Centre de dégrisement et travailleurs de rue : Un endroit où aller

Le centre de dégrisement temporaire situé à l'aréna communautaire de Yellowknife. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Le centre de dégrisement temporaire situé à l'aréna communautaire de Yellowknife. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Pendant l’été, l’aréna communautaire de Yellowknife se transforme en centre de dégrisement. Ce projet pilote du Conseil pour les personnes handicapées des TNO, en partenariat avec une équipe de travailleurs de rue, offre une nouvelle option pour les personnes aux facultés affaiblies.
 

Depuis le 17 juillet, le centre est ouvert de 13 h à 6 h, sept jours sur sept. Le projet vise à réduire les appels aux services d’urgence et à mieux répondre aux besoins de la communauté.


« Nous reconnaissons qu’il n’est pas approprié pour beaucoup de ces individus d’être incarcérés par la GRC, ni approprié pour eux d’être admis à l’hôpital », a indiqué Sue Cullen, directrice générale de l’Administration des services de santé et services sociaux des Territoires du Nord-Ouest (ASTNO). 


Comme il s’agit d’un projet pilote jusqu’au mois de septembre, la Ville de Yellowknife, l’ASTNO et le ministère de la Santé et des Services sociaux devront ensuite déterminer un endroit à long terme pour potentiellement annexer le refuge de jour au centre de dégrisement.
 

Un espace mixte
L’espace actuel à l’aréna peut accueillir un minimum de 28 personnes. À l’entrée, un endroit est réservé pour l’examen médical d’admission obligatoire. Une petite barrière divise le centre en deux : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre.


À ce sujet, la ministre Caroline Cochrane, responsable de l’itinérance et aussi de la condition de la femme, explique : « Il y a des centres à travers les provinces et territoires et les autres villes qui combinent les sexes. Au départ, j’avais des inquiétudes à propos de ce mélange, mais nous avons fait des recherches et les modèles de ces provinces et territoires ont fonctionné.


C’est important d’avoir une séparation pour s’assurer de la sécurité. Nous avons quatre employés sur place en plus d’un professionnel de la santé, ce qui devrait être suffisant pour que la frontière ne soit pas traversée et que les femmes demeurent en sécurité. [...] La sécurité des femmes et des hommes sera une priorité pour le centre de dégrisement. »


Itinérance vs dépendance

La ministre Cochrane a aussi profité de cette visite pour faire la distinction entre l’itinérance et les troubles de dépendance : « Ce ne sont pas toutes les femmes qui vivent dans la rue qui souffrent de dépendance, cela peut faire partie des enjeux, mais ce n’est pas tout le temps le cas. Elles ont l’option d’aller au Centre des femmes de Yellowknife aussi, intoxiquée ou non, pourvu qu’elles ne soient pas violentes. Il y a des options pour les femmes qui ne se sentent pas en sécurité dans ce centre-ci, elles peuvent avoir accès à d’autres services dans la communauté et c’est important d’avoir ces options. »


Elle affirme entendre fréquemment des préjugés à l’égard de personnes en état d’ébriété au centre-ville, comme quoi ces personnes seraient itinérantes. « Le public dit : gérez la population itinérante. La réalité est que ce ne sont pas toutes des personnes itinérantes, certaines sont peut-être seulement en état d’ébriété et peut-être que ce n’est pas sécuritaire pour elles de retourner à la maison, que les membres de leur famille ne se sentent pas en sécurité de les recevoir [...]. Ce centre de dégrisement répondra à ces besoins; plus qu’à seulement ceux des personnes itinérantes de Yellowknife. Il offrira une solution concrète à l’égard du problème d’intoxication dont nous souffrons dans notre communauté. » 


Admission volontaire

Plusieurs critères d’admission sont en vigueur pour les utilisateurs de ce nouveau centre, le premier étant que l’entrée se fait sur une base volontaire. Une personne sera admise lorsqu’elle sera sous l’effet d’une substance et à la recherche d’un endroit pour se reposer. La personne devra également être en mesure de se déplacer indépendamment avec l’aide minimal du personnel et accepter de subir un test médical à l’entrée. Le centre possède aussi une politique de zéro tolérance pour la violence.


Travail sur le terrain

Le même jour que l’ouverture du centre de dégrisement, un volet « Travail sur le terrain » a également été entamé. « Nous conduisons à travers la ville, on cherche des gens, on se promène pour voir s’il y a quelqu’un en détresse, on fait la conversation... les gens expriment tellement d’appréciation, c’est super », relate Lydia Bardak, responsable de ce projet pour le Centre des femmes de Yellowknife. La Gendarmerie royale canadienne fournit une fourgonnette pour le transport vers le centre de dégrisement ou d’autres refuges, voire chez des membres de la famille qui acceptent d’accueillir la personne qui demande de l’aide.


Pour sa première journée de service, Lydia Bardak a offert huit trajets. « En un jour et demi, les gens nous ont arrêtés et nous disaient : Est-ce que c’est vrai que vous pouvez nous conduire? »


« Nous recevons les appels du public, s’ils voient quelqu’un au centre-ville ou ailleurs et que la personne semble avoir besoin d’aide, sans que ce soit un cas médical, le numéro est le 867-445-7202. »
 


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