Portrait : Courtney Howard, la santé verte

Courtney Howard, médecin à Yellowknife, se présente à la chefferie du Parti vert du Canada. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Courtney Howard, médecin à Yellowknife, se présente à la chefferie du Parti vert du Canada. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Chez elle, l’écologie n’est pas innée. Le déclic s’est fait il y a 10 ans, alors que la jeune médecin cherchait un livre avant de sauter dans un avion en partance d’Edmonton pour aller travailler à Inuvik.
Attrapé au vol, le livre traitait des changements climatiques. « J’avais un peu entendu parler de ça, mais, quand on fait ses études de médecine, on est très focus […] La profondeur du problème était surprenante pour moi », raconte-t-elle comme si c’était hier.
S’ensuit une recherche acharnée pour en savoir plus. « Je parlais partout à tout le monde du changement climatique ! », se rappelle-t-elle en riant.
Elle rencontre notamment l’un des fondateurs de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), dont Courtney Howard deviendra plus tard la première femme présidente du Conseil d’administration.
« Il m’a dit que je pouvais m’inscrire, mais je voulais faire plus que ça. Je suis allée au CA, j’étais la seule nouvelle, quelqu’un trouvait qu’il en avait fait assez, je suis entrée au conseil, alors même que je ne savais rien », explique l’urgentologue.

Santé durable
En dix années, le curriculum vitae de Courtney Howard se remplit avec un seul leimotiv, aller au bout de son obsession qui ne semble plus la quitter : la santé durable.
Traiter l’écoanxiété, mieux se nourrir, aller au vélo au travail… « Quand on a commencé, on en parlait vraiment pas dans la communauté médicale au Canada […] J’étais nouvelle et je pensais qu’en allant au Conseil des médecins canadiens les avertir du problème, ils feraient quelque chose. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé, et, après, j’ai dû apprendre à convaincre les gens du problème. »
« Je travaille beaucoup avec les étudiants en médecine pour convaincre les universités d’en parler en cours. […] Les choses ont la réputation de changer très lentement, les étudiants sont impatients, fâchés et c’est leur futur. »
Vraie pile électrique, elle compte de nombreuses études à son actif, couvrant le vaste domaine de la santé : de la comparaison entre l’utilisation des tampons et des coupes menstruelles aux impacts des feux de forêt à Yellowknife sur la santé respiratoire et sur le bienêtre

Parti vert
Quand on écoute Courtney Howard, faire évoluer les mentalités est son cheval de bataille. Tous les moyens sont bons, quitte à essayer bon nombre de partis politiques, libéraux ou conservateurs. « Honnêtement, j’ai un peu milité partout, mais c’était vraiment pour avoir le meilleur impact là où je suis », assume-t-elle. Avoir une action sur la santé, coute que coute.
Ce n’est qu’il y a quelques mois que la docteure s’inscrit au Parti vert du Canada (PVC), et comme à son habitude, Courtney Howard ne fait pas les choses à moitié. Elle annonce sa candidature à la chefferie, le 11 juin, en pleine pandémie de COVID-19.
Cette crise sanitaire est selon elle « la meilleure raison » pour « agir sur l’environnement, la santé et l’économie ». « Je me suis dit qu’aller en politique maintenant peut avoir un impact nécessaire, insiste-t-elle. Je ne pense pas qu’on aura à nouveau une fenêtre d’occasion pour changer comme celle-ci. »
Après des louvoiements entre les différentes formations politiques, l’urgentologue est sure de son choix : « Le Parti vert a toujours été le plus clair, le plus consistant à opérer sur des preuves [scientifiques]. »

Nord
Si elle devenait cheffe du PVC, un déménagement des TNO serait peut-être à prévoir. Bien qu’elle soit « très heureuse ici », se déraciner, Courtney Howard l’a déjà vécue, que ce soit aux quatre coins du Canada ou jusqu’à Djibouti, en Afrique. Pour elle, vivre dans le Nord est à la frontière entre atout et désavantages, sans toutefois nommer ses derniers.
« Les changements [climatiques] sont plus visibles ici, et à cause de ça, j’ai l’impression que les gens m’écoutent plus », confie-t-elle.
Relier les problèmes à des faits concrets est la clé d’après Courtney Howard. Elle raconte très souvent l’histoire de sa maison installée sur le pergélisol ou des discussions « techniques » entre les personnes autochtones et non autochtones. « Ce n’est pas parfait, mais on apprend les uns des autres. […] La relation avec les animaux, le territoire… C’est très en lien avec la santé planétaire. »

Francophonie
Chaque instant de son parcours, Courtney Howard semble les revivre, les mots s’enchainent, les souvenirs sont intacts.
« C’est drôle quand on se retourne sur les décisions de notre vie, et pourquoi on les a prises », sourit-elle en se replongeant dans ces dernières années. Elle se souvient notamment d’avoir appris le français grâce à sa cousine, son « idole ».
« C’est super important de parler les deux langues pour moi, assure-t-elle. Beaucoup de candidats sont aussi bilingues. Pour pouvoir s’adresser à tout le monde. »
Pour Paul Falvo, candidat du Parti vert dans la circoncription des TNO aux élections de 2019, Courtney Howard « serait une excellente candidate » : « Très informée, brillante, reconnue internationalement pour son travail sur la crise du climat », ennumère l’avocat.
Concernant le reste de la campagne, il ajoute ne pas avoir suivi la course. « Je me suis éloigné de la politique du Parti depuis les élections, je ne peux donc pas vraiment comparer ou commenter la course à la chefferie. »
Depuis maintenant trois semaines, Courtney Howard consacre tout son temps à la campagne.
À l’image de ses précédentes activités, Courtney Howard semble carburer aux énergies renouvelables. La campagne électorale se vit entièrement : « Je ne reprendrai le travail que lorsque l’élection sera passée. » La course verte contre la montre est enclenchée.


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