d’élèves qui diminue, on pourra remarquer une baisse des inscriptions à plus long terme. En immersion, c’est un fait que les nombres sont assez stables depuis environ une dizaine d’années ».

Cette année, la Commission scolaire publique compte 259 élèves inscrits dans le programme d’immersion. « Ça représente un nombre assez normal, puisque le plus haut qu’on a connu est de 263 élèves », constate M. Paradis.

Du côté de la Commission scolaire catholique, on compte 269 élèves en immersion à l’École Saint-Joseph et 67 jeunes à l’École secondaire Saint-Patrick. Là aussi, les chiffres demeurent stables, selon la directrice générale adjointe à l’instruction, Claudia Parker.

Au niveau national, Ian Richmond croit que « l’on pourrait dire que c’est le grand succès de l’immersion qui cause le déclin du français de base. Bien des Canadiens sont convaincus qu’on ne peut pas apprendre une langue sans l’immersion, ce qui est faux. Le résultat est qu’il y a beaucoup moins de ressources pour le français de base que pour le français d’immersion ». M. Richmond critique aussi le fait que plusieurs écoles secondaires, au pays, invitent les étudiants à choisir entre le français et une autre matière. La série de recommandations mise de l’avant par CPF contient d’ailleurs un élément sur les horaires.

L’organisme CPF s’inquiète également du faible nombre d’enseignants en français langue seconde qui sont disponibles. Du côté des deux commissions scolaires de Yellowknife, on se dit chanceux, de ce côté, jusqu’à maintenant. « Pour le français de base, ce qui est bizarre, c’est que nous n’avons pas de difficulté de recrutement. Il y a même un intérêt marqué pour venir aux Territoires. Il y a beaucoup de demandes pour venir travailler ici, mais il n’y a pas de poste disponible », constate M. Paradis. Du côté de l’immersion, par contre, les récents mouvements de personnel à la commission scolaire ont amené celle-ci à tester ses pratiques de recrutement. « Ce n’est pas nécessairement facile, mais on s’en sort très bien », dit Guy Paradis.

Le recrutement et le maintien en poste ne constituent pas encore un problème majeur pour la Commission scolaire catholique non plus. « Ça va devenir difficile, mais nous sommes vraiment chanceux de trouver tous les professeurs dont nous avons besoin », laisse entendre Claudia Parker, qui croit, tout comme M. Paradis, que Yellowknife revêt toujours un attrait pour les enseignants à « l’esprit aventureux ».

Pour tenter de combattre la pénurie appréhendée d’enseignants, CPF veut encourager davantage d’étudiants universitaires à fréquenter le programme d’enseignement du français langue seconde. « Nous venons de lancer une campagne pour encourager les jeunes à considérer le programme d’enseignement du français langue seconde comme carrière. Évidemment, il s’agit d’un travail à long terme », dit-il.