Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées : Garder les familles intactes

La ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, lors de l'assemblée publique du Premier ministre à Yellowknife. (Crédit photo : Nicolas Servel)

La ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, lors de l'assemblée publique du Premier ministre à Yellowknife. (Crédit photo : Nicolas Servel)

La ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, explique l’importance d’agir maintenant, particulièrement à l’égard de la protection de la jeunesse, d’ici l’obtention des résultats de l’Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées.
 

Les audiences de l’Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées débuteront ce printemps et son rapport préliminaire est attendu le 1er novembre de cette année.

En entrevue, la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, souligne l’importance de ne pas attendre les résultats de l'Enquête : « C’est très important de commencer maintenant, avec les changements nécessaires pour le système de la protection de la jeunesse et aussi le logement, l’éducation et les auberges pour les femmes ».

La ministre Bennett affirme que sa priorité porte sur le changement du système de la protection de la jeunesse. S’agit-il de nouveaux investissements?

Elle répond que oui, mais qu’il faudra aussi examiner les besoins des communautés afin de garder les familles intactes, au lieu de placer les enfants à l’extérieur de leur communauté.

Elle explique ensuite que cette décision de se concentrer sur la protection de la jeunesse provient de rapports de la Colombie-Britannique et d’un engagement, pris à l’Assemblée des Premières Nations en décembre 2015, d’effectuer un changement total du système.

« Les incitatifs sont trompeurs », admet-elle, expliquant que plus le nombre d’enfants dans le système augmente, plus ces derniers sont séparés de leur famille, de leur communauté, plus les organismes reçoivent de l’argent pour leurs programmes.

Elle soulève que les enfants retirés de leur milieu familial à la naissance vivent 20 ans de moins que les autres, selon des études. « Et nous avons ces règles stupides, qui font en sorte que si [une jeune femme] est prise en charge par le système, à 16-17 ans, son enfant lui est retiré à la naissance. Nous devons changer ça. »

Carolyn Bennett affirme que les travaux doivent être effectués en collaboration avec le ministère de la Santé pour trouver d’autres approches en vue de garder les familles intactes.

Aussi de passage à Iqaluit
La ministre des Affaires autochtones et du Nord a croisé les cinq commissaires de l’Enquête nationale, qui étaient aussi à Iqaluit, le 9 février.

« J’étais très heureuse de les rencontrer et c’est une initiative très très très importante et très importante pour les commissaires, de faire un bon effort pour l’intégrité du processus, mais aussi d’avoir une approche informée sur les traumatismes, et aussi axée sur la culture et le respect des communautés autochtones. »

Concernant les critiques portant sur les retards de l’Enquête, Carolyn Bennett dit comprendre la volonté des commissaires de bien commencer leurs travaux et de lire tous les anciens rapports pour établir leur plan de travail.

« C’est très important d’établir les liaisons avec les communautés autochtones, avec les familles des femmes et filles disparues et assassinées et d’avoir des groupes de travail sur certaines questions importantes et primordiales », ajoute-t-elle.

Et la réouverture des dossiers de la GRC?
« Oui, c’est très important. Le racisme, le sexisme, chez les policiers, mais aussi dans tous les systèmes, de la santé, de la justice, de la protection des enfants. »

Elle explique qu’il sera très important d’examiner les problèmes récurrents qu’ont les familles avec les policiers. À son avis, des cas de figure similaires devraient être étudiés pour formuler des recommandations en vue de la formation, de la sélection et du recrutement des policiers.

La ministre estime également que c’est une chose que de rouvrir des dossiers individuels, mais qu’il faut aussi examiner les cas en commun, qui donnent, eux, une tangente inquiétante.

En 2014, un rapport de la Gendarmerie royale du Canada recensait 1017 cas de femmes autochtones assassinées, et 164 cas de femmes autochtones disparues, de 1980 à 2012. 


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