Conférence territoriale des enseignants : Partage nordique

 
Sous les auspices du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, l’Association des enseignants des Territoires du Nord-Ouest (NWTTA) a réalisé un travail colossal pour organiser la Conférence des éducateurs ténois à Yellowknife.
Ouverte par Fraser Oliver, président de la NWTTA, cette union sacrée des énergies pédagogiques a pris place sous la bienveillance d’aînés autochtones, les prières partagées et bénédictions de Steven Kafwki, ancien premier ministre des TNO, suivies par les mots d’encouragement et de soutien du ministre de l’Éducation, Alfred Moses. Un partage réalisé dans la grande tradition du Nord, donnant lieu à des échanges d’une belle amplitude.
Deux jours et demi de conférence pour les enseignants résidant à Yellowknife, mais une semaine bien remplie pour nos amis des autres communautés. Des réalités qui se recoupent le temps d’un bonjour, d’un café et d’un atelier, puis une séparation qui laisse des silences et diminue les distances dans la douce profondeur hivernale.

Vérité
La réalité du Nord est bien différente de celle du Sud, mais Marie Wilson, qui a siégé en tant que commissaire à la Commission de vérité et de réconciliation, est venue nous rappeler nos devoirs et soutenir nos efforts. Marie Wilson a partagé sa connaissance des traumatismes vécus par les peuples autochtones de notre pays. En partageant généreusement son histoire, elle a ouvert des brèches, mais aussi renforcé la compréhension des enseignants.
Une grosse partie de la conférence a servi à équiper les enseignants en matériel didactique et en outils pédagogiques. Ainsi, ils ont appris à construire une bande dessinée et à utiliser cette méthode pour enseigner. Ils ont reçu une formation pour enseigner le chant en classe ou encore revoir leurs méthodes en éducation physique. Ils ont aussi pris connaissance d’outils pour accroître la littératie des élèves autochtones et élaborer des ressources qui sont culturellement cohérentes avec l’identité des élèves. Les présentations ont équipé les pédagogues pour contribuer à la transmission des langues et cultures qui sont la voix de notre territoire.
Parce que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais), la conférence a pris soin d’accorder une part importante aux questions de santé mentale chez l’apprenant. Avec son travail directement inspiré sur le fonctionnement du cerveau chez l’enfant, mais aussi l’adulte, Kim Barthel est une thérapeute internationalement reconnue. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages de référence sur les questions de l’attachement, du trauma, de la dépendance, des processus sensoriels, du mouvement et de l’apprentissage. Parler avec le cœur, c’est parler le langage de l’enfant. À partir de cette affirmation qui semble tomber sous le sens, mais qui devait être rappelée, Mme Barthel a commencé ses interventions en rappelant que la relation humaine est au cœur de l’expérience d’apprentissage de l’enfant. Elle a insisté sur le fait que le politiquement correct est quelques fois contre-productif. Elle a très clairement insisté sur le fait que l’authenticité et la sincérité sont de bien meilleurs atouts avec un enfant.
Avec des exemples du monde entier puisés dans une vie des plus intéressantes, elle a amené une dimension internationale à cette conférence qui s’est poursuivie avec d’autres ateliers.
En effet, sans faire de fausse note, l’Association des enseignants des TNO n’a pas oublié d’harmoniser sa partition dans le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, des présentations ont mis l’accent sur la nécessité de former des citoyens impliqués dans leur communauté, mais aussi internationalement. La fondation Aga Khan, par exemple, est venue présenter une ressource appelée : Inspirer une génération à de citoyen globaux. La fondation Aga Khan élabore des ressources pédagogiques en français et en anglais pour amener les bâtisseurs du monde de demain à réfléchir sur leur contribution à notre planète. La fondation reprend les 17 objectifs des Nations unies pour le développement durable à mettre en œuvre au cours des 15 prochaines années : lutte contre la pauvreté, faim, développement de l’accès aux services de santé et accès à une éducation de qualité, pour n’en nommer que quelques-uns.
C’est dans la fierté et la célébration de ses succès que s’est refermée cette fenêtre triennale dans le monde de l’éducation. Richard Van Camp, enfant de Fort Smith, fier membre dogrib (tlicho), conteur et écrivain reconnu mondialement, a rappelé, avec candeur, mais vérité, les défis que vivent les enfants.
Une magnifique occasion de revenir aux essentiels de l’éducation : l’amour et l’authenticité comme outils pédagogiques, la joie comme méthodologie, la créativité pour inspiration et enfin, la patience et l’ouverture d’esprit pour grandir ensemble en harmonie.


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