Conférence des premiers ministres de l’Ouest : Trans Mountain monopolise l’attention

Les premiers ministres de l’Ouest et du Nord et la vice première ministre de l’Aberta. (Crédit photo : Denis Lord)

Les premiers ministres de l’Ouest et du Nord et la vice première ministre de l’Aberta. (Crédit photo : Denis Lord)

Six premiers ministres sur sept font front commun sur l’assurance-maladie et l’ALÉNA.

Le litige opposant la Colombie-Britannique et l’Alberta sur l’oléoduc Trans Mountain a retenu l’attention de la Conférence des premiers ministres de l’Ouest le 23 mai à Yellowknife, bien que les ministres en soient par ailleurs venus à des positions communes sur le cannabis notamment, l’assurance-maladie et l’accès aux marchés.


Alors que la première ministre de l’Alberta Rachel Notley boycottait la rencontre, sa substitut, la vice-première ministre Sarah Hoffman a d’emblée déclaré qu’il n’y avait pas eu de consensus à la Conférence sur la finalisation de l’oléoduc Trans Mountain, alors qu’il n’y avait plus que neuf jours avant l’échéance fixée par la pétrolière Kinder Morgan pour aller de l’avant ou non avec le projet. L’Alberta a ainsi refusé de signer le communiqué parafé par les six autres élus à la fin de la conférence. Mme Hoffman n’a pas manqué de paraphraser le discours de la grande absente de cette rencontre à Yellowknife.

« Chaque jour qui passe, nous délaissons 40 M$ qui pourraient enrichir notre économie canadienne, a déclaré la vice première ministre albertaine. J’aime l’assurance-maladie, le travail qu’on fait pour que nos jeunes soient en sécurité. Mais tout ça coute de l’argent et nous avons une façon de nous assurer que nous aurons cet argent : finaliser ce projet d’intérêt national. » Mme Hoffman devait plus tard déclarer que « l’assurance-maladie ne pousse pas sur les arbres », et ironiser sur le manque de passion du premier ministre britannocolombien John Horgan sur la prospérité des Canadiens.


« L’entité qui va prendre la décision n’est pas ici, a souligné le premier ministre de la Saskatchewan Scott Moe. C’est le gouvernement fédéral. Il devrait saisir l’opportunité d’exercer son autorité dans ce type de projet. Il devrait prendre sa responsabilité de réunir tous ceux qui pensent qu’ils seraient influencés positivement par ce projet et répondre aux préoccupations qu’ont les Canadiens. [...] S’il y a un chemin vers la collaboration, le fédéral devrait jouer un rôle de leadeur pour le trouver. »

Jurisprudence
Le premier ministre de Colombie-Britannique John Horgan a rappelé que malgré le différend opposant sa province à l’Alberta, les discussions étaient restées courtoises et qu’il y avait de grands progrès dans d’autres dossiers importants pour les provinces de l’Ouest. Il a toutefois rappelé la nécessité pour son gouvernement de protéger l’environnement et l’économie de sa province d’une catastrophe. Il a également souligné qu’il existait une jurisprudence en Colombie-Britannique sur le transport du pétrole. « Lorsque tu as une mésentente, a déclaré John Horgan, la façon appropriée de régler la situation est d’utiliser les cours. [...] Mais l’Alberta et le gouvernement fédéral ont décliné notre invitation. Alors nous sommes à un niveau inférieur de cour, la Cour d’appel de la Colombie-Britannique, où il y a aura des opportunités pour peser les pour et les contre sur la question des autorités. »

Cannabis
Lors de la Conférence, les premiers ministres provinciaux et territoriaux se sont entendus pour signifier à Ottawa le manque de détails sur la marge de temps séparant l’assentiment royal sur la Loi sur le cannabis et l’ouverture de la vente au détail, le manque de ressources pour surveiller l’application du code de la route et de fonds pour faire des campagnes d’éducation.


« Alors que la légalisation se rapproche, aucune technologie n’a été approuvée pour mesurer la consommation des conducteurs, de dire le premier ministre du Manitoba Brian Pallister. Nous avons actuellement des jeunes hommes qui conduisent alors qu’ils sont gelés et ils mettent leur vie et celle des autres en danger. [...] Il faut développer des initiatives d’éducation. Il n’est pas trop tard pour avoir une meilleure structure coordonnée pour tout ça. Nous demandons au fédéral de faire sa part et nous devons faire la nôtre aussi. Ce dossier va être sur notre table pour plusieurs années. »

Économie
Interrogé sur le dossier majeur de la Conférence, le premier ministre des Territoires du Nord-Ouest Bob McLeod a parlé d’économie. « Nous sommes préoccupés par le fait qu’en termes de produit intérieur brut, nous avons baissé d’un milliard de dollars depuis 2017, a dit M. McLeod. Nous avons parlé du besoin d’accès à des marchés et de diversifier notre économie. »


Les premiers ministres de l’Ouest et du Nord se sont engagés à poursuivre la promotion des intérêts de leur région auprès de leurs homologues américains et à ce que ces intérêts soient protégés dans le nouvel Accord de libre-échange nord-américain.

Ils ont discuté des moyens de contourner les taxes américaines sur le bois d’œuvre et de soustraire durablement et complètement l’aluminium et l’acier des mesures commerciales de nos voisins du Sud. Une lettre conjointe a été envoyée aux gouverneurs de l’ouest des États-Unis pour souligner les pertes d’emplois qui pourraient découler de ces mesures commerciales, ainsi que des tarifs douaniers sur l’uranium et la pâte à papier.
Pour ce qui est de l’assurance-maladie, les premiers ministres demandent à Ottawa de leur procurer un financement adéquat et à long terme, prenant en considération l’augmentation du cout de la vie. Ils s’inquiètent du déclin des transferts fédéraux en matière de santé.


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