Prendre sa retraite aux Territoires du Nord-Ouest : Qui suis-je et qu’est-ce que je veux?

Lise Picard. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Lise Picard. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Questions existentielles qui se posent lors du passage à la retraite! La Franco-Ténoise Lise Picard partage son expérience, à la lumière de ces questions.

 
C’est en 2013 que Lise Picard prend sa retraite du ministère du Patrimoine canadien, alors qu’elle est gestionnaire du bureau de Yellowknife. Alors qu’elle se demande quand serait le bon moment pour partir à la retraite, son mari reçoit une offre pour un contrat à l’étranger. Un élément déclencheur pour elle, de se dire : « OK, je prends ma retraite. »


Sans cela, elle se demande si cette décision avait été aussi simple. Mme Picard raconte que certaines personnes mettent des années à se décider. Pour d’autres, c’est planifié; les projets sont clairement définis. « J’étais un peu contente d’avoir eu ce coup de pied-là, ça m’a forcé à prendre ma décision et partir. »
 
Question d’identité
La Franco-Ténoise fait remarquer que dans la société actuelle, nous nous identifions énormément à notre travail. La première question que les gens posent c’est : qu’est-ce que tu fais? Elle observe que « si tu dis : Je ne fais rien, je suis à la retraite », certaines personnes ont des réactions inintéressées. Elle-même s’est posé la question : qui suis-je sans mon travail?


« Parce que quand tu as travaillé toute ta vie, le travail a pris beaucoup d’espace dans [ta] tête et dans [ton] énergie, dans tout ce [que tu fais]. »


Elle raconte que même lorsqu’elle voyageait, elle était à l’affut de nouvelles approches pour ses programmes. « Ce n’est pas ta raison d’être, mais pas loin. Et tu n’as plus ça. C’était ton lieu social aussi [...], tu vis avec ces gens-là pendant tant d’années. Ça ne devient pas ta deuxième famille, mais presque, tu partages beaucoup de choses avec eux. »


La question d’identité se vit aussi dans le corps. « Nos corps changent, mais notre tête ne change pas. » Elle donne en exemple une femme qui lui disait avoir le sentiment de vivre dans un corps de 80 ans, avec la tête d’une personne de 39. « Ça, c’est la vie. Il faut que tu t’adaptes... Tu as des petites choses [dont] tu dois faire le deuil », ajoute-t-elle.
 

Établir ses priorités
Mme Picard explique que « ce n’est pas parce que tu es à la retraite que tu peux te permettre de laisser tomber des choses quand tu les commences ». C’est d’ailleurs quelque chose dont elle se méfie; elle souligne l’importance, pour elle, d’établir un horaire et des priorités. L’une de ses priorités est de se mettre en forme.
Un nouveau sens aux « Qui suis-je? » et « Qu’est-ce que je fais? ».


« À tous les jours, je vais au yoga, et j’essaie de faire du ski, un sport, une heure ou une heure et demie par jour. »
« Dans mes priorités, je mets aussi une certaine flexibilité parce que je veux m’occuper de ma famille. J’ai une petite fille, si j’étais [débordée] dans mes activités, je ne pourrais pas rendre service. »


Elle réussit à jongler avec son implication dans le marché fermier de Yellowknife, dans la chorale et dans les écoles, auprès des jeunes, en alphabétisation.


« Souvent, toi-même, il faut que tu te rappelles tes priorités », admet-elle.
 
Côté économie
Elle considère que lors de l’adaptation à ce nouveau style de vie, on est appelés à changer nos habitudes d’achat; toutefois comme ancienne employée au gouvernement fédéral, elle se considère chanceuse côté pension. « C’est un cadeau, et je pense que c’est un petit peu pour ça qu’on va participer à des conseils et qu’on essaie de redonner à la communauté parce que vraiment, on est chanceux ».


« Tu as finalement acquis, obtenu ce que tu as besoin, tu as une maison, tes enfants sont élevés, les universités sont presque finies, tu peux faire autre chose qui ne t’oblige pas à avoir un revenu pour subvenir à tous ces besoins-là. Tes besoins sont différents. »


« La plupart des gens quittent [les Territoires du Nord-Ouest], je ne pense pas nécessairement pour des questions financières, mais parce qu’ils sont tannés de l’hiver. Quand tu prends une retraite beaucoup, de gens à qui je parle, ils s’en vont. Ils ont vécu le trip du Nord. »


Pour l’instant, Lise Picard demeure quant à elle dans le Nord, auprès de sa famille.


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