Stratégie manufacturière des Territoires du Nord-Ouest : Cibler, ordonner et croitre

Le Thebacha Launch Space a ouvert ses portes en février à Fort Smith. (Courtoisie ITI)

Le Thebacha Launch Space a ouvert ses portes en février à Fort Smith. (Courtoisie ITI)

Le GTNO favorise le développement d’ateliers collectifs dans sa stratégie manufacturière.

La mise en commun d’espaces munis d’outils et de technologies de pointe est un modèle privilégié à court terme par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) dans sa stratégie manufacturière, rendue publique le 3 juin.
Le ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement (ITI) favorise la création d’ateliers de fabrication collaboratifs (makerspace), « des espaces de travail opérés par la communauté et facilitant la collaboration et le partage de savoirs et de ressources ».


De tels espaces communs sont déjà en place à divers endroits aux Territoires du Nord-Ouest.
À Fort Smith, le Thebacha Launch Space, ouvert en février, tient davantage de l’incubateur que du makerspace, nuance la directrice générale du Service de développement des affaires de Thebacha, Linda Martin.
L’endroit comporte des ordinateurs équipés de différents logiciels. L’accès est gratuit, tout comme les cours comptabilité.


L’endroit fait partie du Réseau de développement des collectivités du Canada.
« Nous pourrions ajouter des imprimantes 3D », spécule Mme Martin, précisant que l’espace ne permet toutefois pas d’imprimer des choses prenant beaucoup de place.


Le document d’ITI montre comme un modèle de réussite le Lutselk’e Dene DreamMaker Innovation Centre, financé par la corporation Denesuline et richement pourvu en hautes technologies (drones, équipement de réalité virtuelle, imprimantes 3D, etc.)


À Inuvik, le Arts, Crafts and Technology Micro-Manufacturing Centre, associé au Collège Aurora, a ouvert ses portes en début d’année. Après avoir reçu un financement initial de 314 000 $, il cherche maintenant un appui quinquennal.
La stratégie manufacturière des TNO mentionne un projet pilote d’atelier à Hay River impliquant la Chambre de commerce locale.


Dans les faits, ITI a contacté la Chambre de commerce de Hay River pour mettre en place un grand espace de bureau. « Mais ITI n’avait du financement que pour quelques mois, précise le président de la Chambre, Joe Melanson, et nos membres n’avaient pas les moyens pour payer le local ensuite. L’idée était bonne, mais les moyens manquaient. »
À Yellowknife, un projet d’atelier collaboratif Makerspace YK est en développement, mais il s’agit d’un projet à but non lucratif.

Une bonne idée
Le directeur général du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest (CDÉTNO), François Afane, considère comme louable l’idée d’ateliers de fabrication collaboratifs et affirme qu’il en fera la promotion.
« C’est quelque chose de nécessaire », assure M. Afane, pour qui tout projet de développement à long terme, comme ici dans le secteur manufacturier, a besoin de la communauté pour bien s’implanter. « La communauté connait ses ressources et son potentiel, et ça permet d’aller chercher des investissements. L’approche par le bas, avec la population, est vraiment bonne. »


Le CDÉTNO n’est pas membre de l’Association manufacturière, mais quelques-uns des membres de celle-ci font partie du CDÉTNO.


Les diverses chambres de commerce des TNO sont censées être impliquées dans les makerspaces. « Le partenariat est nouveau et c’est encore en discussion », précise Renée Comeau, directrice générale de la Chambre de commerce des Territoires du Nord-Ouest.


Le concept, analyse-t-elle, favorise la croissance des microentreprises et des petites entreprises tout en mettant l’accent sur le caractère manufacturier à la grandeur des Territoires.


Mme Comeau souligne l’importance d’assister ces entreprises qui, à l’heure actuelle, ont tendance à prendre de l’expansion, à passer à une échelle supérieure.

La stratégie
Selon les chiffres d’ITI, le secteur manufacturier ténois ne représente actuellement que 0,5 % (25 M$) du produit intérieur brut des TNO, alors que la moyenne nationale serait de près de 11 %.


ITI anticipe augmenter le chiffre de ventes du secteur manufacturier de 25 % dans les trois prochaines années, de 50 % en cinq ans.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, 17 actions ont été identifiées à court, moyen et long terme, parmi lesquelles un guide des tous les financements disponibles pour les entreprises, sans oublier l’innovation, le soutien des partenariats dans les makerspaces, et l’appui à l’Association des manufacturiers des Territoires du Nord-Ouest.
Aucun financement supplémentaire n’est chiffré dans le document.


Le président de l’Association des manufacturiers des Territoires du Nord-Ouest, Jason Coakwell, s’est dit heureux que le GTNO aille de l’avant avec sa stratégie.


« Il y a une définition des produits manufacturiers, analyse M. Coakwell, du soutien pour l’Association. La stratégie montre les gestes à poser pour aller de l’avant. »

Barrières
Renée Comeau considère que la stratégie manufacturière ténoise cerne bien les obstacles à la création des microentreprises et des petites entreprises.


« Elle facilite aussi, de dire Mme Comeau, la croissance des entreprises à l’intérieur des TNO, mais aussi à l’extérieur, parce que nous avons de grandes entreprises qui ont beaucoup à offrir au un niveau national. »


Pour la directrice de la Chambre de commerce des TNO, la coexistence des petites entreprises, adaptées à la population locale, et des grosses sociétés, qui offrent davantage d’emplois, est importante.


Elle estime accessibles les objectifs de ventes fixés par le GTNO avec l’aide des chambres de commerce.
François Afane croit aussi que c’est possible. « Les ressources et la volonté sont là », dit-il, ajoutant que la stratégie sera réévaluée annuellement.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Suivez-nous
Changer de ville
Aucun éditorial pour cette semaine.
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages