COVID-19 : Déconfinement : Pas avant au moins un mois

La cour de l’école Kalemi Dene à Ndilo , prise elle aussi aux restrictions d’éloignement social. (Crédit photo : Maxence Jaillet)

La cour de l’école Kalemi Dene à Ndilo , prise elle aussi aux restrictions d’éloignement social. (Crédit photo : Maxence Jaillet)

Le relâchement des mesures d’urgence mises en place pour freiner la progression de la COVID-19 aux TNO n’aura pas lieu demain. En fait, l’administratrice en chef de la santé publique n’envisage pas qu’on relâche quelque règle que ce soit avant un mois, voire davantage. C’est ce qu’a laissé entendre la Dre Kami Kandola lors d’une présentation devant un comité de l’Assemblée législative, le 22 avril.
En réponse aux questions des députés réguliers, celle à qui l’on a accordé des pouvoirs spéciaux pour la durée de l’état d’urgence sanitaire a indiqué que le territoire n’était toujours pas en position de lever les lois spéciales qui interdisent notamment de recevoir des visiteurs dans les résidences privées. Aucun relâchement ne sera envisagé tant que le contrôle aux frontières territoriales n’aura pas été renforcé et que la capacité de dépistage de la maladie n’aura pas été augmentée. Un document détaillant de possibles scénarios de déconfinement graduel sera publié prochainement.
Selon elle, le fait que tous les cas connus de COVID-19 soient guéris ne suffit pas pour lever certains interdits. « Certaines personnes se disent : “il n’y a plus de cas, relâchons toutes les mesures.” Mais il est important de comprendre que la COVID-19 est un virus sournois. […] Une personne peut transmettre le virus 48 heures avant de présenter des symptômes et on nous indique qu’un porteur sur quatre est asymptomatique. »

Renforcer le contrôle aux frontières
L’administratrice en chef de la santé publique estime qu’un meilleur contrôle des frontières est une condition sine qua non à un éventuel relâchement des mesures.
En ce moment, on permet à certains travailleurs essentiels de traverser les frontières territoriales, les camionneurs par exemple. Il n’est pas question de revenir sur ses exemptions, mais on compte modifier la loi spéciale (dite « arrêté ») pour y inclure des règles plus strictes visant ces travailleurs venus des provinces du Sud. Ces travailleurs se verront forcés de s’auto-isoler, de s’enregistrer auprès du gouvernement des TNO et de porter des équipements de protection comme des masques et des gants lorsqu’ils sont au territoire.

Dépistage
Deuxième condition à un éventuel déconfinement graduel : l’augmentation de la capacité de dépistage.
En ce moment les tests de dépistage des TNO sont analysés en Alberta et il faut environ quatre jours pour connaitre les résultats. Pour pouvoir augmenter notre capacité de dépistage, on voudrait réaliser les tests sur place. Pour y parvenir, on compte sur différentes technologies de dépistage accéléré qui pourraient être disponibles bientôt.
La directrice des services médicaux des TNO, la Dre Sandra Cook, a indiqué qu’un appareil pour le dépistage a été commandé à l’hôpital territorial Stanton. « Il faudra environ deux à trois semaines pour qu’on l’ait », signale-t-elle en ajoutant qu’il faudra ensuite former le personnel pour l’opérer.

Pas de retour à la normale
Lorsque ces conditions seront réunies, on pourra alors « commencer à penser envisager un relâchement graduel de certaines règles », indique la Dre Kami Kandola. Mais pas toutes.
« Il y a des mesures qu’on pourrait lever, mais il y en a qui devront attendre », a-t-elle mis en garde en indiquant qu’un éventuel déconfinement graduel ne sera pas un retour à la normale.
« Les rassemblements de masse en particulier [demeureront interdits], poursuit-elle. Si vous étiez une COVID-19, vous sauteriez de joie à voir des grands rassemblements où les gens ne pratiquent pas l’éloignement social et où vous pourriez contaminer une vingtaine de personnes. […] Il a suffi d’une seule cérémonie funéraire à Terre-Neuve pour créer une éclosion. Quand le génie est sorti de la lampe, c’est beaucoup plus difficile de l’y faire rentrer. »
Les premières contraintes qu’on pourrait lever seraient la fermeture obligatoire de certains commerces. Les coiffeurs et autres salons d’esthétique, par exemple, pourraient être à nouveau autorisés à opérer, mais en respectant de stricts protocoles.
« Nous avons été parmi les premiers au pays à mettre en place des mesures musclées, mais nous pourrions aussi être les premiers à relâcher certaines de ces mesures », affirme Dre Kandola.
Quant à une levée complète des restrictions, ça ne se produira pas avant l’élaboration d’un remède fiable contre la maladie ou le développement d’un vaccin. Cela pourrait prendre plus d’un an.


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Écrit par Anonyme, 24 avril 2020, 15 h 04
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