Tulita : Un retour aux Territoires

Philippe Brulot. (Archives L'Aquilon)

Philippe Brulot. (Archives L'Aquilon)

Philippe Brulot est de retour aux TNO, et veut lancer un journal étudiant pour soutenir l’apprentissage.
 

Lorsqu’il a quitté les Territoires du Nord-Ouest, en 2011, Philippe Brulot s’est promis de revenir. Après avoir travaillé pendant plus de vingt ans dans la francophonie, entre autres en tant que directeur général de la Commission scolaire francophone aux TNO à Hay River et à Yellowknife, M. Brulot désirait acquérir une expérience en milieu autochtone. Or, à l’époque, il n’y avait pas de poste à pourvoir aux TNO qui lui aurait permis d’acquérir une telle expérience. Il a donc occupé des postes de direction aux commissions scolaires Nisga’a et Coquitlam, en Colombie-Britannique, de 2011 à 2017.


C’est le poste de directeur d’école au village de Tulita, à l’école Chef Albert Wright du conseil scolaire de division de Sahtu, qui lui a donné l’occasion de revenir au territoire pour poursuivre son apprentissage des cultures autochtones. C’est avec engagement et enthousiasme que M. Brulot commence son nouveau mandat dans cette petite collectivité située le long du fleuve Mackenzie. « Ici, c’est comme une grande famille. Tout le monde se connaît, les gens sont très gentils, la communauté est accueillante. C’est un très grand plaisir d’être ici », affirme le nouveau directeur d'Albert Wright.

Un journal étudiant à saveur traditionnelle
Il y a deux ans, alors qu’il était directeur d'un programme autochtone, Phillippe Brulot a eu l’idée de mettre sur pied un journal étudiant. En quelques mois à peine, le journal est passé de quelques centaines d’exemplaires à près de 15 000 exemplaires Le journal a pris de l’expansion lorsque les départements autochtones d’autres commissions scolaires se sont joints à son projet par la signature d’ententes.


En attente de financement, M. Brulot espère pouvoir reproduire cette réussite au sein du conseil scolaire de division de Sahtu. Ce journal étudiant serait un journal à l’honneur des communautés autochtones : un journal essentiellement écrit par des étudiants autochtones sur des thèmes qui touchent directement ou indirectement leur histoire, leur culture et les enjeux contemporains auxquels ils font face. Le directeur explique que ce projet est estimé à 40 000 $ pour deux ans, que des demandes ont été faites auprès d’entreprises privées, mais qu’on attend toujours une réponse. « Pour que tout journal étudiant fonctionne, il faut brancher les jeunes sur des sujets qui les intéressent. Par exemple, il faut choisir des sujets pertinents. On a plus de chance de capturer leur intérêt avec des sujets qui les touchent (environnement, problèmes actuels, cultures autochtones) plutôt [qu’avec] de la philosophie. Quand ce sont des enfants autochtones, c’est plus facile, car ils aiment retourner [à] leurs racines, questionner leurs grands-parents », estime Philippe Brulot.


S’il obtient le financement, deux éditions sont prévues d’ici la fin de l’année. La première, qui serait prévue pour janvier, serait imprimée à 500 exemplaires et ferait participer une ou deux écoles de la Commission. Pour la seconde édition prévue pour le printemps, qui présenterait des textes de quatre ou cinq écoles de la région, le nombre d’exemplaires serait de 500 à 1000.


M. Brulot va commencer tranquillement, au sein du conseil scolaire de division de Sahtu et si cela fonctionne bien, il prévoit inviter d’autres commissions scolaires à se joindre aux éditions de l’année prochaine, dont la Commission scolaire francophone (CSFTNO). Dans ce cas, même si les articles étaient écrits par des étudiants francophones en langue française, le contenu serait tout de même axé sur des thèmes traditionnels.

Un outil efficace d’apprentissage
M. Brulot conçoit ce journal comme un outil dynamique d’apprentissage : « Quand ils sont dans une salle de classe, ce peut être très ennuyant de faire ceci ou de faire cela. Mais si on dit à un jeune de faire une entrevue avec un agent de conservation de la faune et de lui poser des questions sur l’avenir du troupeau de caribous, et d’ensuite mettre l’information dans des graphiques, de projeter des statistiques, il va trouver cela intéressant. Il n’aura pas réalisé que ce qu’il a fait est en fait de la biologie et des mathématiques. »


Le nouveau directeur d’école estime qu’il s’agit d’une belle occasion pour les enfants de Tulita de célébrer leur communauté, de pratiquer leur anglais et de consolider leurs connaissances. Toutefois, pour M. Brulot, l’utilité d’un journal étudiant ne s’arrête pas là. Selon lui, cela permet aussi de passer des messages au sein d’une petite communauté. « Au niveau de la communauté, quand les parents vont lire le journal, le message va beaucoup mieux passer si c’est écrit par un enfant qu’il connaît. On peut donc passer un message de cette façon dans nos communautés », avance-t-il.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.