La télévision française dans une école anglaise : Pétition à Inuvik

30 juillet 1999
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La pétition est d'autant plus originale puisque ce sont des parents, pour la majorité des anglophones, qui l'ont appuyée. C'est le professeur de français de l'école Sir Alexander MacKenzie, Steve MacFadyen, qui aurait commencé à la faire circuler.

Elle indique clairement que les parents souhaitent pouvoir capter les ondes d'un poste de télévision en français à l'école. Toutefois, aucun poste spécifique n'a été mentionné.

Malheureusement, l'enseignant n'a pu être rejoint puisqu'il est actuellement en vacances aux Maritimes. « Je lui ai dit que ce serait une bonne idée d'envoyer une pétition pour avoir la télé en français à Inuvik », a expliqué Denis Savoie, un francophone résidant à Inuvik lors d'une entrevue téléphonique.

Selon lui, les services en français sont quasi-absents de la municipalité. « Au lieu d'acheter 15 000 dollars de livres, ce serait plus utile de dépenser 2 500 dollars pour pouvoir capter un poste à Inuvik », a-t-il souligné.

La pétition indique le souhait des parents de capter un poste de télévision en français pour pouvoir mieux élever leurs enfants dans cette langue. « Nous croyons fermement que nos enfants apprendront mieux le français s'ils sont exposés à la langue et à la culture. »

Deborah Prince, la directrice adjointe pour l'administration scolaire de district d'Inuvik, a rédigé la pétition à la demande de Steve MacFadyen. Ses parents sont d'origine québécoise et elle est bilingue. Elle souhaite que sa fille puisse un jour parler le français. Son seul recours à la langue pour l'instant est de le parler à la maison, ce qui insuffisant, selon elle.

« J'aimerais que ma fille apprenne le français comme il le faut. Cela l'aidera au cours de sa vie », a-t-elle indiqué. Toutefois, elle ne s'étonne pas que des parents, pour la majorité anglophone, aient pu pousser le français au sein de leur école. « C'est une des deux langues officielles du pays. Les jeunes aujourd'hui en ont besoin », a-t-elle expliqué.

Quant à Denis Savoie, il enverra son fils à l'école française à Calgary l'année prochaine. En plus d'y apprendre le français, il y rejoindra sa mère.

« À l'école il parle un petit peu en français, mais c'est en anglais à plein temps », a-t-il souligné. Il a également indiqué qu'il regarderait bien la télévision si elle lui était accessible dans la langue de Molière. La pétition a été remise au bureau de la Fédération Franco-TéNOise à Yellowknife. Il reste à savoir quel impact aura la pétition sur l'avenir du français dans cette école. Le dossier reste à suivre.