Budget territorial 2017-2018? : Les députés sur le qui-vive

02 février 2017

Le budget 2017-2018 du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) a reçu un accueil mitigé. Les députés de l'Assemblée législative ont convoqué les médias, à la veille de l'annonce, afin de partager leurs inquiétudes sur ce budget d’austérité.

C’est un budget équilibré qu’a présenté le ministre Robert C. McLeod, le 1er février. Le gouvernement propose un train de mesures financières pour éviter un déficit.

Le cadre budgétaire présenté prévoit même dégager un surplus de 167 millions de dollars. On estime néanmoins que la dette accumulée atteindra près d’un milliard de dollars à la fin de l’année financière.

« C'est un budget prudent, ils font du mieux qu'ils peuvent, mais ils essaient encore d'arriver à un surplus budgétaire pour la fin du mandat, et on ne pense pas que ce soit nécessaire. Nous croyons qu'en temps de ralentissement économique, il vaut mieux investir », a déclaré le député de Kam Lake, Kieron Testart.

Selon la documentation fournie par le GTNO, la stratégie budgétaire vise le retour à « la production d'un petit excédent de trésoreries d'ici la fin de la 18e Assemblée législative ».

En terme d'investissements, M. Testart fait référence, entre autres, à des aides financières pour les entrepreneurs, à la réduction des taxes de 1% pour les petites entreprises et à des incitatifs pour les compagnies d'exploration minières.
« Il y a des bonnes choses dans le budget, je dois être honnête. La mise en place du service 911: il était grand temps que ça arrive. Ça aurait dû être fait il y a longtemps. Et c'est une bonne chose qu'ils investissent dans les initiatives pour l'itinérance, ici à Yellowknife. C'est bien », a pour sa part énuméré le député de Frame Lake, Kevin O'Reilly.

Le député souligne néanmoins l’ampleur des coupes projetées : 150 millions de dollars d'ici la fin du mandat.

« Nous avons demandé un plus grand investissement et plus d'initiatives [...]Des choses comme des sources d'énergies renouvelables et alternatives, plus d'investissements en habitation, la diversification de notre économie ; des choses qui ne sont pas vraiment dans le budget. Ce dont le ministre des Finances n'a pas parlé non plus, c'est qu'il y a environ 65 postes qui seront abolis, résultat de ces budgets. Il y aura des programmes et des services importants qui seront coupés », a-t-il énoncé.

L'abolition de ces postes arrive au moment de fusions de certains ministères. Le ministère des Transports se joint au ministère des Travaux publics et Services, et devient le ministère de l'Infrastructure. Même chose pour le ministère Exécutif, qui s'unira avec le ministère des Affaires autochtones et des Relations intergouvernementales pour devenir le ministère Exécutif et Affaires autochtones. Le ministère des Finances conservera son nom, mais il inclura désormais le ministère des Ressources humaines. Le GTNO estime que 6 millions de dollars seront épargnés au terme de ces fusions.

Abolitions de poste
En réponse aux coupes de postes, la vice-présidente du Syndicat des travailleurs du Nord, Gayla Thunstrom, souligne le silence du ministre quant aux abolitions de postes. « Je ne suis pas certaine du nombre d'employés affectés par les coupes. Je trouve ça intéressant que, sur le budget qui nous a été remis aujourd'hui, aucun nombre [d’emplois coupés] ne soit présenté. Il semblerait que ça n'a pas été mis dans le budget », a-t-elle stipulé.

Le ministère des Finances annonçait toutefois en conférence de presse, en matinée, l'abolition de 65 postes pour l'exercice 2017-2018, dont 36 employés pourraient subir les impacts. Les 29 autres postes étaient vacants. Le GTNO s'engageait à muter ces employés – autant que faire se peut.

En 2016-2017, la fonction publique territoriale comptait 5259 employés à temps plein.

La vice-présidente du Syndicat des travailleurs du Nord signale son regret que les investissements en infrastructure soient priorisés au détriment des travailleurs.

« Il faut qu'il y ait des compromis, les coupes d'emplois du GTNO n'auront qu'un impact négatif sur l'économie territoriale. Nos employés ont peur, a-t-elle affirmé. Ce que je trouve déroutant, c'est que le gouvernement a parlé de faire venir de la main-d’œuvre vers le Nord, alors pourquoi ils coupent des emplois? Nécessairement, si les gens ne sont pas capables d'avoir des emplois qui comblent leurs besoins, alors ils regarderont ailleurs, que ce soit vers le Sud ou dans d'autres juridictions. »??

Dans le budget présenté, le GTNO prévoit créer des postes dans les petites collectivités par le biais d'un programme pour lequel trois millions de dollars seraient accordés.

De l'avis du député de Kam Lake, c’est trop peu. Il estime que cinq millions de dollars devraient être attribués à ce programme pour qu'il ait un impact réel.

Éducation
Les discussions relatives au budget ont aussi largement porté sur le programme de prématernelle. « [Le GTNO] offre un financement partiel pour l'implantation, a commenté Kevin O'Reilly, alors ils s'attendent à ce que les commissions scolaires, incluant la Commission scolaire francophone, trouvent l'argent eux-mêmes. Ça veut dire qu'ils devront couper des programmes et des options pour les élèves... Le GTNO dit qu'il compensera à cet effet d'ici la fin du mandat. Qu'est-ce que ça veut dire? Ça ne va pas arriver cette année. Les commissions scolaires vont être à court de fonds pour une année entière, et il n'y a pas de garantie que de l'argent supplémentaire fera partie du prochain budget. Ça pourrait arriver d'ici deux ans. Ce n'est pas satisfaisant ».

Le président de la Commission scolaire francophone des TNO (CSFTNO), Simon Cloutier, était présent lors de l'annonce du budget. Il a affirmé que l'ajout d'un montant de 2,7 millions d'ici la fin du mandat était une bonne nouvelle, sauf que « le problème, c'est qu'ils ne disent pas quand [il sera accordé]. C'est juste une promesse. Les commissions scolaires, dont la nôtre, ont besoin de cet argent-là immédiatement. J'ai discuté avec plusieurs députés de l'Assemblée législative et c'est ce qu'ils m'ont confirmé. C'est une promesse, mais il n'y a pas de nouvel argent d'annoncé aujourd'hui. »

À son avis, les commissions scolaires à travers les TNO devront couper des postes si le GTNO ne change pas la proposition actuelle. « Le programme de prématernelle doit être mis en place, mais ça prend l'argent qui vient avec aussi. On ne peut pas payer de nos poches pour le programme comme ça pendant un an ».

Le Comité permanent des priorités et de la planification, dont M. Kieron Testart est vice-président, présentera ses propositions pour le budget au Cabinet au cours de la semaine, à l'Assemblée législative.
 


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Changer de ville
Sondage
L'Aquilone, 5 publications au féminin! Comment avez-vous réagi au changement de nom de L'Aquilon durant le mois de mars?

Voir tous les résultats des sondages