Celle qui veille sur nous

Pour sa détermination, sa tête froide et sa présence, les Médias ténois ont choisi la Dre Kami Kandola comme personnalité médiatique ténoise de 2020. (Crédit photo : Batiste Foisy)

Pour sa détermination, sa tête froide et sa présence, les Médias ténois ont choisi la Dre Kami Kandola comme personnalité médiatique ténoise de 2020. (Crédit photo : Batiste Foisy)

Alors qu’on ne la connaissait à peu près pas il y a un an, en 2020, la Dre Kami Kandola s’est imposée comme une figure incontournable de l’actualité ténoise. Chaque semaine, l’administratrice en chef de la santé publique fait les nouvelles. Ses décisions, parfois controversées, ont eu des répercussions sur nos vies et, surtout, se sont avérées avisées. Près de 12 mois après le dépistage du premier cas de COVID-19 au Canada, les TNO font exception dans la fédération avec moins d’une trentaine de cas au total et aucune incidence de transmission communautaire du virus. Les Médias ténois l’ont désigné personnalité médiatique ténoise de l’année.

Si pour la plupart d’entre nous, le nouveau coronavirus n’est apparu comme une véritable menace que vers la mi-mars, l’administratrice en chef de la santé publique des TNO, elle, était sur le qui-vive dès les premiers jours de 2020.

« Mon année a véritablement commencé le 25 janvier, se souvient la Dre Kami Kandola. Mon souper de Burns a été interrompu parce que le premier cas de COVID-19 venait d’être dépisté au Canada. Il s’agissait d’une personne de Toronto qui revenait d’un séjour à Wuhan, en Chine. Et, à ce moment, il y avait beaucoup de touristes [chinois] aux TNO. »

Forte de son expérience de la pandémie de H1N1 de 2009 — pour la gestion de laquelle le gouvernement territorial avait été sévèrement critiqué par la vérificatrice générale — Dre Kandola, n’a pas attendu le décret de l’Organisation mondiale de la santé pour se préparer à la crise qui se profilait à l’horizon. « Nous agissions déjà comme s’il y avait une pandémie, dit-elle. Nous savions qu’il y avait un grand nombre de cas et présence de transmission communautaire dans plusieurs pays, alors, dans mon esprit, il était clair que nous avions atteint le seuil de la pandémie. Nous avons donc commencé à préparer le territoire à faire face à la pandémie avant que l’OMS ne fasse sa déclaration. »

Quand des pouvoirs spéciaux lui ont été accordés, le 18 mars, et qu’elle a eu les coudées franches pour répondre à la crise sans la supervision des élus, elle a rapidement pris la décision aussi cruciale que controversée de restreindre la liberté de mouvement en faisant fermer les frontières territoriales. « C’était au moment du congé scolaire de mars, se remémore-t-elle. Il y avait beaucoup de résidents qui s’apprêtaient à revenir au territoire. Avec l’arrêté en place, ces personnes ont toutes dû effectuer une période d’auto-isolement à leur retour et nous avons pu dépister quatre cas. Si je n’avais pas agi rapidement, nous ne serions pas dans la situation que nous avons présentement. » Ultimement, cette solution drastique aura permis d’éviter une propagation communautaire du virus.

Elle rejette aussi la perception qu’elle prenne ses décisions sans se soucier des libertés individuelles de ses concitoyens. Si son travail consiste d’abord à assurer la protection collective des résidents, elle assure toujours tâcher d’équilibrer cet objectif avec le devoir d’éviter autant que possible des contraintes à la liberté des individus. « Prenons l’exemple du masque, dit-elle. J’ai reçu beaucoup de pression pour rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics, or, je ne l’ai pas fait. Je dois toujours choisir la solution qui minimisera l’impact sur la liberté des individus. […] puisqu’il n’y a pas de transmission communautaire, ce serait très délicat pour moi de dire à un ainé de Colville Lake qu’elle doit porter un masque pour se rendre au magasin Northern. »

Surtout, Dre Kandola se dit privilégiée de travailler dans un territoire où les résidents sont bienveillants et lui font confiance. Alors qu’ailleurs au pays ses homologues ont parfois fait l’objet d’attaques vicieuses, voire ont reçu des menaces, aux TNO l’administratrice en chef de la santé publique demeure une figure appréciée du public. « Ici, aux TNO, je ne me suis jamais sentie menacée ou en danger, note-t-elle. C’est véritablement un cadeau que m’ont fait les Ténois parce que les mesures d’urgence ont été très dures pour de nombreuses personnes. […] Je reçois occasionnellement des courriels de personnes fâchées, mais personne ne m’a menacée, ni moi ni ma famille. Je remercie les résidents des TNO. »

Et qu’anticipe-t-elle pour 2021 ? « J’espère que ce sera une meilleure année que 2020. Cela dit, durant les quatre prochaines semaines je serai en état de haute vigilance parce qu’il va y avoir beaucoup de voyageurs. En ce moment, au Canada, il y a plus de 6000 nouveaux cas et des centaines de décès par jour. Quand je vois ces statistiques et que je pense à l’affluence de voyageurs, je me dis que tout pourrait basculer dans les prochaines semaines. »


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