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Voler au secours d’Haïti : Pilote à la rescousse

Favori Impression :: Pilote à la rescousse Maxence JailletMaxence Jaillet
Paru le 11 février 2010
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Gilles Pucheu
Gilles Pucheu

Un des pilotes d’avion Hercules de la compagnie First Air raconte sa participation à l’aide humanitaire fournie récemment à Haïti.

La compagnie canadienne First Air possède deux avions Hercules. Récemment, elle les a envoyés en mission à Haïti pour répondre à l’urgence humanitaire à la suite du tremblement de terre du 12 janvier dernier. Employé de First Air depuis 2006, Gilles Pucheu était le copilote de l’équipe de nuit de cette mission. Français d’origine et ayant immigré au Canada depuis plusieurs années, M. Pucheu prétend que pour lui, ce n’était pas une question de choix de participer à l’effort humanitaire, mais que c’était tout bonnement son travail. « Ça fait partie de notre travail, alors on ne rechigne pas, dit-il. Ce sont d’autres régions, un type de vol bien différent de l’Arctique, et des zones à plus haute densité de trafic. Donc, c’est aussi un travail intéressant et une expérience non négligeable. » Il ajoute néanmoins que toute personne impliquée a un rôle notable et que le succès d’une telle mission repose sur le sérieux et la prise de conscience de la situation de chacune des personnes impliquées à tout niveau, à tout échelon. « Il n’y a pas que ceux au cœur de l’action, que ceux qui vont déblayer une personne des éboulis qui seront les personnes les plus efficaces. Ils ne peuvent pas accomplir leur travail s’ils n’ont pas eu les moyens d’arriver sur place d’une manière efficace, si leurs équipements, leurs matériels de secours n’ont pu suivre et s’ils n’ont pas eu les informations les plus exactes et les plus précises. » Il signale que tout le monde a un rôle, qu’il faut le respecter et qu’il ne faut pas marcher sur les pieds de l’autre. Cet ancien secouriste de haute altitude admet cependant que s’il avait été immobilisé à Haïti pour quelconque raison technique, il n’aurait pas hésité à se porter volontaire pour intervenir directement sur le terrain.

Affecté au travail de nuit, Gilles Pucheu avoue qu’il n’a pas eu l’occasion d’apercevoir les alentours de la région. « C’est structuré d’une manière telle que nous restons à l’aéroport, à proximité de l’avion. C’est possible de se dégourdir les jambes, et puis c’est tout. Le reste du temps, c’est d’aller au plus vite possible, décharger l’avion, libérer la place, pour que d’autres appareils puissent arriver et faire de même. »
Selon le pilote, l’avion Hercules est très sollicité dans ce type de soutien à une mission humanitaire. « Dans des situations pareilles, il faut du matériel de secours assez rapidement, et avant qu’un bateau puisse arriver avec de l’équipement, ça demande des délais, d’une part, et d’autre part, il faut pouvoir recevoir ces navires d’une manière efficace. » Il mentionne que dans le cas d’Haïti, le port a été endommagé par le séisme et qu’il était donc normal que l’aide arrive par voie aérienne en provenance des États-Unis. « Ce serait ridicule de traverser un océan pour pouvoir fournir la demande là-bas. Nous faisions donc des allers-retours, île-continent. »

Gilles Pucheu ne peut pas juger de la qualité de cette intervention. Il prétend que si cela s’est bien passé de son côté, ça ne veut pas dire que ça ne va pas mal 20 mètres plus loin. « Pour pouvoir la qualifier, il faudrait vraiment faire partie des Nations Unies, et faire partie de tous les comptes rendus de mission qu’il y aura par la suite. »

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