Nunalivut 2017 : Plonger dans Parry

Dernier topo avant la première plongée de l’opération Nunalivut 2017. (Crédit photo : Nicolas Servel)

Dernier topo avant la première plongée de l’opération Nunalivut 2017. (Crédit photo : Nicolas Servel)

Des plongeurs venus de partout au Canada peaufinent techniques et connaissances en matières d’interventions sous-marines dans le canal de Parry en Extrême-Arctique.

Outre la surveillance et la valorisation de la souveraineté canadienne du Haut-arctique, l’opération Nunalivut est l’occasion d’améliorer la capacité des Forces Armées Canadiennes (FAC) à opérer dans des conditions extrêmes, de cultiver la coordination et la collaboration dans le cadre des opérations pangouvernementales, et de faciliter l’interopérabilité avec leurs partenaires de mission pour assurer l’efficacité maximale des interventions en cas de problème de sécurité dans le Nord.

Composer avec les éléments
Le plus grand défi est de s’adapter au climat et au froid, pour effectuer des missions dans des conditions très difficiles et souvent imprévisibles, en particulier en ce qui concerne l’équipement, la logistique et « les petites choses » qui demandent plus de temps à réaliser dans l’Arctique.

« Que fait-on si on arrive sur place et que la corde d’extension se brise parce qu’il fait -50 degrés ? Il faut penser à comment alimenter le générateur et comment connecter le reste de notre équipement (comme l'air comprimé), juste à cause d’un maillon de la chaîne qui est brisé », expose le lieutenant Samuel Mercier de la Marine royale canadienne (MRC) qui supervise l’exercice.

Durant les 17 jours de l’opération Nunalivut, les plongeurs n’en passeront que 4 sous l’eau, car comme le rappelle, le lieutenant « partir d’ici est aussi difficile que d’y arriver ». Une fois sur le terrain, il aura notamment fallu 5 heures pour percer l’ouverture à travers 1,5 mètre de glace qui recouvre le canal de Parry au large de Resolute Bay.

Mise au point par Recherche et Développement pour la Défense Canadienne, une perforatrice à injection d’eau chaude est devenu l’outil de prédilection pour ces interventions. La perforatrice à glace fait fondre la neige et chauffe l’eau ainsi produite à haute température, grâce à une grande chaudière. L’eau chaude est ensuite pompée vers la tête de forage par un tuyau souple puis expulsée par des trous dans la tête de forage, créant des fentes étroites dans la glace. C’est ainsi que sont créés de gros blocs de glace qui s’extraient rapidement.

Enfin sous l’eau
Après des mois de préparation et plusieurs jours pour acheminer les troupes et leur équipement au large de Resolute Bay, les plongeurs ont enfin pu se jeter dans une eau cristalline, qui fait à peine 1 degré. Grâce à des combinaisons de plongée spécialement adaptées au froid, de l’air comprimé alimenté depuis la surface, les plongeurs peuvent rester sous l’eau durant de longues périodes. Mais pour cet exercice, leurs immersions s’échelonnaient par des rotations d’une vingtaine de minutes.

« À 1 degré, il est presque mieux d’être dans l’eau qu’à l’extérieur, plaisante Jon Flemming de l’unité de plongée de la GRC. C’est la première fois pour ma part que je plonge dans l’Arctique, et même si la glace au dessus de nos têtes peut être intimidante, c’est une expérience incroyable au vue de toute la logistique, de l’équipement et des hommes qui sont mobilisés. »

Travailler ensemble
Au total, 29 plongeurs issus de différentes unités se prêtent à l’exercice. Quatorze d’entre eux sont des militaires de l’Unité de plongée de la Flotte Atlantique de la MRC basés à Halifax, 5 sont des plongeurs de combat et 10 font partis de l’Unité de plongée de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), venus de partout au pays.

Quatre types de plongeurs participent à l’opération Nunalivut 2017 avec des missions variées allant de la reconnaissance d’objectifs aux missions d’investigation, à la destruction de cible ou d’opérations de déminage, en passant par l’exécution de tâches d’ingénierie navale.

Si les mandats sont différents, il est nécessaire pour le bon déroulement des opérations que les différentes unités soient capables de travailler ensemble et d’apprendre les techniques des uns et des autres, afin de répondre efficacement à des situations d’urgence.

Le lieutenant Samuel Mercier avance que la GRC et les FAC s’entraînent ensemble tout au long de l’année mais que l’opération Nunalivut est l’occasion d’apprendre à travailler en coopération [dans des conditions extrêmes] : « Si on a besoin de refaire une intervention on a déjà une connexion, on se connaît et on est capable de préparer notre équipe et d’aller faire la mission ».


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Changer de ville
Sondage
L'Aquilone, 5 publications au féminin! Comment avez-vous réagi au changement de nom de L'Aquilon durant le mois de mars?

Voir tous les résultats des sondages