Nunavut : 25 ans d’ondes frétillantes

Marily Nolet (stagiaire radio), Amély Dubuc (coordinatrice radio) et Karine Baron (directrice de l’AFN) animent la station de radio communautaire francophone d’Iqaluit.

Marily Nolet (stagiaire radio), Amély Dubuc (coordinatrice radio) et Karine Baron (directrice de l’AFN) animent la station de radio communautaire francophone d’Iqaluit.

 CFRT 107,3 FM, la station de radio communautaire francophone d’Iqaluit a soufflé ses 25 bougies le 27 mars, au Franco-Centre de la capitale nunavoise. 

Une cinquantaine de Franco-Nunavois ont répondu présent à l’invitation de leur radio à fêter son quart de siècle, dans une ambiance joviale, familiale et bien sûr musicale.


La création de CFRT a été une initiative de l’Association des francophones de Frobisher Bay, aujourd’hui l’Association des Francophones du Nunavut (AFN), qui souhaitait retransmettre les matchs de hockey des Canadiens de Montréal. Le conseil d’administration de l’association, sur lequel siégeait alors Linda Bussey, présentement directrice générale de la Fédération franco-ténoise, avait donc œuvré afin d’obtenir une licence de la part du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et l’équipement nécessaire à la diffusion. « On avait travaillé très fort, la demande pour la licence était très complexe et ça nous a pris beaucoup de temps, mais j’avais embarqué à 150 % et j’avais eu beaucoup de plaisir », se rappelle-t-elle.


La station doit son nom à un certain Daniel Auger qui lors d’une réflexion tardive autour des éléments qui définirait le mieux Iqaluit, s’était écrié « Hey, c’est frette ici ! » La radio CFReT avait son identité.

Une implication fondamentale
Le 18 mars 1994, CFRT entrait en ondes pour diffuser son émission inaugurale et ne les a plus quittés. Ce soir-là, Stéphane Cloutier, alors étudiant en anthropologie venu étudier la culture inuite, syntonise un poste de radio depuis le dortoir où il reste. À sa grande surprise et par le plus grand des hasards, il assiste à la naissance de la station. Très vite, il s’implique comme bénévole, puis travaille un certain temps pour l’AFN et la radio. Son engagement pour le média ne s’est jamais estompé, ce qui lui a valu le titre de « bénévole fondamental » par l’intermédiaire du Frileux, récompense régulièrement remise aux personnes impliquées dans la station. Désormais Directeur des langues officielles au gouvernement du Nunavut, il fait partie des quelques familles franco-inuites qui peuplent le territoire nunavois et continue de partager ses connaissances des langues, de la culture et de la musique inuite aux auditeurs de la station. Il a participé à bon nombre d’émissions, dont une qui consistait en des ateliers conversationnels avec son épouse pour apprendre l’Inuktitut.


Membre du réseau de l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC du Canada) et de l’ARCOT, la filiale Ouest et Territoires de cet organisme national, CFRT se trouve être la seule station de radio francophone au Nunavut et dispose d’une licence qui lui permet de diffuser du contenu oral en français, anglais et dans les langues autochtones, en l’occurrence l’Inuktitut.


Une situation unique au Canada qui lui a valu d’accueillir dans sa programmation plusieurs émissions de la communauté inuite et anglophone et de constituer une banque de chansons inuites de plusieurs milliers de titres. Un trésor.
Simon Forgues, directeur des communications et développement pour l’ARC du Canada s’est dit très heureux de cet anniversaire. « C’est assez exceptionnel d’avoir une radio qui diffuse depuis Iqaluit, au Nunavut, malgré les défis qui peuvent exister. Ce n’est pas comme ouvrir une radio dans un grand centre comme Edmonton [entrée en ondes en 2018]. Cela démontre une volonté, un besoin des communautés francophones au Canada de disposer d’un tel outil. »
CFRT s’imagine d’ailleurs un bel avenir, comme le précise Karine Baron, la directrice de l’AFN.


« On souhaite rayonner encore plus dans notre communauté et devenir le poste cool à écouter. Avec notre programmation multilingue, nous sommes vraiment à l’image d’Iqaluit et de sa population diverse. On veut cultiver cela et développer davantage de contenus locaux, diffuser plus de concerts donnés ici, multiplier les partenariats. »


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