Course de traineau à chiens : Marcel et ses huit chiens

Marcel Marin gagne le Canadian Challenge en Saskatchewan dans la catégorie des traineaux à huit chiens. (Gracieuseté : JW)

Marcel Marin gagne le Canadian Challenge en Saskatchewan dans la catégorie des traineaux à huit chiens. (Gracieuseté : JW)

Lors du Canadian Challenge en Saskatchewan, à la fin du mois de février, Marcel Marin gagne la plus longue course avec un attelage de huit chiens en Amérique du Nord.

Marcel Marin, Bave, Giant, Keno, Lady, Fador, Ramos, Hero et Loop se reposent, après une course de 140 miles, qu’ils ont accomplie avec un temps de 20 heures 44 minutes.

« Il y a des arrêts obligatoires pour les chiens. Les vétérinaires les regardent, ils les examinent pour être sûr qu’ils sont en forme et peuvent continuer, parce qu’en course, c’est pas mal dur […]. Alors je faisais 70 miles, j’arrêtais pour une couple d’heures et après je faisais un autre 70 miles. »

« On a gagné dans notre classe de huit chiens, mais on a battu une dizaine d’équipes de 12 chiens aussi! », dit-il, fier.

« C’est qu’il me restait six chiens, parce que j’en ai deux qui se sont fait mal, donc je les ai laissés à un checkpoint […]. J’avais gagné la course de huit chiens, il me restait à peu près 80 miles [pour rattraper la catégorie des 12 chiens] et autour de 5 heures du matin, j’ai commencé à [les] rattraper, donc eux avaient six chiens de plus que moi, mais on les rattrapait. » Il est donc arrivé en troisième place dans la catégorie des 12 chiens … avec six chiens.

Né en Abitibi, Marcel raconte être pratiquement né là-dedans.

« Mes parents avaient un gros chenil […] ils avaient à peu près 100 chiens. Ils ne faisaient pas de course ou rien, mais ils avaient des chiens de traineau et tout ça. Et après ça, on a déménagé dans le Nord quand j’étais plus jeune. »

Il vit à Rankin Inlet, au Nunavut, dans sa jeunesse. « J’avais mes chiens, trois chiens, et je trappais avec pour un peu d’argent pour acheter la bouffe pour les chiens. Je trappais les renards blancs et je faisais la chasse aux caribous et tout ça ». Il commence la course lorsqu’il arrive à Yellowknife.

« Je voulais faire des longues distances. C’est plus intéressant. Les sprints, tu fais juste des cercles. » Pour lui, qui est habitué d’aller à la chasse avec ses chiens, il ne voit pas l’intérêt.

« Comme à Rankin, au Nunavut, quand tu pars avec tes chiens pour trois ou quatre jours, des fois deux semaines, tu vas à la chasse aux phoques, aux caribous et tout ça. »

Entrainement

Marcel Marin passe beaucoup de temps sur le traineau et entraine ses chiens chaque jour. « Je vis en dehors de Yellowknife et c’est beaucoup de travail, beaucoup d’entrainements, avoir des bons chiens […], avec ton programme et tout ça. Il faut que tu achètes des chiens de temps en temps, y a beaucoup d’engagements », explique-t-il.

L’entrainement commence au mois de septembre : « Tu commences sur les quatre roues et les chiens tirent pour construire du muscle, tu vas lentement et tu t’entraines, c’est comme n’importe quel sport et après ça, quand la neige tombe, tu commences avec les traineaux. »

Les distances s’intensifient au cours de l’hiver, jusqu’à la compétition. « Je dirais, j’irais pour 100 miles, j’arrêterais pour 6 h dans la forêt, je nourris les chiens, je les repose pour à peu près 5 à 6 heures et après, on le fait encore. »

« Je train des fois jusqu’à Rae...Toutes mes trails sont sur le North Arm. »

Éthique, prendre soin de ses chiens
« Moi j’ai pas de secret. Les vétérinaires aiment mes chiens. Ils sont entrainés proprement et je les garde longtemps aussi. Et après ça, quand vient le temps de la retraite, j’ai du monde qui attendent pour mes chiens, donc ils vont prendre leur retraite sur un divan d’une maison de quelqu’un », dit-il.

« Nos chiens courent pendant 10 ans et après ça, ils sont retraités. La plupart vivent jusqu’à 16 ans, parce que c’étaient des athlètes toute leur vie. Les chiens sont bien en forme et ils ont une bonne vie. »

Alors qu’il mentionne que beaucoup, comme lui, s’occupent bien des chiens, il ajoute : « Y’en a beaucoup que les chiens, c’est juste des machines pour eux autres et ça fait de l’argent, y’ont pas des noms, rien. » À son avis, ce sont des problèmes qu’on retrouve dans tous les sports de compétition du même genre, comme avec les chevaux, par exemple. « Tu as du monde qui sont bons, du monde qui sont mauvais… »

Championnat à Yellowknife
Le Canadian Championship Dog Derby se déroulait à Yellowknife, du 24 au 26 mars. Marcel Marin n’y a pas participé : « C’est un sprint race, moi je fais les longues distances, eux c’est des sprints. Ce [sont] des chiens différents, beaucoup de lévriers et des [braques allemands à poil court] et moi, c’est un peu plus sur le husky. Ce sont différentes catégories. Comme pour les Olympiques, t’as les gars qui courent les marathons et les gars qui font le 100 mètres. C’est comme ça, ce sont différents athlètes, ce sont différents chiens. »

Projet pour l’année prochaine : retourner au Canadian Challenge ou s’il a suffisamment de fonds, refaire la Yukon Quest.


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