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D’Iqaluit à Montréal, l’histoire du JU-DOdge Ball

24 février 2022
Mario Desforges (en second), aux côtés d’Éric De Rome, de Chloé Malin et Daniel De Angelis. (Crédit photo : Association de judo des TNO)

Mario Desforges (en second), aux côtés d’Éric De Rome, de Chloé Malin et Daniel De Angelis. (Crédit photo : Association de judo des TNO)

Vous avez probablement déjà entendu parler du JU-DOdge Ball, aussi connu sous le nom de « ballon chinois ».
Pour les plus jeunes d’entre vous, il se peut même que vous ayez pratiqué ce jeu dans le cadre d’un cours d’éducation physique, mais saviez-vous que l’histoire du JU-DOdge Ball est profondément ancrée dans le Nord ?

Si ce jeu a été adopté dans plusieurs écoles québécoises, c’est à 2000 km de Montréal qu’est né le JU-DOdge Ball. Créé par Mario Desforges et l’équipe de Judo Nunavut à Iqaluit en 2001, le JU-DOdge Ball n’est pas qu’un moyen d’amuser et de divertir les joueurs.

« Je voulais créer l’attitude du guerrier, l’attitude du gagnant, mais aussi développer l’observation 360 (degrés), de ne pas seulement focaliser sur le ballon, puisqu’on jouait avec plus qu’un ballon », explique M. Desforges.

L’objectif était d’acquérir plusieurs compétences nécessaires au développement d’un judoka complet. Pour Mario Desforges, le JU-DOdge Ball vient travailler « la vitesse, l’esprit compétitif, le désir de gagner, l’impact du ballon, et aussi l’intensité » chez les joueurs.

Un ballon de JU-DOdge Ball de l’Association de judo des TNO.
(Courtoisie MD)

Ces deux derniers critères sont particulièrement importants aux yeux de M. Desforges, qui souhaitait trouver une manière d’apprendre aux jeunes le contact. « Quand tu fais du judo, tu te fais projeter beaucoup », ajoute-t-il. Cet entrainement permet d’habituer les judokas à la chute et aux contacts, diminuant du même coup le risque de blessures. « Quand vous êtes une trentaine à quatre ballons, ça rentre », ajoute l’entraineur.

Le fondateur de Judo Nunavut explique que ce jeu a permis à son équipe d’intégrer l’entièreté des judokas à l’intérieur d’un même entrainement, un joueur éliminé demeurant quand même actif tout au long de la partie.

 

Les règlements du JU-DOdge Ball

C’est dans les règlements que se cache la clé du succès du JU-DOdge Ball. L’encadrement strict entourant les conditions d’élimination et la vitesse du jeu permet aux joueurs de rester constamment engagés dans la partie.

L’intégration du ballon suisse (ballon de Klein) dans le JU-DOdge Ball est arrivée naturellement. « Vu que je faisais pratiquer des tous petits, je prenais le ballon suisse pour faire pratiquer les roulades et c’est comme ça que j’ai commencé à intégrer ce ballon dans la partie, parce qu’il a plus de rebonds et qu’il est plus gros », explique M. Desforges.

Mario Desforges avec deux de ses élèves et un ballon suisse. (Courtoisie MD)

 

Les règlements

  • Aucune limite d’âge et aucune limite du nombre de joueurs.

  • Possibilité de faire des parties mixtes.

  • Le jeu ne se termine que lorsqu’il ne reste qu’un joueur avec un ballon, deux joueurs avec deux ballons, etc.

  • Un joueur est éliminé s’il est touché par un ballon sans l’attraper ou lorsqu’il est touché par le ballon d’une équipe adverse.

  • Les joueurs éliminés doivent demeurer sur place et doivent se mettre à genoux, cette position est importante afin de prévenir des blessures.

  • Si une balle rebondit et touche un joueur, ce joueur est éliminé s’il ne l’attrape pas.

  • Si une balle touche plusieurs joueurs avant d’atterrir et que le dernier joueur ne l’attrape pas, tous ceux touchés sont éliminés.

  • Si un ballon rebondit sur un joueur et en touche un deuxième, ce dernier doit l’attraper pour sauver les deux joueurs.

  • Un joueur ne dispose que de trois secondes pour lancer le ballon, s’il dépasse ce temps il est éliminé.

  • Un joueur ne peut sortir des tatamis que pour aller chercher un ballon, s’il sort pour une autre raison il est automatiquement éliminé.

  • Un joueur en possession d’un ballon doit rester sur place. Il est interdit de dribler, de marcher ou de courir avec le ballon.

Et n’essayez pas de vous en sortir en disant n’avoir été qu’effleuré. « Pour tout ce qui est cheveux, ceinture, si le ballon te touche et que tu ne l’as pas attrapé, tu es éliminé », précise Mario Desforges.

Un groupe de jeunes judokas jouant au JU-DOdge Ball. (Courtoisie MD)

 

La popularisation du JU-DOdge Ball

Si l’intérêt envers ce jeu est facilement compréhensible, comment s’est-il implanté si solidement au Québec ? « Quand j’étais au Nunavut, vu que je n’avais pas d’infrastructure – je n’avais rien là-bas – je me suis arrangé avec Judo Canada pour que le Québec devienne mon parrain », explique l’inventeur du JU-DOdge Ball.

Grâce à ce parrainage, Mario Desforges et les judokas sous sa supervision ont pu participer à de nombreux tournois et compétitions en territoire québécois. « J’avais droit au championnat provincial au Québec, tous les tournois interzones au Québec et les camps d’entrainement », développe-t-il.

Mais dans les bagages de M. Desforges ne se trouvaient pas seulement des kimonos, des ceintures et du matériel de judo ; il s’y trouvait également un ballon de JU-DOdge Ball. « C’était le jeu que j’apportais » se rappelle celui qui a grandement aidé à implanter le judo dans le Nord canadien.

C’est à partir de ces compétitions et de ces rencontres interterritoriales que le JU-DOdge Ball s’est répandu. Plus de deux décennies après sa création à Iqaluit, la présence du ballon chinois au sein des écoles québécoises est indéniable, comme en témoigne la multitude de guides d’activités scolaires incluant ce jeu.

Si le JU-DOdge Ball n’est qu’un jeu, son intégration au sein des pratiques de judo n’a pas causé de ruptures avec l’enseignement plus traditionnel de la discipline. « Le judo, c’est un jeu aussi, il faut que ce soit agréable et à un moment donné, quand tu es au niveau compétitif, tu perds un peu cette notion-là. Ça reste un jeu et je disais aux jeunes qu’ils pouvaient être n’importe où aujourd’hui, mais qu’eux sont ici à faire du judo, alors, si tu fais ce choix-là, arrange-toi pour avoir du fun en même temps », conclut Mario Desforges.


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