Aux jardins de la musique classique 18

Au XVe siècle, Martin Luther catalyse des mouvements sociopolitiques religieux qui affectent l’évolution de la musique polyphonique en Europe à travers la Reforme.

Martin, avant de devenir prêtre dans l’ordre religieux des Augustins, fait des études collégiales en musique à Eisenach, et universitaires, à l’Université d’Erfurt, dans une structure aristotélique et humaniste (encouragée par les académiciens universitaires de la Renaissance). Après que ses 95 thèses sont publiées contre des pratiques économiques catholiques, dirigées vers un capitalisme en justifiant leurs actions par des interprétations des passages bibliques écrits en latin, il traduit le Nouveau Testament du latin vers l’allemand, donnant ainsi la possibilité que son texte puisse être publié dans la langue vernaculaire (attitude associée à ce que Pétrarque et Rabelais font avec des textes gréco-latins vers l’italien et le français). Rendre accessible les textes du Nouveau Testament aux communautés en langue vernaculaire a comme principale raison de permettre l’interprétation individuelle de ces textes. Cette approche est prolongée à la musique liturgique dans laquelle la congrégation (les participants aux cérémonies) chante, ce qui n’était pas permis dans les églises catholiques ; toutefois, les chants et le culte de la Sainte Vierge Marie en sont exclus, dont les motets qui convoient le sensualisme. Luther compose des hymnes, psaumes, cantiques, ainsi qu’il transcrit et harmonise des chansons folkloriques.

En parallèle, pas toujours en dialectique avec la Réforme protestante, des changements procéduraux et interprétatifs se produisent dans l’Église catholique. Après la fondation de l’ordre de la Compagnie de Jésus (groupe d’intellectuels consacrés à l’évangélisation et aux études des autres croyances et rites religieux) et l’Ordre de Sainte-Ursule (des sœurs qui se consacrent à l’éducation des filles), trois séances du concile de Trente ont lieu entre 1545 et 1563 pour discuter des questions théologiques, organisationnelles et procédurales. En ce qui a trait à la musique dans les églises, la congrégation continue d'être exclue des chants cérémoniels, privilège des prêtres et des chorales ecclésiastiques.
Le culte à la Sainte Vierge Marie est réaffirmé dans le processus d’évangélisation, mais tout chant ou motet qui convie au sensualisme est interdit.
En ce qui concerne le développement de la musique polyphonique, autant le concile de Trente que les réformateurs protestants s’entendent pour diminuer le nombre de voix des compositions musicales religieuses et à donner priorité à la clareté des paroles.

L’auteur anime Trésor de la musique classique à 21 h,
les dimanches et mercredis sur CIVR 103,5 FM et Radiotaiga.com.

 

 


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