Programme Odyssée : À la découverte des TNO

31 octobre 2019
Caroline Prévost-Levac, Claude Coutu,Vincent Vézina et Augustin Simard sont regroupés à Yellowknife lors d’une formation de deux jours. 
(Crédit photo : Maxence Jaillet)

Caroline Prévost-Levac, Claude Coutu,Vincent Vézina et Augustin Simard sont regroupés à Yellowknife lors d’une formation de deux jours. (Crédit photo : Maxence Jaillet)

Les quatre moniteurs de langue qui participent au programme Odyssée aux Territoires du Nord-Ouest
racontent leurs premières impressions et expliquent pourquoi ils participent à l’initiative.

Claude Coutu (école Allain St-Cyr à Yellowknife), Caroline Prévost-Levac (école Boréale à Hay River), Vincent Vézina (l’école PWK à Fort Smith) et Augustin Simard (école élémentaire East Three à Inuvik) sont les participants du programme Odyssée pour l’année scolaire 2019-2020. Leur rôle ? Encourager les jeunes à approfondir leur connaissance de la langue française et des cultures qui s’y rattachent.

Première impression des TNO après un mois ?
Claude : C’est vaste, le contact avec la nature est beaucoup plus proche que ce qu’on pourrait voir, admettons, au Québec. C’est ce que j’apprécie beaucoup, le contact avec l’extérieur, facile avec les jeunes aussi, qui adorent aller dehors.
Caroline : J’ai eu la chance de grandir dans un petit village, donc je me sens vraiment privilégié d’être dans une petite communauté où les gens sont vraiment proches. On a tendance à s’imaginer avant d’arriver que la vie aux Territoires est complètement différente, mais on réalise rapidement que la vie n’est pas si différente en fait.
Vincent : Ce que j’aime bien c’est que directement quand on arrive les gens nous entourent, nous encadrent. À l’école aussi, les élèves aiment beaucoup travailler et ils aiment beaucoup apprendre le français. C’est ce qui fait qu’à la fin des journées, on est tout le temps contents et on veut recommencer tous les jours.
Augustin : J’aime beaucoup l’école, c’est très petit, c’est très sympathique. C’est très petit Inuvik... on passe du temps avec les jeunes dans la journée et on sort après l’école puis [...] on va à l’épicerie et on revoit les jeunes avec leurs parents. On les voit un peu partout donc c’est vraiment très convivial. C’est accueillant. La nature, la neige qui vient d’arriver... c’est vraiment agréable.

Comment pressentez-vous les huit prochains mois ?
Claude : Je ne sais pas encore. Je vais voir au bout des neuf mois, mais j’ai hâte de voir l’hiver, la pureté du blanc qui a partout. Ça, je pense que ça va être une grosse motivation ou un gros refroidissement pour l’esprit rendu au mois de mars !
Caroline : J’ai quand même eu la chance de beaucoup voyager et étrangement jusqu’à maintenant les endroits où je me sens bien ce sont souvent des endroits froids. Je ne sais pas ce qui se passe avec les endroits avec de grands hivers, mais on dirait que les communautés sont plus proches, plus accueillantes et de cette façon-là, ironiquement, plus chaleureuses. Je ne me prononcerai peut-être pas trop avant d’avoir vraiment vu à quoi ressemble l’hiver, mais jusqu’à maintenant ça se passe très bien.
Vincent : C’est sûr que je ne resterai peut-être pas pour toujours, mais j’ai vraiment hâte de voir l’hiver aussi, de voir comment ça se passe. Comment les gens font pour se déplacer aussi ! S’il y a beaucoup de neige, des fois, c’est à plus à pied qu’en auto [qu’on se déplace] ou des choses comme ça. Alors j’ai hâte, oui.
Augustin : J’aimerais découvrir, je ne sais pas pour rester... mais au moins prendre du temps pour découvrir la richesse du pays. J’ai fait quelques chemins déjà : il y avait des opportunités pour faire un peu de route puis on voyait comment c’était magnifique. Donc j’aimerais ça découvrir davantage, mais je ne pourrais pas en dire plus quant à un engagement par la suite.

Quel impact pensez-vous avoir auprès des jeunes ?
Claude : Je pense que ce qui est important et le fun d’amener dans les classes, c’est de sortir les jeunes et faire des activités avec eux. Ils ne réalisent pas nécessairement qu’ils sont en train d’apprendre. Dans leurs têtes, ils sont en train de jouer… de faire des activités, du bricolage. Ils n’ont pas l’impression d’apprendre, donc ça rentre beaucoup plus facilement. Ils ont le gout d’aller travailler, de sortir de la classe puis d’aller dans un autre espace avec nous.
Caroline : Ce qui est intéressant avec les moniteurs de langue, c’est que souvent on travaille avec des plus petits groupes, donc ça allège un peu la tâche de l’enseignant en classe qui peut se concentrer sur un plus petit groupe aussi. Et nous, on peut se permettre de faire des jeux, des activités qui mettent en valeur la participation de tous les jeunes d’une façon qui n’est peut-être pas toujours possible en classe. Ça leur permet de parler, de s’exprimer et donc d’améliorer leur français bien sûr.
Vincent : Ce que j’aimerais apporter, c’est de plus bouger en apprenant. Comme ça, ça les aide à se faire des amis, à jouer ensemble. Certaines personnes sont souvent plus gênées quand ils sont en gros groupes dans une classe. Alors en les mettant en petits groupes de 4 ou 5, ils aiment plus travailler et ça fait en sorte que l’ambiance de classe est meilleure.
Augustin : J’ai l’impression que c’est plus eux qui m’apportent quelque chose. J’apprécie beaucoup le temps avec les enfants sauf que je me rends compte qu’ils ne sont vraiment pas exigeants envers nous au primaire. On se dit « ah, mon activité, est-ce qu’elle va marcher ou non ? Et si ça ne marche pas… ? », mais le lendemain ils sont super contents de te voir puis ils te serrent dans leurs bras. Ce sont de beaux moments. Moi je leur parle en français, je crois que ça leur apporte quelque chose.

L’éducation, une vocation en vous ?

Claude : Ce n’est pas mon intention présentement. J’ai décidé de participer au programme Odyssée pour découvrir une autre culture, pour découvrir une autre façon de vivre, une autre partie du Canada. C’était un peu pour essayer l’éducation, pour voir c’est quoi travailler avec les jeunes, mais, pour l’instant, j’apprécie mon moment, j’apprécie travailler à l’école. Je ne pense pas qu’éventuellement j’irais dans la vocation de l’éducation et je félicite les personnes qui le font.
Caroline : L’enseignement c’est toujours quelque chose qui m’a intéressé. Je ne sais pas si à long terme, travailler avec des enfants ou des ados c’est mon plan de carrière, mais il n’y a vraiment rien qui donne [autant de défis que de] travailler avec des enfants et des adolescents. Je suis vraiment ici pour me sortir de ma zone de confort, développer différentes techniques et m’aider aussi un peu à clarifier ce qui va arriver ensuite.
Vincent : J’ai participé à ce programme parce que je voulais en découvrir plus du Canada, mais finalement, plus que les jours passent et plus que je me dis que ouais, peut-être que l’enseignement ce serait une idée pour plus tard.
Augustin : Je ne sais pas, c’est beaucoup de défis. J’apprécie le temps avec les jeunes. Être avec les jeunes ce serait surement quelque chose que j’aimerais, mais l’enseignement en tant que tel à ce groupe d’âge là c’est beaucoup de défis. Je ne sais pas si ce serait ce que je voudrais faire.

Avec des propos recueillis
par Maxence Jaillet


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