Confessions au NACC : Sortir du placard de son père

Alison Wearing sur scène lors de Confessions of a Fairy's Daughter au NACC
(Crédit photo : billbradenphoto/courtoisie NACC)

Alison Wearing sur scène lors de Confessions of a Fairy's Daughter au NACC (Crédit photo : billbradenphoto/courtoisie NACC)

Alison Wearing a présenté Confessions of a Fairy’s Daughter au NACC, le 13 mai. Une pièce intime, qui raconte son histoire : celle d’une jeune fille qui grandit avec un père qui sort du placard dans les années 80.

Sur la scène, des photos de famille sont projetées. Dans la salle, on entend des airs de piano, composés par ses parents. Alison Wearing crée un lien intense avec son auditoire. Elle relate son enfance, des anecdotes de sa vie familiale, des arômes de croissants à la maison. Et le moment où elle apprend que son père est homosexuel.

Une histoire personnelle, mais qui est, à son avis, avant tout universelle puisqu’elle touche quelque chose de plus grand que son histoire à elle.

« La petite vie de mon père, la petite vie de ma famille, est une illustration de ce qui est arrivé à travers le pays », dit-elle. Le pays sortait du placard à cette époque.

« J’ai su, pendant toute ma vie d’écriture, que j’allais éventuellement raconter cette histoire. Je le savais. »
Lorsqu’elle est prête à enclencher le processus, cinq semaines s’écoulent entre le moment où elle présente l’idée à son directeur et la première représentation.

Mexique, mars 2011
Le père d’Alison Wearing assiste au spectacle. « C’est une histoire un peu compliquée, mais il me visitait au Mexique à ce moment-là, et nous faisions ce spectacle. Il n’était pas entièrement content à vrai dire. C’était un spectacle beaucoup plus court, d’une quinzaine de minutes et ça avait un ton légèrement différent je dirais. » La pièce, à cette époque, abordait davantage la colère qu’elle vivait, adolescente. Ce qui a mis son père mal à l’aise.

« Après [la première], dans le lobby, les gens venaient le voir, ils étaient tellement contents, et avaient aimé, donc ça a changé son impression de la pièce. Il avait peur que les gens le perçoivent comme une personne horrible, d’avoir fait passer sa famille à travers quelque chose comme ça. » La réponse du public a contredit les attentes du papa.

À la suite de cette représentation, Alison Wearing continue à développer le script et consulte son père sur certains aspects. « Je ne lui ai pas demandé la permission, mais je lui ai demandé la tournure de certaines conversations, et ce qui s’était passé de son point de vue », précise-t-elle.

Faire la paix avec le passé
La mère d’Alison a elle aussi vu la pièce à quelques reprises. « Ce n’est pas facile pour elle de la voir, et je ne dirais pas qu’elle l’aime, mais elle sait que c’est vrai. La deuxième fois qu’elle l’a vue, elle vendait mes livres à la fin du spectacle. C’est une personne d’une grâce extraordinaire, et ça a été difficile pour elle, mais ça a aussi été vraiment curatif. Pour la première fois, ils sont devenus amis en 30 ans. »

Elle relate que ce renouement arrive au même moment qu’elle réalisait son projet. « Je ne sais pas quelle connexion il y a à faire entre les événements, de dire Alison Wearing, qui trouve intéressante cette succession d’événements. Je pense que ça a tout déterré et que ça a été une occasion de revisiter toute l’histoire. Peut-être qu’en voyant l’histoire de mon père... je ne sais pas pourquoi... ma mère a laissé aller quelque chose. Un sentiment de pardon est apparu. »

Secrets de famille
La chose la plus difficile pour Alison a été de grandir dans une société qui n’acceptait et ne célébrait pas son père. D’avoir à garder le secret.

Dans Confessions of a Fairy’s Daughter, elle aborde cette question du secret, en racontant l’histoire d’une amie avec qui elle a grandi, dont le père s’engageait dans des relations extraconjugales.

« Elle a eu une expérience plus difficile, parce que c’est encore un secret dans leur famille, ce qui est arrivé [...]. Notre famille est sortie du placard, la sienne ne l’a jamais fait. » Cette toxicité du secret, selon l’artiste, est sous-estimée.

Alors que le père d’Alison était en quelque sorte « démonisé » initialement, parce qu’il est sorti du placard, le père de son amie était en apparence un bon citoyen dans la communauté, respecté et l’est demeuré toute sa vie. Elle mentionne qu’en sortant du placard, son père leur a permis de vivre et d’accepter la vérité. Ce à quoi son amie n’a pas pu accéder.


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