Santé publique : Sexuellement parlant

08 décembre 2016

À la suite de la journée mondiale du sida, le 1er décembre dernier, l’administrateur en chef de la santé publique au GTNO, Dr André Corriveau fait état de la situation en matière de santé sexuelle aux Territoires du Nord-Ouest.

Dr André Corriveau affirme que peu de personnes vivent avec le VIH aux Territoires du Nord-Ouest. « La majorité sont des gens qui connaissaient déjà leur statut [avant de venir] travailler [ici]. [...] Même si on ne peut pas éliminer le virus complètement pour l’instant, les traitements sont très efficaces si les gens peuvent tolérer les médicaments et s’il n’y a pas de résistance qui se développe [...] », explique-t-il.


Selon le spécialiste, on retrouve toutefois les plus hauts taux pour la gonorrhée aux TNO, comparativement au reste du Canada, ainsi que de nombreux cas de chlamydia.


Dr Corriveau explique que normalement, le test pour le VIH est recommandé aux personnes qui reçoivent un diagnostic d’infection transmise sexuellement, parce que le facteur de risque est semblable. « C’est une façon qu’on a d’encourager les gens de se faire dépister ». Le test pour le VIH est aussi offert lors des examens de routine pour la grossesse; il estime que 99 % des femmes acceptent de participer.


« Il y a eu un relâchement en faveur des pratiques sexuelles à risque dans les dernières années. Il y a des augmentations, par exemple, de la syphilis un peu partout au Canada. Il y a eu une grosse éclosion au Nunavut dans la dernière année, en Alberta, en Saskatchewan, alors ce sont des comportements qui augmentent les risques pour le VIH aussi », précise-t-il.


Pour ce qui est de la prévention, il croit qu’il faut ajuster les messages aux nouvelles générations : « Les messages deviennent périmés, c’est pour ça qu’on a mis beaucoup d’efforts à [soutenir] le travail de Foxy, parce que c’était une nouvelle approche auprès des jeunes qui semble avoir un impact. » ?

Prévenir par les arts
L’organisme Foxy facilite la discussion en matière de santé sexuelle auprès des jeunes par les arts, du théâtre aux arts visuels, en passant par la photographie et la musique. Le programme vise les 13 à 17 ans, mais il est déjà arrivé à l’organisme d’adapter ses services pour les plus jeunes et les plus vieux. Foxy recevait d’ailleurs, en 2014, le prix de l’Inspiration de l’Arctique et une bourse d’un million de dollars pour développer son projet.


Lorsqu’interrogée sur les campagnes de sensibilisation concernant la santé sexuelle aux TNO, la directrice de Foxy, Candice Lys, affirme que les campagnes de marketing social peuvent être très coûteuses et remarque que les programmes de proximité auprès des jeunes donnent de meilleurs résultats.


Différences avec l’Alberta
De l’avis du Docteur Corriveau, qui a travaillé pendant trois ans en Alberta, la santé publique aux TNO a une meilleure connaissance de la réalité puisque la population ténoise est beaucoup plus petite.


« Le travail d’offres de dépistage est d’une façon plus facile, parce qu’on est plus proche de la population dans les collectivités, [en comparaison avec] une grosse province. C’est peut-être un facteur qui nous aide à avoir un meilleur contrôle de la situation. On a des infirmières de santé publique dans toutes les collectivités, [elles] connaissent leurs populations, [...] et dans les petites collectivités, il y a des [représentants en santé communautaire] qui travaillent avec leurs infirmières. Ils connaissent leur monde et les gens peuvent avoir accès au service sans prendre de rendez-vous, le contact est plus facile avec la population. »

Services pour les personnes séro+
Une personne nouvellement diagnostiquée recevra initialement ses traitements en clinique spécialisée à Edmonton ou avec un spécialiste venu sur place. Le suivi est effectué par un médecin de famille aux TNO. « Malheureusement, on avait un médecin spécialiste qui a quitté Yellowknife il y a deux ans, on fait désormais affaires avec des spécialistes de l’Alberta. »


De plus, le Pozitive Living Group au Rainbow Youth Centre permet aux jeunes et aux adultes de discuter de leur santé sexuelle et de « désapprendre les préjugés », comme l’indique son site Web.


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