Mine Giant : Retombées économiques imprécises

Natalie Plato et Aaron Braumberger. (Crédit photo : Denis Lord)

Natalie Plato et Aaron Braumberger. (Crédit photo : Denis Lord)

La construction d’une nouvelle usine de traitement d’eau est nécessaire.

Alors que l’équipe du projet d’assainissement de la mine Giant rencontrait jeudi les citoyens au centre du Patrimoine septentrional Prince-de-Galles pour présenter son plan de remise en état du site de la mine, la question de la part ténoise des contrats et emplois a attiré l’attention.


Le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly, a manifesté son étonnement qu’étant donné l’ampleur du chantier, un des plus gros jamais entrepris aux TNO, aucune cible et directive précises ne soient identifiées en termes d’emplois et des contrats pour les Autochtones et les gens du Nord.


Invitée à commenter ce dossier, la présidente du Comité de surveillance de la mine Giant, Kathlen Racher, considère que rendu à ce stade, on se serait effectivement attendu à ce que l’équipe du projet ait fixé des cibles. « Notre compréhension est qu’ils font des efforts », a-t-elle précisé.


Le chef de recrutement du projet, Aaron Braumberger, ainsi que le gestionnaire de projets pour Services publics et approvisionnement Canada, Brad Thompson, ont assuré que ces doléances étaient prises en considération. Selon la documentation fournie, à ce jour, 47,5 % des 169 M$ dépensés en contrats à la mine Giant ont été attribués à des entreprises autochtones. C’est la compagnie californienne Parsons qui est chargée des travaux, avec un contrat de 32 M$ valide jusqu’en 2020.

Échéancier
Le travail d’assainissement devrait être terminé vers 2032. Les 85 bâtiments auront alors étés démolis. Les parties contaminées à l’arsenic seront enfouies et congelées sur place avec les 237 000 tonnes de trioxyde d’arsenic, pour cent ans, à moins qu’une meilleure solution ne soit trouvée d’ici là. Une superficie non déterminée du site actuel de 900 hectares restera grillagée, avec un accès restreint. On y retrouvera la nouvelle usine d’eau, les thermopompes qui serviront à garder l’arsenic congelé et un garage pour le matériel d’entretien. L’identité de la firme qui sera chargée de la surveillance de ce site, y compris l’eau et l’arsenic, n’est pas encore connue.


Plusieurs travaux seront nécessaires avant d’en arriver là, parmi lesquels le traitement de l’eau est une priorité. Pour toute opération dans ce domaine, l’équipe du projet d’assainissement de la mine Giant doit préalablement obtenir un permis d’utilisation de l’eau de l’Office des terres et des eaux de la vallée du Mackenzie.


« Nous avons besoin d’autres permis, dont un permis de développement de la ville, explique Natalie Plato, mais le défi, c’est le permis d’eau. Nous visons janvier 2019 pour soumettre la demande. Nous pompons et traitons continuellement l’eau de la mine, parce qu’elle est contaminée. Actuellement, nous faisons ça sans permis. »


Il y a déjà une usine de traitement d’eau sur le site, mais l’équipe du projet en construira une de qualité supérieure qui servira notamment à traiter l’eau de la mine pour la relâcher ensuite dans la baie Back. Le ruisseau Baker, qui se jette dans la baie Back vers le Great Slave Sailing Club, pose d’autres défis. « On nous a demandé de déplacer le cours d’eau hors du site lors des évaluations environnementales, explique Natalie Plato, mais tous nos partenaires et intervenants trouvaient que c’était une très mauvaise idée. »
Toutes les eaux de ruissellement doivent aussi être collectées et traitées.

Santé
Selon un rapport du gouvernement canadien rendu public en janvier 2018, les risques de cancer pour la santé humaine associés à l’arsenic et à d’autres contaminants de rejets passés dans la région de la mine Giant « sont de faibles à très faibles, ce qui correspond aux risques d’un tomodensitogramme complet du corps ou à des radiographies dentaires ».


Une autre étude est en cours à Yellowknife, N’dilo et Dettah, au cours de laquelle l’équipe du docteur Laurie Chan, de l’Université d’Ottawa, collecte des échantillons (salive, urine, etc.) humains pour déterminer l’exposition aux contaminants, dont l’arsenic. « Nous avons examiné environ 900 personnes jusqu’à présent, précise Natalie Plato, sur un objectif de 2000. »


La présidente du comité de surveillance de la mine Giant, Kathleen Racher, dit que son équipe apprécie la qualité des gens qui font des évaluations. « Nous avons écrit, rappelle-t-elle, des lettres à l’équipe du projet d’assainissement sur l’évaluation des risques pour la santé au fur et à mesure que l’information était disponible et nous trouvons que leur travail est bien fait. Notre seule préoccupation est sur la manière dont l’information est communiquée. Quand les gens entendent dire qu’il y a une étude sur la santé, n’importe quoi avec santé dans le titre, ils font des suppositions sur ce que ça veut dire, sur ce que ça signifie quant à leur santé individuelle, et ce n’est pas le but des études. Il faut comprendre les attentes du public. Ce n’est pas facile. Nous avons encouragé l’équipe à faire attention à leur communication des résultats d’études. »


Le Comité de surveillance de la mine Giant terminera en avril son rapport annuel 2017, où les problématiques de santé et d’environnement seront abordées. Une assemblée suivra à la mi-mai, où le comité échangera sur son rapport annuel avec le public et partagera ses recommandations et ses impressions sur la progression du projet d’assainissement.


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