Population de caribous : Abattre pour protéger les caribous dans la toundra

Un loup peut manger entre vingt-trois et vingt-neuf caribous par année. La prédation demeure la cause principale de la chute de la population de caribous de plus de 80 % depuis les années 1980. (Crédit photo : Alexander Jones)

Un loup peut manger entre vingt-trois et vingt-neuf caribous par année. La prédation demeure la cause principale de la chute de la population de caribous de plus de 80 % depuis les années 1980. (Crédit photo : Alexander Jones)

Le 31 janvier dernier, les représentants du ministère de l’Environnement et Ressources naturelles et du gouvernement tli?cho ont invité les membres de la presse à une présentation de leur nouvelle proposition conjointe pour protéger les populations du caribou Bathurst et Bluenose-est. Ce nouveau plan intitulé « Programme amélioré d’encouragement à l’abattage du loup dans le Slave Nord » a pour but de combler les lacunes évidentes de la dernière saison de chasse. Il s’agit d’un projet pour répondre à un enjeu important en valorisant à la fois les peuples et cultures autochtones traditionnelles et les données scientifiques les plus à jour. Le comité de cogestion a officiellement soumis la proposition à l’Office des ressources renouvelables du Wek’èezhì (WRRB) avant la tenue de la mêlée de presse.

Collaboration
Les collaborateurs de ce projet y travaillent depuis plusieurs années. Un groupe d’étude a été formé avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO), le gouvernement tli?cho, le WRRB, la North Slave Metis Alliance et enfin, les Premières Nations des Dénés de Yellowknife et de Lutsel K'e. Il a publié un rapport indiquant quelles sont les options et leur niveau de faisabilité pour abattre les loups dans la région concernée. Les connaissances des peuples autochtones qui vivent sur ces terres depuis des siècles sont aussi mises en valeur pour trouver des solutions harmonisées aux traditions. D’autres rapports ont aussi été consultés et d’autres administrations comme l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Yukon et l’Alaska. En février 2019, la WRRB a écrit une lettre ouverte au GTNO, le condamnant pour ne pas en avoir assez fait sur le dossier de la gestion des loups. Avec la soumission de cette proposition de gestion conjointe au WRRB, ce dernier espère voir la réalisation du projet.

L’invasion des loups
Un loup peut manger entre vingt-trois et vingt-neuf caribous en une seule année. Selon le rapport, il faudrait supprimer entre 60-80 % des loups dans la région pour que la population des caribous commence à se repeupler de façon durable. La population des caribous a chuté de 60 % dans les trois dernières années et de 98 % depuis l’an 1986. Le prédateur primaire des caribous est le loup.

Difficultés
Il est très difficile de chiffrer combien de loups sont présents dans la région dû à leur habitude de bien se cacher et à la difficulté de se rendre sur la toundra. La route toutes saisons de la région des Tli?cho ne se rend qu’à Whati et non pas dans la zone ciblée par le comité de cogestion. La seule route qui donne accès à la région est la route de glace qui commence au bout du chemin Ingraham, sauf que seuls les camions de transport sont autorisés à l’emprunter. Comme la vie aux TNO, chasser un loup ici coute aussi très cher et ne porte rarement des fruits pour l’argent investi. Malgré le fait que l’an 2019 soit une année très difficile pour les chasseurs, l’intérêt est demeuré très élevé pour ce programme. Selon le rapport, « 1057 étiquettes pour la chasse du loup ont été vendues dans la région du Slave-Nord ». Sur ces 1057 étiquettes vendues, seulement 56 ont été retournées, ce qui montre un pourcentage de réussite de six pour cent. En plus, la toundra demeure l’une des régions les plus extrêmes sur terre, la vie y est difficile et les couts associés à la livraison des besoins essentiels, comme la nourriture et le combustible pour le chauffage, limitent le nombre de personnes ayant les moyens de s’engager dans ce projet.

Hausse des primes pour loup abattu
Depuis le 24 janvier 2020, les chasseurs de loups pourront recevoir jusqu’à 1950 $ pour une carcasse de loup. La prime a progressivement augmenté dans les dix dernières années, allant de 100 $ en 2009 à près de 2000 $ aujourd’hui. Ce chiffre est composé d’un montant de base de 1200 $, dont 900 $ du GTNO et 300 $ du Gouvernement du Nunavut. Les 750 $ restants ne sont accessibles qu’aux chasseurs autochtones qui sont aussi détenteurs d’un permis de chasse et qui récupèrent des fourrures de qualité. Il est à noter que le tourisme de chasse n’est pas un volet visé dans le cadre du programme ; en conséquence, il n’y a aucune prime offerte aux non-résidents des TNO.

Prochaines étapes
Un budget n’est pas encore estimé dans le cadre de la proposition conjointe, mais on peut s’attendre à un budget détaillé une fois que le projet sera approuvé. Une enquête de population sera effectuée en juin 2020 sur les hardes de caribous. Toutefois, il faut attendre des années pour avoir des résultats concrets et constater l’efficacité du plan d’action. Le comité de cogestion se donne cinq ans pour analyser les points forts et faibles du projet.


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