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Les francophones dénoncent le manque de volonté politique : Comité spécial sur la révision de la Loi sur les langues officielles

26 octobre 2001
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C'est devant les représentants de toutes les communautés linguistiques des Territoires du Nord-Ouest que le président de la Fédération Franco-TéNOise, M. Fernand Denault, a souligné « le manque de volonté des élus » dans le dossier des langues officielles. Celui-ci a d'ailleurs invité les représentants autochtones à mettre davantage de pressions sur les instances politiques. « Au cours des dernières années, on a appris qu'on pouvait mourir de politesse et de patience. Jusqu'à maintenant, nos gouvernements refusent de se responsabiliser », de déclarer M. Denault.

Les représentants des diverses communautés linguistiques des T.N-O étaient réunis pour la première réunion du Comité spécial sur la révision de la Loi sur les langues officielles. À la suite de cette réunion, des visites dans les diverses communautés seront effectuées par le Comité spécial. La communauté francophone de Yellowknife devrait être visitée le 20 novembre. Ces visites seront suivies de sessions d'études, d'audiences publiques et du dépôt du rapport intérimaire avant la seconde réunion prévue pour septembre 2002. Quant au rapport définitif, il devrait être rendu public au printemps 2003.

Bien qu'il soit possible de constater un début de revitalisation des langues autochtones, la présentation des données statistiques sur la situation des langues officielles avait de quoi inquiéter les communautés autochtones. « Les statistiques indiquent ce que les gens redoutaient depuis plusieurs années, soit que les langues autochtones sont en déclin », a constaté le président du comité spécial, le député Steven Nitah. En effet, en 1984, soixante pour cent des autochtones étaient en mesure de parler la langue de leur nation. En 1999, la proportion était descendue à 35 pour cent.

Dans son allocution, le président de la Fédération Franco-TéNOise a admis que la langue française avait une longueur d'avance comparativement aux langues autochtones. « La langue maternelle doit être la langue première et non la langue seconde. Nous sommes tous des victimes du processus d'assimilation, ce qui n'est pas accidentel. Il s'agit d'un exercice de pouvoir qui a pour but ultime d'éliminer la diversité et l'opposition politique », de souligner M. Denault. Pour régler certains problèmes, ce dernier a d'ailleurs invité les différents intervenants à regarder ce qui se fait dans les autres juridictions canadiennes, notamment au Nouveau-Brunswick et au Québec.

Interrogé sur les préoccupations des communautés face au manque de services dans les différentes langues officielles, notamment de la part des francophones, M. Steven Nitah a fait savoir que «le gouvernement est concerné par la survie et le développement des langues et des cultures, mais qu'un budget devait être respecté. Avec ces consultations, nous voulons comprendre où les populations veulent aller et le traduire en loi», a-t-il conclu.