Le projet PaperCup : La voix de toutes les femmes

Cassidy Atamanenko au Café Fat Fox, lors d'une journée d'entrevues. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Cassidy Atamanenko au Café Fat Fox, lors d'une journée d'entrevues. (Crédit photo : Sandra Inniss)

« Ça a commencé à la Journée internationale des femmes, le 8 mars, raconte la jeune femme, étudiante en théâtre et en gestion des arts et de la culture à l’Université de l’Alberta à Edmonton. Je sens que les femmes n’ont pas souvent l’opportunité de parler ouvertement à propos de leurs expériences, et je voulais juste leur donner une voix. »

« Le sujet des droits de la femme peut être un peu épeurant pour certaines personnes [...], ça peut être intimidant et je voulais orienter la conversation pour qu’elle devienne plus décontractée, avec une tasse de café, c’est un peu comme ça que le projet PaperCup est arrivé », relate-t-elle.

Un moyen pour les femmes de parler d’elle-même, d’exprimer leurs frustrations, leurs opinions.

Café entre les mains, Cassidy pose quelques questions, recueille les réponses et les publie sur un blogue, incluant des photos des mains et de la bouche des participantes, pour offrir un certain anonymat.

« J’ai beaucoup d’amies qui ont beaucoup de choses à dire et je voulais leur donner une plateforme pour le faire, et je voulais rencontrer des inconnues aussi. » Ce qu’elle n’a pas eu de difficulté à faire, abordant les gens dans les cafés de manière spontanée.

Ses entrevues se sont déroulées à Edmonton, Vancouver et Yellowknife jusqu’à présent. Elle dit en avoir réalisé une soixantaine et vise un total de 150 entrevues.

Une voix pour les femmes sans abri
À Edmonton, elle a invité des femmes qui vivent dans la rue pour une tasse de café pour parler de leurs expériences.

Elle raconte que lors de ses entrevues auprès des itinérantes, ces dernières ont démontré qu’elles étaient reconnaissantes de ce partage.

« Elles sentent que personne ne les écoute vraiment [...]. Elles étaient juste vraiment contentes d’avoir l’opportunité de parler de leur vie et de partager leurs histoires, et de ne pas être jugées parce qu’elles sont dans la rue ou qu’elles n’ont pas d’argent, etc. », de dire l’instigatrice du projet PaperCup.

Et après ?
Cassidy a plusieurs idées de ce qu’elle pourrait faire avec les entrevues qu’elle a réalisées. Elle aimerait, par exemple, créer une installation artistique avec les entrevues, ou encore, écrire une pièce de théâtre.

« J’aime écrire et j’aime le théâtre; je voulais trouver un moyen de les combiner, explique-t-elle. Si je crée une pièce, je ne pense pas que ce serait 100 % réel, je voudrais les utiliser comme une source d’inspiration et utiliser peut-être des citations des entrevues. »

Ancienne étudiante d’immersion française à l’école St Joseph de la 1re à la 7e année, Cassidy offre aux participantes des entrevues bilingues. La Ténoise explique qu'elle n'hésite pas à prendre le temps. « Les gens me demandent si j’ai du temps. J’ai toujours du temps! Je veux que les gens me parlent [...], j’aime entendre les histoires et rencontrer de nouvelles personnes, entendre ce qui est important pour elles et ce qui arrivent dans leurs vies. »

 


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