Réchauffement climatique : Déménager pour fuir l’érosion

Une des maisons de Tuktoyaktuk qui sera déménagée en avril à l’abri de l’érosion.

Une des maisons de Tuktoyaktuk qui sera déménagée en avril à l’abri de l’érosion.

Contrairement à ses trois voisins de la pointe de Tuktoyaktuk – dont sa propre mère –, menacés par la montée des eaux, il semble que c’est à ses propres frais que Noella Cockney devra déménager sa maison.
L’érosion menace les habitations sises à la pointe nord du hameau de Tuktoyaktuk qui doivent être transportées par une route de glace la première semaine d’avril jusqu’à leur nouvel emplacement.
Pour ce faire, le hameau de Tuktoyaktuk et le ministère des Affaires municipales et communautaires des Territoires du Nord-Ouest (MAMC) ont reçu une subvention de 870 000 $ du ministère des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada.
Cependant, affirme la gestionnaire de projet du MAMC, Lorie Fyfe, en vertu de la loi fédérale, il y a eu une évaluation structurelle des maisons et celle de Noella Cockney ne supporterait pas très bien le déménagement.
« Avec le financement fédéral que nous avons, explique-t-elle, nous sommes incapables de déménager sa maison. Je sais qu’elle est en contact avec différents entrepreneurs pour voir s’ils pourraient l’aider à l’extérieur du projet. »

Une analyse mal faite ?
Selon Noella Cockney pourtant, son père, qui a construit cette maison avec des rondins entrelacés, savait qu’elle devrait éventuellement être transportée ailleurs.
« C’est la plus facile des quatre [maisons] à déménager », clame Mme Cockney, une agente retraitée de la GRC. « Mais l’ingénieur vient du Sud et j’étais à l’extérieur de Tuk lorsqu’il a fait son inspection. Il a dit que ma maison était construite en quatre sections, mais elle n’en a qu’une. Il n’a même pas demandé à aller à l’intérieur pour vérifier. Alors, il a juste fait des suppositions, et dit que ma maison ne peut pas être déménagée. »
Mme Fyfe affirme que l’ingénieur, engagé par le hameau, a examiné les fondations des maisons pour prendre sa décision.
Le dossier n’est pas sans confusion. Mme Cockney a eu des affirmations contradictoires quant à la prise en charge du cout du déménagement de sa maison et l’administration de Tuktoyaktuk ignore encore si trois ou quatre maisons seront transportées.

Dédommagement limité
La subvention fédérale couvre l’évaluation structurelle, l’installation d’une couche de gravier sur les nouveaux sites et le déplacement des maisons, sur environ cinq kilomètres. Les personnes devront se trouver un logement à leurs propres frais durant le transport et la mise en place de leur maison.
Deux d’entre elles seront transportées jusqu’à la pointe Reindeer, et l’autre dans le village, par la firme E. Gruben’s Transport qui a remporté l’appel d’offres.
« Nous avons identifié les terrains qui étaient disponibles et ils [les propriétaires de maison] ont choisi ceux qu’ils voulaient », explique Lorie Fyfe.
Les terrains ont été acquis à travers le ministère de l’Administration des terres puis transférés au hameau de Tuktoyaktuk. Les personnes déménagées en deviendront ensuite propriétaires pour la somme d’un dollar.

Le Nord se transforme
Noella Cockney estime que l’océan a avancé de 8 à 10 mètres depuis 2011. « Maintenant, c’est à 1 mètre de nos portes. […] Je pensais que ma maison allait tomber dans l’océan l’été dernier. […] La pointe, on va la perdre très vite, dans les cinq prochaines années ou quelque chose comme ça. »


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