Les intervenants ténois veulent voir des résultats : Conférence des premiers ministres sur la santé

17 septembre 2004
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Alors que les premiers ministres des dix provinces, des trois territoires et du gouvernement fédéral discutaient de l'avenir du système de santé public canadien en direct à la télévision, la coalition de justice sociale Alternative North suivait le débat d'un œil attentif.

Au moment d'écrire ces lignes, aucune entente n'était encore survenue entre les provinces et les territoires et le gouvernement fédéral. En fait, au mercredi matin, dernier jour de conférence, l'écart entre l'offre fédérale et la demande provinciale était encore de 11,5 milliards de dollars. Ottawa offrant 24,9 milliards de dollars sur dix ans, les provinces et territoires en demandant 36,4 milliards.

« Je suis pas mal certain qu'il y aura un accord, mais je suis aussi presque certain qu'une partie de cet accord sera de continuer de se rencontrer », a analysé le co-président d'Alternative North, Ben MacDonald.

Ayant attentivement suivi les débats tout au long de la conférence, M. MacDonald aurait espéré voir plus de négociations se dérouler devant les caméras. « Évidemment, les politiciens ne veulent pas parler d'argent devant les caméras pour ne pas se commettre. Nous sommes déçus par la manière avec laquelle ça fonctionne, mais en même temps, si c'est ce que ça prend pour avoir un accord, alors nous ne nous en plaindrons pas », dit-il.

M. MacDonald voit tout de même un bon côté au fait que la conférence se déroulait en direct à la télévision, ne serait-ce que pour voir les premiers ministres du Nord profiter d'une audience nationale. « Ils peuvent dire à la vaste majorité des Canadiens ce que c'est que de vivre dans le Nord et de livrer les services de santé. C'est très important ».

Selon lui, le premier ministre ténois, Joe Handley, a soulevé plusieurs bons points devant ses collègues premiers ministres. « Il pense que les gouvernements autochtones semblent avoir un plus grand rôle en santé et qu'il s'agit d'un développement positif et je suis d'accord avec lui. Tout le monde doit être responsable et imputable, quel que soit le degré de gouvernement. Il a parlé aussi de la difficulté, pour le GTNO, de traiter avec trois ministères fédéraux différents, soit le Ministère des Affaires indiennes et du Nord, Santé Canada et le Ministère des Finances. Ça fait beaucoup de bureaucratie et M. Handley s'en est plaint ». Joe Handley a aussi parlé de la difficulté de faire de la prévention visant à réduire des coûts à long terme, alors que l'argent doit présentement être dirigé vers les situations critiques quotidiennes.

M. MacDonald et sa co-présidente, Suzette Montreuil, se disent d'accord avec les priorités fixées par M. Handley, en termes de ressources humaines, d'infrastructures et d'accès aux services et aux soins. « Là où nous avons peut-être une différence, c'est comment y arriver. On serait, je crois, plus agressifs pour que le GTNO tente d'acquérir ses propres fonds par des moyens de taxation », explique Mme Montreuil.

Les deux représentants d'Alternative North ont aussi semblé être titillés par les questionnements constitutionnels ayant été soulevés lors de la conférence. « De la perspective fédérale, M. Martin dit qu'il est imputable à la population du pays. Je pense que c'est essentiellement le cas, mais il y a un problème constitutionnel, puisque de la perspective provinciale et territoriale, les premiers ministres croient qu'ils ont une obligation de déterminer la nature du système de santé. Mais dans le passé, on a vu le fédéral donner de l'argent en péréquation ou en programmes spéciaux et certaines provinces ont choisi de baisser leurs taxes. Alors pourquoi le gouvernement fédéral donnerait de l'argent aux provinces et territoires pour leur laisser prendre le crédit de baisser les taxes. Nous croyons que le fédéral a la responsabilité et la légitimité de dire que s'il investit de l'argent, il veut savoir que ce sera dépensé en santé, pas ailleurs », de laisser entendre M. MacDonald.

De son côté, Suzette Montreuil craint une montée de la privatisation dans le système de santé. « Toute privatisation de services de santé, n'importe où au Canada, fera du mal et les régions rurales en souffriront parce que les entreprises privées ne verront pas le profit à faire dans ces secteurs. Ce n'est pas au gouvernement fédéral de décider de ce que sont les besoins urgents dans un système spécifique qu'une province ou un territoire va développer, mais je pense qu'il a le droit de savoir si, premièrement, l'argent sera dépensé en santé, et deuxièmement, qu'il sera dépensé dans un système public », dit-elle.



De l’argent

Au cours de la conférence, les premiers ministres du Nord ont souligné l'importance d'avoir un fonds pour la santé dans le Nord. Toutes les propositions formulées par les premiers ministres provinciaux contenaient d'ailleurs des dispositions pour les frais de déplacement à des fins médicales dans les territoires et pour le Labrador. La demande des provinces, datant de la rencontre de Niagara-on-the-Lake, au début du mois, mentionnait 75 millions de dollars par année, tout comme celle du 14 septembre. Quant à l'offre du 13 septembre, elle renfermait un Fonds d'accessibilité de la santé des territoires se chiffrant à 30 millions de dollars par année pendant cinq ans.

Lors de la première journée de conférence, le 13 septembre, les premiers ministres ont eu l'occasion d'entendre les représentants autochtones qualifier de « honteuses », les conditions auxquelles ils ont droit.

Les intervenants ont donc conclu un accord de collaboration en vue d'élaborer un plan d'action pour améliorer l'état de santé des peuples autochtones et leurs services de santé au Canada. Le gouvernement fédéral a donc annoncé qu'il établirait un fonds pour l'adaptation des services de santé à l'intention des Autochtones, une initiative visant à augmenter le nombre d'Autochtones qui choisiront de faire carrière comme professionnels de la santé et des programmes de promotion axés sur la prévention du suicide et du diabète, la santé des mères et des enfants et le développement de la petite enfance. Le communiqué officiel de la Conférence ne mentionne aucun montant d'argent qui serait dédié à rencontrer ces objectifs.










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