La fiche santé : Prévention du suicide

Jessica Nadon est intervenante de première ligne à Whitehorse, au Yukon. Elle a offert une formation sur la prévention du suicide aux résidents de Yellowknife, grâce au financement de Réseau TNO Santé en français.

« On ne parle pas assez du suicide », explique la formatrice. Parmi les faits saillants qu’elle énumère, elle mentionne qu’il s’agit de la neuvième cause de décès au Canada. Pour chaque suicide fatal, on compte jusqu’à 20 tentatives. « La personne suicidaire veut cesser de souffrir, et non mourir. En fait, la personne suicidaire est ambivalente quant à son désir de vivre et à son impossibilité à continuer de souffrir », explique Mme Nadon.

À faire et à ne pas faire
Ce qu’il ne faut pas faire quand un proche vit des pensées suicidaires, peu importe la phase : ne pas la mettre au défi, ne pas minimiser sa souffrance, ne jamais ignorer les signes précurseurs ou attendre que la personne aille mieux, ne pas juger. Il faut plutôt être disponible pour la personne, être empathique, impliquer ses ressources personnelles et professionnelles, rester calme, encourager et aider la personne à exprimer ses émotions, lui rappeler les points positifs. Souvent, la personne ne voit plus que le suicide dans son champ de vision, alors l’aider à prendre du recul en lui permettant de revoir d’autres éléments qui n’étaient plus dans son champ de vision est positif.

Il faut parler de suicide aussi. « Utiliser le mot suicide peut avoir un effet rassurant, explique l’intervenante, puisque la personne perçoit que l’on n’a pas peur de parler ouvertement. Cela peut aider à créer un climat de confiance.

Il faut également encourager la personne à trouver ses propres solutions, car elle doit reprendre le contrôle de sa vie et réaliser par elle-même que le suicide n’est pas la seule solution pour mettre fin à ses souffrances ». Elle met également l’accent sur l’importance d’effectuer un suivi auprès de la personne et de maintenir le climat de confiance.

Le COQ
On peut évaluer l’urgence suicidaire en demandant à la personne si elle a un plan : Comment? (la façon de le faire), où? (le lieu) et quand? (le moment). Une personne qui a un plan de suicide doit recevoir de l’assistance dans l’immédiat. L’intervenante affirme également qu’il vaut mieux demeurer vigilant, puisqu’une situation peut évoluer rapidement. Dans tous les cas, alors qu’une personne vit avec des pensées suicidaires, que ce soit dans la phase de détresse ou dans la phase de cristallisation, il faut mettre en place des moyens concrets avec elle pour diminuer sa détresse. En cas de doute, il vaut mieux communiquer avec les services d’urgence ou auprès d’un centre de prévention du suicide : 1-866-APPELLE.

Et pour ceux qui aident?
« Si vous avez été confronté(e) à une personne à risque suicidaire, peu importe le niveau de l’urgence suicidaire, et même si l’intervention a très bien fonctionné, vous devez obligatoirement ventiler. Il ne faut jamais rester avec cela. On doit évacuer. Trouvez une personne en qui vous avez confiance ou appelez une ressource comme le centre de prévention du suicide (1-866-APPELLE) pour parler avec un intervenant. Il s’agit d’un processus obligatoire et surtout très important. On doit être en santé pour pouvoir aider! », conseille Jessica Nadon.


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