À la pêche aux savoirs traditionnels

Aksel Reed, 15 ans, attend que les poissons mordent à sa ligne. 
(Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

Aksel Reed, 15 ans, attend que les poissons mordent à sa ligne. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

Pas de chance pour les élèves de l’école Allain St-Cyr qui ont participé jeudi dernier à un camp de pêche : aucun poisson n’a mordu. Mais, heureusement, l’objectif n’était pas de les nourrir, mais plutôt de les initier à la pêche sur glace, dans le cadre d’une semaine d’activités autochtones.

Ernie Sangris, un Déné qui vit à Dettah, installe un petit poisson, un cisco, comme appât sur l’hameçon de la canne à pêche hivernale. Celle-ci n’est en fait qu’une baguette de bois autour de laquelle s’enroule un fil de pêche. L’élève Aksel Reed, 15 ans, l’observe avec attention. « Il y a près d’un mètre de glace et environ 3 mètres de fil », lui dit-il. Ernie est venu seconder son neveu qui s’occupe de l’activité sur place, Duncan Sangris, engagé par l’école Allain St-Cyr et lui aussi natif de Dettah.

L’école doit promouvoir la culture autochtone dans sa programmation scolaire et intégrer le programme éducatif Dene Kede du ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation. D’où l’origine de cette semaine d’activités autochtones. Les élèves ont aussi construit des iglous ou participé à des ateliers de découpe de poissons et de création avec leurs écailles.

« On est en train de perdre notre culture, dit Duncan, et les gens doivent savoir comment vivre de la terre, d’où l’intérêt de transmettre notre savoir. Les jeunes sont très enthousiastes et réceptifs. »

Une dizaine de trous ont été percés en cercle dans la glace du Grand lac des Esclaves, non loin de la route de glace et près d’un boisé où se trouve une tente prospecteur. Ernie Sangris laisse seul le jeune Aksel devant son trou noir, rempli d’eau et de petits morceaux de glace. Il s’assoit dans la neige immaculée. « Ce n’est pas la première fois que je pêche l’hiver, dit l’adolescent qui vit dans la capitale territoriale depuis cinq ans. Je pêche l’été et l’hiver avec mon père. J’aime ça, c’est relaxant, mais je n’aime pas beaucoup le gout du poisson ! »

Près d’un autre trou, Shelby Martin, 17 ans et née à Yellowknife, semble dans son élément. « J’ai fait beaucoup de pêche sur glace ; ce n’est pas nouveau pour moi, dit-elle. C’est bien que l’école enseigne un contenu plus nordique, pour ceux qui n’ont pas cette expérience. »

Non loin d’elle, absorbé par l’abysse sous lui, Brandon Mcdaniel, 15 ans, fait partie de ceux qui apprivoisent cette activité. Arrivé à Yellowknife depuis quelques mois seulement, il dit « ne pas connaitre grand-chose » et espérer qu’au moins une personne attrape un poisson.

L’objectif du camp de pêche est, entre autres, d’initier les jeunes aux types de poissons, aux techniques traditionnelles et à quelques légendes liées aux poissons. Un groupe réunissant les élèves de la 9e à la 12e année y est allé en matinée tandis qu’un autre pour les 7e et 8e années pêchait en après-midi.

En matinée, une partie du groupe, scindé en deux, pêchait sur la glace tandis que l’autre se réchauffait sous une tente prospecteur. Ils alternaient ainsi entre le froid et la chaleur. Quelques élèves faisaient griller des guimauves sur un feu à l’extérieur pour les distribuer à leurs amis.

« Les poissons ont réussi à prendre quelques appâts, mais on n’a pris aucun poisson ! », résume Duncan Sangris, qui lui-même pêche – avec plus de succès – pour nourrir des membres de sa communauté.

L’animateur culturel de l’école Allain St-Cyr, Zakaria Traoré, s’est occupé de la logistique de la semaine des activités autochtones. Il a espéré toute la journée que les élèves « sauvent l’honneur de l’école en sortant au moins un poisson. » Mais rien.

« C’est ça, la pêche, tu ne sais pas avec quoi tu vas revenir », dit celui qui prévoyait s’adonner à cette activité durant sa semaine de relâche.


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