Les 40 ans de la FFT : Des acquis, mais aussi des combats à recommencer

06 décembre 2018
Richard Létourneau (Archives L’Aquilon)

Richard Létourneau (Archives L’Aquilon)

La prochaine génération de leadeurs franco-ténois sera née aux Territoires du Nord-Ouest. C’est ce que croit Richard Létourneau, qui a présidé durant environ sept ans les destinées de la Fédération franco-ténoise (FFT).

 

À l'époque des négociations avec le GTNO, Richard Létourneau, actuellement directeur de l’école francophone Boréale à Hay River, a vécu de l’intérieur un moment clé des luttes francophones aux TNO puisqu’il a été président de la Fédération franco-ténoise (FFT) entre 2009 et 2016au moment de négociations structurantes. 

Les combats, il faut (parfois) les recommencer, constate Richard Létourneau, faisant référence à la diminution des services aux francophones en Ontario, qu’il situe dans un contexte de populisme.


« C’est une méchante claque, dénonce-t-il, un geste politique assez mesquin. Ils auraient pu couper des postes, y compris dans le commissariat, mais fermer cette institution, c’est une attaque à la démocratie. »


Il se déclare cependant optimiste. Malgré les éternels mouvements de balancier dans l’histoire, M. Létourneau considère qu’il y a eu des progrès depuis 1982 avec la Charte des droits et libertés. « Il y a des droits et une protection garantie pour les francophones, ce serait une grande erreur de ne pas le reconnaitre », dit-il.

Acquis
D’autres facteurs renforcent l’optimisme de M. Létourneau, comme la création du Secrétariat aux affaires francophones, qui comprend une quinzaine d’employés. « Ce n’est pas parfait, mais c’est une amélioration structurale importante », note-t-il.


L’un dans l’autre, avec l’ajout de nouveaux espaces à l’école francophone Allain St-Cyr, ce sont des éléments susceptibles de contribuer à la rétention des francophones, qui, selon l’analyse que fait M. Létourneau des recensements, sont aujourd’hui plus nombreux dans des endroits où ils ne possédaient pas de communauté historique, comme la Colombie-Britannique, le Yukon et les TNO.


« Les futurs leadeurs seront nés ici », affirme Richard Létourneau, qui croit que cet enracinement apportera davantage de crédibilité à la cause francophone. Certains d’entre eux pourraient avoir fait leurs études à Boréale, avance M. Létourneau, qui considère que certains de ses élèves sont fort brillants.


Point saillant
M. Létourneau considère que le point saillant de sa présidence a été les négociations avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) et les ententes qui ont suivi.


« Il y avait eu une décision exécutoire en 18 points, rappelle-t-il, mais le GTNO n’agissait pas. Nous sommes retournés en cour et la juge [Moreau] nous a donné trois semaines pour négocier. »


En 2010, un comité de coopération est formé comprenant des membres du GTNO et de la FFT, dont l’ancien juge de la Cour Suprême du Canada, Michel Bastarache et l’ancienne commissaire aux langues officielles du Canada, Dyane Adam. « Des gens compétents, humbles et gentils, se rappelle l’ex-président. Les rencontres étaient très tendues avec les sous-ministres, c’était glacial. Mais Dyane avait réchauffé l’atmosphère, elle avait le tour. »


De ce comité émanent le plan de mise en œuvre des langues officielles, le premier Plan stratégique en 2012 et les Normes du GTNO sur les services et communications en français.


« Tout ça, c’est après presque 10 ans de cour, dit M. Létourneau, où la communauté a été divisée. [...] Il y a des décisions qui ne sont jamais faciles. »


Mais ce fut un moment exaltant pour Richard Létourneau et, selon lui, une époque charnière pour les Franco-Ténois.


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