Hommage : Cinquante-huit ans de ministère aux TNO

Le prêtre Félix Labat (Courtoisie MS)

Le prêtre Félix Labat (Courtoisie MS)

Le prêtre Félix Labat, décédé le 12 avril, était aimé de la population.

 

« Il était plus qu’un ami, il était mon Ainé, possiblement le plus grand honneur que je puisse lui rendre. » C’est ce qu’a écrit en guise d’oraison funèbre Paul Andrew à propos de Félix Labat, mort de vieillesse le 12 avril dernier à l’âge de 89 ans.


Né (sous le nom de Félicien) dans le Finistère, en France, Félix Labat arrive aux TNO dès son ordination en 1953. Après Fort Resolution, il exerce son ministère dans différentes collectivités du Sahtu pendant 23 ans, y apprend le north slavey. Il y reviendra dans les années 1980 après avoir été curé de la paroisse Saint-Patrick à Yellowknife. Il a aussi exercé à Hay River et Fort Smith.


Un homme aimé

L’évêque du diocèse catholique de Mackenzie-Fort Smith, Denis Croteau, dit avoir bien connu Félix Labat. « Il était remarqué pour son amour du langage et de la spiritualité des gens du pays, dit-il. Il était très affable, il s’est appliqué à les aider. Il était un des leurs. »


Le Fonds Félix Labat, déposé aux archives des Territoires du Nord-Ouest, contient 770 diapositives couleur d’activités traditionnelles et de plein air prises entre 1954 et 1966, témoigne de cette relation.


À Fort Good Hope rappelle l’évêque Croteau, Félix Labat menait une vie très simple et vivait dans une cabane, ayant prêté sa maison à des religieuses.


Plus tard à Yellowknife, alors qu’il est chapelain pour la prison et l’hôpital, « sa belle personnalité » reste intacte. « Sa porte était toujours ouverte, relate Denis Croteau. Les gens des communautés qui venaient à Yellowknife allaient le visiter. Lui, à l’hôpital, il visitait les chambres, il connaissait beaucoup les gens du pays, il leur apportait l’eucharistie, les derniers sacrements. À la prison, il disait la messe et recevait les prisonniers à la confesse. »


Se réveillant d’une opération au cœur au Mazankowski Alberta Heart Institute, Félix Labat trouvera à son chevet un gigantesque bouquet de fleurs accompagné de ces mots : « Les prisonniers de Yellowknife vous souhaitent bonne chance. » « Les détenus l’aimaient, témoigne le prêtre Jim Lynn, actuel chapelain de la prison. Il ne les jugeait pas. »

Le ski
Shuhtoatine de Tulita, l’ex-journaliste Paul Andrew est conseiller pour l’organisme Dene Nahjo et membre de l’Ordre des Territoires du Nord-Ouest. Il était une des personnes à contacter en cas du décès de Félix Labat, qu’il a connu alors qu’il était tout jeune.


Le Père Labat a appris à M. Andrew à jouer au soccer et à faire du ski de fond, une activité qui l’a amené à des compétitions à travers le Canada et les États-Unis.


« Il emmenait les jeunes faire du camping, se rappelle-t-il, pour s’assurer que nous n’oubliions jamais d’où nous venions. »


Paul Andrew cite Félix Labat et Jean-Marie Mouchet comme étant deux prêtres ayant activement encouragé les Dénés à retourner sur la terre. « Il vivait ce message, souligne Paul Andrew. Quand il avait des vacances, il allait dans le bois avec les gens. Il avait aussi appris la langue. J’avais l’habitude de parler avec lui en déné juste pour entendre son slavey avec l’accent français. »

Compostelle
Dans les années 2000, Paul Andrew devait faire avec Félix Labat la moitié du chemin de Compostelle. Il a marché seul sans jamais retrouver son ami, apprenant ultérieurement que celui-ci avait renoncé à sa marche à cause de problèmes cardiaques. Félix s’est repris plus tard, parcourant 800 kilomètres du célèbre pèlerinage chrétien en deux étés successifs, à plus de 75 ans, témoigne Denis Croteau.


Ultimement, ses problèmes de cœur le mènent à la retraite. « Il ne voulait pas arrêter, de dire l’évêque Denis Croteau, mais il avait perdu son permis de conduire à cause de ses problèmes de cœur. Son cœur pouvait atteindre 150 battements à la minute. Cela a fini par le convaincre de prendre sa retraite et d’aller au sud. » Ce sera d’abord au Foyer Lacombe de Saint-Albert (Alberta), puis au Foyer Youville, toujours à Saint-Albert, jusqu’à son décès.

Saint-Albert
Paul Andrew avait demandé des nouvelles de son ami à des membres de la Commission de vérité et de réconciliation qui allaient visiter sa maison de retraite. « Ils m’ont dit qu’il était un des seuls à reconnaitre ce qui était arrivé aux enfants dans ces écoles, relate Paul Andrew. Je ne suis pas surpris. Je n’ai pas besoin de me demander ce que mon ami aurait dit quand le Pape a refusé de s’excuser pour les pensionnats indiens. »
La messe des funérailles a été célébrée le 16 avril à la Paroisse catholique Saint-Albert. Félix Labat sera inhumé au cimetière catholique de la même ville, dans le lot des Oblats.

 

 


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