Tradition inuvialuite : Les produits ténois reconnus par l’UE

Le hameau de Ulukhaktok (Archives L'Aquilon)

Le hameau de Ulukhaktok (Archives L'Aquilon)

Les touristes provenant de l’Union européenne pourront dorénavant rapporter des produits de peaux de phoque inuvialuits dans leurs bagages.

Les produits conçus avec de la peau de phoque provenant de la région désignée des Inuvialuits pourront accéder au marché de l’Europe, a annoncé le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, le 9 mars.

L’Union européenne a accepté d’émettre une exception pour les produits inuvialuits dérivés du phoque, à la suite de la demande présentée par les Territoires du Nord-Ouest, conjointement avec Pêches et Océans Canada et l’Inuvialuit Regional Corporation. Les Inuits du Nunavut avaient reçu la même exception, il y a un peu plus d’un an.

Selon Jiri Raska, directeur de projets de développement économique pour l’Inuvialuit Regional Corporation, Ulukhaktok est un lieu majeur pour l’artisanat confectionné avec ce matériel, d’autant plus qu’il est vendu aux touristes qui s’y rendent par bateau de croisière.

Grâce au nouvel accord, des produits tels que des manteaux, mitaines et mukluks seront certifiés, et les Européens pourront les rapporter dans leurs valises.

Le PDG de l’Inuvialuit Regional Corporation, Duane Ningaqsiq Smith, relate que la culture traditionnelle inuvialuite exploite le phoque comme source de nourriture, de vêtements et de revenus depuis longtemps.

« En étant reconnus par l’Union européenne, nous pourrons vendre nos produits dans ce nouveau marché, ce qui profitera tant à nos chasseurs qu’à nos artisans. La perspective d’étendre nos efforts de commercialisation des produits dérivés du phoque à l’Europe nous réjouit, et nous sommes prêts à saisir cette occasion. »

Il a témoigné être heureux de voir l’Union européenne respecter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Du côté du GTNO, le ministre de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, Wally Schumann, considère que cette réalisation importante offre un débouché prometteur et apportera un appui précieux aux pratiques culturelles des Inuvialuits. « Nous avons hâte de faire notre place dans ce marché, qui représente la deuxième économie en importance au monde, et d’en faire profiter les chasseurs de phoque et leur famille », a-t-il affirmé.

Le gouvernement a répété à maintes reprises vouloir miser sur le tourisme pour redresser l’économie des Territoires. La possibilité pour les touristes de se procurer un souvenir artisanal inuvialuit lors de leur prochaine croisière dans le passage du Nord-Ouest pourrait contribuer à cette nouvelle avenue économique.

Marché à l’international
Howard Noseworthy est directeur de la planification et du développement à Fur Harvesters Auction Inc., l’organisation qui met les peaux de phoques des chasseurs et trappeurs des TNO aux enchères sur le marché international.

Comme les peaux étaient bannies du marché depuis sept ans, M. Noseworthy affirme qu’il faudra que ce marché reprenne sa place et que des efforts de promotion soient déployés en Europe pour attirer d’anciens ou de nouveaux acheteurs. Il explique qu’il faut également qu’un nombre suffisant de peaux soit disponible pour satisfaire la demande des nouveaux clients.

Bonne nouvelle à son avis : le gouvernement canadien financera des actions de promotion des produits de phoque au cours des prochaines années.

Le prix d’une peau de phoque tournait originalement autour de 50 à 60 $ pour une qualité moyenne et s’élevait à 100 $ pour une qualité supérieure ; le produit aurait maintenant perdu au moins 50 % de sa valeur, à la suite de la prohibition.

En janvier 2017, un rapport de Fur Harvesters Auction Inc démontrait que 42 % des peaux de phoque présentées avaient été vendues lors des enchères, au montant de 19,91 $, pour les peaux de moyenne qualité. Le marché chinois est le plus gros acheteur de ces peaux à l’international, selon le directeur. Toutefois, les Chinois requièrent de grandes quantités, soit environ 10 000 peaux pour les intéresser à s’asseoir à la table et négocier.

Avant la prohibition, le Danemark était également un client. Depuis, ce pays a lui aussi du mal à vendre ses peaux provenant du Groenland, et pour Howard Noseworthy, il reste à savoir si les Danois s’intéresseront à la réouverture de ce marché ténois.
 


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