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Des caribous encore sous pression

Le caribou de Peary est le plus petit des caribous d’Amérique du Nord. Sa population est en déclin constant 
et son statut est protégé au Canada. (Crédit photo : J. Nagy – GTNO)

Le caribou de Peary est le plus petit des caribous d’Amérique du Nord. Sa population est en déclin constant et son statut est protégé au Canada. (Crédit photo : J. Nagy – GTNO)

Trois rapports ont été dévoilés jeudi 12 mai par le comité des espèces en péril aux Territoires du Nord-Ouest. Leur verdict est unanime, les conséquences du changement climatique se font ressentir à l’échelle des populations générales de caribou, et appelle à une attention particulière.

Le comité Espèces en péril aux Territoires du Nord-Ouest a rendu publics ses derniers rapports de surveillance de l’état de conservation des espèces aux TNO. Pour 2022, ce sont les caribous de Peary, les caribous boréaux et le faucon pèlerin qui ont intéressé les membres du comité.

Chaque année, deux ou trois espèces reçoivent une attention très particulière de la part de ce comité, qui dépend administrativement du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Les rapports d’états sont en général programmés tous les dix ans. Les dernières recommandations du comité sur le caribou de Peary et le caribou boréal datent de 2012. L’évaluation du faucon pèlerin est la première pour cette espèce dans les TNO.

L’année prochaine, ce sera au tour du caribou de Dolphin-et-Union et du pélican d’Amérique, avant qu’en 2024 le comité ne s’intéresse qu’au rat musqué et au braya poilu, une espèce de plante de la famille de la moutarde que l’on trouve dans le nord des TNO et qui est considérée comme en danger par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

 

Les connaissances autochtones en valeur

Dans la rédaction des rapports publiés ce 10 mai, le comité des espèces en péril met en avant le travail réalisé pour utiliser conjointement les connaissances traditionnelles autochtones et les résultats de la recherche académique occidentale. Un travail d’inclusion des connaissances locales qui n’est pas nouveau, mais pas évident non plus.

Comme le soulignait la chercheuse pour Environnement et changement climatiques Canada Micheline Manseau, l’année passée à Médias ténois, « Les gens sur place ont les connaissances qualitatives du terrain. Ils peuvent faire le lien entre l’histoire de cet environnement et les informations issues de la recherche. C’est eux qui ont les questions auxquelles ces résultats d’analyse doivent répondre. »

« L’utilisation de ces deux ensembles de connaissances permet une approche plus holistique pour l’évaluation de l’état de conservation des espèces, » abonde par écrit le comité Espèces en péril aux TNO.

Les différentes connaissances, liées aux personnes et aux espaces naturels, permettent d’offrir une vision à long terme basée sur les écosystèmes, raconte le comité. Une méthode particulièrement utile lorsque l’on souhaite évaluer l’influence de processus très complexes comme les changements climatiques sur les espèces.

« En combinant l’approche locale, les informations sur le terrain venant des personnes qui vivent dans la région, avec les résultats des études et des mesures scientifiques, on peut avoir une vision plus claire et plus précise des menaces qui pèsent sur les espèces, explique le comité, et de ce qu’on peut mettre en place pour les limiter. »

 

Climat tendu pour les caribous des TNO

Car la menace qui pèse le plus sur la vie sauvage dans le Nord est celle du changement climatique. En modifiant les conditions de température, d’humidité, ou la fréquence des extrêmes météorologiques, ce sont les écosystèmes dans leur ensemble qui se transforment.

Pour survivre, nombre d’espèces doivent se déplacer ou s’adapter. Souvent, c’est une combinaison des deux qui est même nécessaire. Comme l’explique le comité, « les menaces relatives au climat – incluant des feux de forêt plus fréquents et plus intenses, des extrêmes météorologiques et des conditions de glace de mer peu fiables – justifient de prendre une approche précautionneuse dans leur évaluation ».

Lean Andrew, président du comité, explique notamment que « nous ne savons pas exactement ce qui va se passer, ni comment cela va impacter les populations de caribous. Les habitants sont déjà très inquiets de ce que le futur réserve aux êtres vivants dans notre région. Les cycles naturels sont en train de changer ».

Les populations de caribous de Peary ont dramatiquement chuté entre les années 1960 et 1990, passant d’environ 36 000 à 7 800. Les populations de caribou boréal, elles, sont plus stables, même si leurs déclins à certains endroits inquiètent. Les deux espèces ont de nouveau été classifiées comme « en danger » par le comité, comme elles l’avaient été en 2012.

 

Situation stable pour le faucon pèlerin

Du côté du faucon pèlerin, qui fait son entrée dans le registre des espèces évaluées par le comité, le constat est moins négatif et l’espèce est considérée comme « Non à risque ».

La population de faucon pèlerin aux Territoires du Nord-Ouest semble stable et les menaces qui pèsent sur sa stabilité, comme la présence de pesticides ou la diminution des populations de ses proies, ne semblent pas impacter durement sa population globale.

Le comité recommande néanmoins de maintenir un suivi continu de l’espèce, notamment en « priorisant les connaissances autochtones et communautaires sur leurs relations à leurs proies, leur habitat et leur écosystème » pour pérenniser la stabilité de l’espèce.


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