Bec sucré

Ce n’est pas une petite pandémie qui arrêtera la francophonie ténoise d’afficher sa vitalité.

Malgré les règles de santé publique qui compliquent tout, le réseau associatif francophone a réussi à présenter, cette année, une programmation d’une grande richesse aux Rendez-vous de la francophonie. Il est important de souligner l’effort collectif qui nous a permis de passer un mois de mars sous le signe de la fierté. Bravo !

Notons au passage comment les désormais incontournables webdiffusions ont permis de nous rassembler. Ainsi, la présentation en direct au cinéma de Hay River de la pièce Les monologues du vagin, qui était jouée sur scène à Yellowknife, a constitué un beau moment de communion collective, alors que nous avons plus que jamais besoin d’entretenir nos liens communautaires. C’est aussi cette technologie qui a rendu possible la présentation d’un gala d’humour professionnel et d’une pièce de théâtre pour les bouts de choux de la garderie.

Il y a tout de même une importante tradition franco-ténoise de mars qui a dû être retirée du programme et c’est un peu normal dans le contexte, parce qu’elle a tendance à rameuter les foules. Il s’agit, bien sûr, de la tire d’érable sur neige. Chaque année, dans les carnavals du territoire, c’est la cohue devant les comptoirs de cabane à sucre opérés par les bénévoles des associations francophones. Mais pas cette fois.

D’une certaine manière, l’impossibilité d’organiser une partie de sucres aura permis aux Francos de se réinventer et de trouver de nouvelles façons de se réunir et de se mettre en vitrine. Bien qu’on adore tous la tire d’érable, un kiosque de confiserie ne devrait pas constituer l’unique manifestation culturelle mise de l’avant par un groupe minoritaire pour se présenter à la société. N’empêche, on a le bec sucré en pénitence.

De toute manière, si elle avait eu lieu, la cabane à sucre n’aurait pas été la même. Depuis plusieurs années, à Yellowknife à tout le moins, la cabane à sucre était associée à deux visages, ceux de Gilles Amyot et de Charles Elgoyhen. Ces deux-là ont servi des dizaines de milliers de bâtons de tire et donné le sourire à une procession interminable d’enfants. Gilles a été emporté par un cancer en décembre 2019 et Charles est décédé dans un tragique accident au début de cette année. Sans eux, la tire ne goutera plus pareil.

Un jour, les règles de la santé publique s’assoupliront et nous serons heureux de ressortir nos bruleurs, nos chaudrons et nos tables à neige pour offrir à la foule impatiente un peu de bonheur sur un bâton. Il serait alors approprié de trouver une façon d’honorer ceux qui ont, pendant des années et au risque d’engelures, si expertement soutenu la plus populaire des contributions culturelles francophones au territoire.


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