Divertissements : Cabaret en ligne

Les régions de Hay River, Fort Simpson et Fort Liard peuvent s’attendre, comme pour les années précédentes, à des conditions de sècheresse propices aux incendies de forêt. (Crédit photo : Facebook)

Les régions de Hay River, Fort Simpson et Fort Liard peuvent s’attendre, comme pour les années précédentes, à des conditions de sècheresse propices aux incendies de forêt. (Crédit photo : Facebook)

Le vendredi 8 mai à 20 heures précises, les trois territoires s’unissent dans un cabaret virtuel. Le Cabin Fever Cabaret, avec en tête de revue, l’artiste de Yellowknife Ruby Slicker, enflamme le Net avec un spectacle créé sur mesure pour l’occasion. « La saison burlesque ne peut pas être arrêtée par un peu d’isolement ! », clame l’annonce de l’évènement sur la page officielle de la collecte de fonds.
Le burlesque sous toutes ses formes est mis à l’honneur, de l’effeuillage à l’humour, en passant par le cirque. Une dizaine de danseurs, humoristes ou encore musiciens, venue des trois territoires canadiens proposent chacun un numéro filmé depuis chez eux. Enregistrées à l’avance, les séquences sont mises bout à bout et donneront l’impression d’un réel spectacle en direct.
Seules préconisations des organisateurs : « Sortez vos plus beaux habits, rassemblez vos amis ou blottissez-vous dans votre pyjama avec vos animaux de compagnie ! »

Collecte de fonds
Outre le divertissement, cet évènement spécial permet de soutenir la scène artistique du Nord, lourdement touchée par l’annulation des rassemblements. La soirée a été imaginée en collaboration avec le Northern Arts and Cultural Center (NACC). Tout l’argent récolté sera reversé aux artistes nordiques et ajouté à un fonds de soutien mis en place en mars dernier.
La vente des billets fonctionne donc comme un don. Si le prix suggéré est de 10 $ par foyer, chacun peut fournir un montant en fonction de ses moyens. Les habitués savent qu’il est habituellement nécessaire de débourser plus d’une trentaine de dollars pour de telles prestations.
Au moment de mettre sous presse, la somme récoltée avait dépassé les 950 $.

Renforcer la communauté
Parmi les différents intervenants, l’artiste néoburlesque Chérie Coquette est l’une des seules francophones de la soirée. Depuis maintenant sept années, celle dont seul le vrai nom n’est pas dévoilé sur scène, joue de ses charmes chorégraphiques, humoristiques et libérateurs sur les planches.
« Pour moi, le burlesque ce n’est pas sérieux, mais ça me permet d’accepter mon propre corps, ma sexualité, définit-elle. C’est un acte politique de s’assumer en tant que femme. »
L’interprète, originaire de Sherbrooke au Québec, est installée depuis trois ans à Whitehorse au Yukon. « C’est agréable de pouvoir performer avec des personnes loin de chez soi, il n’y a aucune limite, s’enchante-t-elle. Cette nouvelle forme de cabaret renforce la communauté burlesque dans le Nord. »
« Dans le Nord, il y a un vrai engouement autour du burlesque », soutient l’artiste yukonaise. Souvenirs des années de la ruée vers l’or ou de l’ambiance fantasmée des saloons, le burlesque version nordique diffère de sa représentation dans les autres parties du Canada.
Pour Chérie Coquette, l’explication réside dans l’esprit nordique : « On est un peu dans notre bulle, on ne se laisse pas influencer par les modes. C’est la force de la créativité du Nord. » Et malgré les grands froids, Chérie Coquette ne renoncerait pour rien au monde à s’effeuiller. « Paradoxalement, dit-elle, je fais beaucoup plus de représentations l’hiver. Ça met de la chaleur et des sourires dans les cœurs ! »


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