On the Land : Partager la vie, le territoire et les traditions

Le photojournaliste Pat Kane (Crédit photo : Sandra Inniss)

Le photojournaliste Pat Kane (Crédit photo : Sandra Inniss)

L’exposition photo On the Land de Pat Kane, inaugurée le 13 janvier, témoigne de l’importance de protéger la terre et les traditions des collectivités ténoises. Des images qui transmettent une connexion spéciale avec le territoire.

L’expression « On the Land » n’était pas utilisée par les collectivités du Nord par le passé. C’était une chose qui allait de soi. « Ça fait partie du colonialisme et du style de vie des colons de catégoriser les choses d’une telle manière...  Ici c’est la collectivité, là-bas c’est le territoire », raconte le photojournaliste Pat Kane en entrevue à l’Assemblée législative des TNO, où son travail est exposé.

De septembre 2015 à août 2016, il parcourt les collectivités de Fort Providence, Fort Simpson, Jean Marie River, Kakisa et Lutsel K’e pour documenter la vie dans le bois. Plusieurs de ses séjours se déroulent dans des campements, hors des collectivités, et inclus des expéditions en bateau parcourant le fleuve Mackenzie.

En partenariat avec l’organisme Tides Canada, l’objectif est de documenter ces régions protégées. « Je veux présenter non seulement les paysages, mais également l’histoire que [les collectivités] veulent transmettre. Ces régions sont importantes parce qu’elles comportent des lieux spirituels, des cimetières et des lieux où l'on pratique la chasse depuis des siècles », explique l’ancien de Up Here Magazine.

Une question de respect et d’implication
« Je ne veux pas être un photographe de passage, pour ne plus jamais faire partie de la collectivité après. Je ne pense pas que c’est bien [de faire ça] et je sais que beaucoup de journalistes du sud viennent ici et le font. Ça me dérange beaucoup, que [l’objectif de certains d’entre eux soit] de seulement venir s’approprier les histoires ».

Concernant l’exposition, il souhaite clarifier qu’elle n’est pas à propos de lui et son travail. « Je veux montrer mon travail pour que le public comprenne mieux les histoires des collectivités. J’espère que ça inspirera des personnes à aller de l’avant, à se rendre dans les collectivités, à s’engager auprès des personnes dénées et autochtones, à écouter, apprendre et essayer de respecter et d’honorer d’autres styles de vie. Je pense que ça m’a rendu beaucoup plus humble dans mon travail », confie Pat Kane.

Il espère aussi que les photos seront utiles aux collectivités tant pour leur marketing, que pour la dynamisation de leurs présentations et de leurs politiques.

Récit de la chasse d’automne
La collectivité de Kakisa reçoit le photographe à l’automne 2015, lors d’un séjour de chasse à l’orignal. Anita Chicot, la femme du Chef de la collectivité fait partie du groupe : « Nous avons un campement, près de Kakisa. Ça s’appelle le Lac Tathlina. Nous avons traité [Pat] comme tout le monde au campement, il était comme l’un des nôtres. Il est allé avec les hommes chasser [...] Chaque voyage en bateau auquel ils sont allés, il était là et il prenait des photos. C’est pour ça qu’il en a pris autant. Je suis, en fait, dans l’une de ces photos habillée en camouflage. Je coupais du bois avec une tronçonneuse [Rires]. Et je ne sais pas ce qui est arrivé, mais je pense qu’en septembre, il y a un blogue basé à New York dans lequel nos photos ont été publiées et j’étais sur la couverture de l’article. Ça s’appelle The Week... C’est incroyable ! ».

Lors de la chasse d’automne, Anita Chicot apprécie cuisiner pour le groupe : « Il y avait plusieurs personnes, environs une quinzaine, dont quelques jeunes. C’était agréable. Ces jours-là me manquent. La chasse d’automne est la plus plaisante [...], c’est tellement beau là-bas. Tout est beau, pendant la chasse d’automne. Tu peux tout entendre parce que c’est tellement paisible. Quand les feuilles tombent des arbres, c’est génial. Vraiment génial ».

Écouter plus que parler
Au cours de la production, Kane s’entretient avec une ainée et lui demande pourquoi elle participe à son projet. Elle lui répond que c’est sa responsabilité dans la collectivité de partager ses histoires et d’enseigner à la prochaine génération.

Dans cette même veine, le documentariste souligne qu’il est important pour les personnes qui viennent s’installer dans le Nord d’écouter les histoires et d’être engagé. « C’est un dialogue et comme colonisateurs, nous devons écouter davantage [...] Il faut reconnaître que nous sommes des invités aux Territoires du Nord-Ouest et c’est important pour nous d’écouter plus que de parler. » Il espère que son projet aura pour effet de rassembler les gens.

L'exposition «On the Land» de Pat Kane est présentée dans le hall de l’Assemblée législative jusqu’au 30 janvier.
ontheland.net


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