Articles de l'Arctique, 08 janvier 2021 : 4 évènements qui ont marqué l’Arctique en 2020

07 janvier 2021
La Russie a affirmé sa présence en Arctique en 2020. Son nouveau brise-glace nucléaire 
Arktika témoigne de la volonté du pays de tirer parti des nouvelles voies de navigation 
et de ses opportunités commerciales. (Crédit photo : Rosatom

La Russie a affirmé sa présence en Arctique en 2020. Son nouveau brise-glace nucléaire Arktika témoigne de la volonté du pays de tirer parti des nouvelles voies de navigation et de ses opportunités commerciales. (Crédit photo : Rosatom

L’année 2020 a été remarquable et plusieurs évènements importants ont eu des répercussions sur l’Arctique au niveau national mais aussi sur la scène internationale.

Rien ne semble arrêter le réchauffement en Arctique

L’Arctique subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique et l’été 2020 est celui de nouveaux records de chaleur enregistrés, à l’image de l’effondrement du plateau glaciaire Milne sur l’ile d’Ellesmere au Nunavut fin juillet. Le plateau qui a perdu 43 % de sa superficie présentait des fractures majeures, mais l’ensemble de la communauté scientifique a déclaré avoir été surprise de l’évènement et pensait qu’un tel effondrement ne se produirait pas avant plusieurs années. Un évènement similaire s’est produit à l’extrême nord du Groenland, au glacier 79 North, où un plateau glaciaire de 100 kilomètres carrés s’est effondré durant l’été. Ces évènements mettent en lumière le réchauffement continu que subit l’Arctique et la fonte de la calotte glaciaire qui semble aujourd’hui irrémédiable.

 

Des convoitises internationales nordiques

Avec la fonte de la glace, l’émergence de nouvelles voies navigables et de possibilités de commerce et de transport de marchandises, l’Arctique est dorénavant l’objet de convoitise de la part de plusieurs pays. Avec son tout nouveau brise-glace nucléaire, l’Arktika, la Russie a clairement exprimé sa volonté de tirer parti des options naissantes que l’Arctique offre désormais. Alors en mission de test en septembre 2020, le brise-glace affiche l’ambition russe d’accroitre le volume de marchandises transportées. Le constructeur Rosatom a indiqué qu’un objectif de 80 millions de tonnes de marchandises transportées d’ici 2024 était fixé, ce qui représenterait une augmentation de 48 millions de tonnes par rapport au volume transporté en 2019.

De leur côté, les États-Unis ont rapatrié le brise-glace Polar Star pour une mission de sécurité et d’affirmation de leur présence dans le Nord. Normalement déployé en Antarctique sur la station de recherche McMurdo, le navire qui n’a pas pu s’y rendre en raison de la pandémie de COVID-19 navigue depuis décembre 2020 dans les eaux arctiques avec pour objectif d’assurer la souveraineté des États-Unis dans la région

 

Le Refuge arctique et l’action en justice du peuple Gwich’in contre l’Administration Trump

Le 24 aout 2020, le Comité directeur Gwich’in (Gwich’in Steering Committee) qui représente le peuple gwich’in de l’Alaska et du Canada, ainsi que les organismes de protection de l’environnement, a entamé une procédure judiciaire contre le Bureau fédéral de gestion des sols et le secrétaire de l’Intérieur du gouvernement Trump. Cette décision faisait suite à la décision du gouvernement américain d’octroyer des permis d’exploration pétrolière dans la Réserve faunique nationale de l’Arctique sur la côte nord-est de l’Alaska. Comme son nom l’indique, cette aire protégée de plus de 78 000 km2 abrite de nombreuses espèces animales, dont l’ours polaire. Mais c’est la harde de caribous Porcupine qui est au centre des inquiétudes. Avec le développement que l’octroi de permis engendrerait, la harde serait en danger notamment dans la zone d’hivernage ou les femelles mettent bas selon les organismes environnementaux. Les communautés Gwich’in de l’Alaska, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest se sont alliées à des groupes de conservation de l’environnement des États-Unis et du Canada afin de faire entendre leurs griefs. Cette action en justice est la seule façon de stopper tout développement dans la région, pour Dana Tizya-Tramm, chef de la Première Nation Vuntut Gwitchin. Le 7 aout 2020, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies avait été informé, par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, que le peuple Gwich’in d’Alaska n’avait pas été consulté et n’avait donc pas pu donner son consentement préalable, libre et éclairé. Le 5 janvier 2021, Sharon Gleason, juge pour le district de l’Alaska a rejeté une requête qui demandait la suspension des émissions de baux lors de la vente virtuelle du 6 janvier 2021. L’autorité de développement industriel et d’exportation de l’Alaska, société publique de l’État de l’Alaska, a présenté la majorité des offres dont la plus élevée s’élève à 14,4 millions $.

 

La gestion de la COVID-19 dans les territoires

La pandémie de COVID-19 n’a pas épargné l’Arctique canadien et les trois territoires ont mis en place des mesures afin de limiter la propagation du virus. Une contamination communautaire à Arviat au Nunavut, territoire peu touché jusqu’à l’automne 2020, a déclenché la fermeture de la bulle de mobilité instaurée avec les Territoires du Nord-Ouest le 16 novembre 2020. Avec 266 cas positifs et un décès, l’épidémie a cependant été contenue par l’établissement d’une période de confinement.

Le Yukon qui comptabilise également un décès et 65 cas a mis fin à la bulle de mobilité avec la Colombie-Britannique le 20 novembre 2020 et instauré le port du masque obligatoire dans les lieux publics le 1er décembre 2020.

Enfin, les TNO ont comparativement été peu touchés avec seulement 24 cas déclarés. Le 3 septembre 2020, la création du Secrétariat de coordination pour la COVID-19 par le gouvernement du territoire n’a pas fait l’unanimité à la Chambre de commerce qui a estimé que le financement de cette agence aurait pu être utilisé à l’amélioration du système de santé.


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