Sur les ondes : Aux origines de la musique XXV

Dans le Moyen Âge central européen, plusieurs évènements sociaux, politiques, philosophiques et scientifiques convergent avec la musique élaborée par des troubadours, trouvères, minnésingers et celle de la faculté de musique de l’Université de Paris dans laquelle se développait l’Ars Antigua. L’équilibre social établi dans le haut Moyen Âge est caractérisé par trois ordres sociaux : le clergé, la noblesse et le tiers État (paysans, artisans et commerçants).

Dans cette période, cet équilibre est bousculé par la montée en flèche de la bourgeoisie composée de commerçants et des artisans, qui prennent plus en plus de pouvoir économique et politique et qui subventionnent des spectacles musicaux où les artistes ne sont pas conditionnés par les morales religieuses ou seigneuriales.

À ce phénomène social s’ajoute le développement des universités en Europe dans lesquelles les savants développent les sciences des mathématiques, de la médecine et l’analyse logique, inspirés par les intellectuels arabes tels qu’Averroès et Avicenne.

Dans le Moyen Âge central, ils adoptent le rationalisme guidé par l’analyse logique qu’Aristote avait formulée dans l’Antiquité grecque, mais que l’Église catholique avait abandonnée en préférant les analyses de Platon. Parmi les universités du Moyen Âge central, l’Université de Paris (dont sa faculté de musique) en adoptant le rationalisme, adopte la lectio (analyse des textes), la quaestio (des questions que le maitre devait défendre) et le disputatio (de joutes verbales) comme méthodes d’étude.Cela est maitrisé par Abelard et par le groupe de clergés itinérants appelés Goliards, qui, en utilisant des chansons et des poèmes, satirisent les paradoxes soulevés par les autorités ecclésiastiques et l’échec des croisades, dont la quatrième croisade organisée à Venise pour aller reprendre Jérusalem entre 1198 et 1204, mais détournée pour attaquer et prendre Constantinople, causant le schisme entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe.


Dans ces circonstances, l’Ars Antigua, qui avait commencé avec les motets élaborés par Pérotin (maitre dans la faculté de musique de l’Université de Paris qui superpose à la ligne mélodique principale deux et trois lignes mélodiques pour créer des œuvres polyphoniques), s’intéresse aux motets et aux rondeaux, dont les lignes mélodiques sont différentes en rythme et introduisent sur la mélodie la plus basse (qui est du chant grégorien en latin) des strophes en langue vernaculaire avec des thèmes non religieux. Aux motets et aux rondeaux, Adam de la Halle, vers 1286, ajoute les jeux partis (dialogues chantés) et parmi d’autres œuvres, crée le Jeu de Robin et Marion et le jeu de la feuille, qui sont des œuvres théâtrales musicales considérées comme la renaissance de la pantomime romaine et la naissance de l’opéra-comique.

L'auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.