Tu Beta Ts’ena : L'eau, c'est la vie

Dans son habitat estival de la rivière des Esclaves, le pélican d'Amérique, lui, connait l'importance de l'eau. (Crédit photo : Pierre-Emmanuel Chaillon)

Dans son habitat estival de la rivière des Esclaves, le pélican d'Amérique, lui, connait l'importance de l'eau. (Crédit photo : Pierre-Emmanuel Chaillon)

La Coalition de la rivière des Esclave célèbre la 10e édition de son rassemblement Tu Beta Ts’ena « l’eau, c’est la vie ». Une occasion de partager, à Fort Smith, des connaissances ancestrales pour protéger cette précieuse ressource.

La directrice de projet de la Coalition de la rivière des Esclaves, Becky Kostka, explique l’importance d’une approche holistique pour le fonctionnement en santé de l’écosystème.

«La science occidentale, elle, élimine et met tout dans des boites. Elle sépare tout, et alors, depuis les cent dernières années, l’humanité dans la société colonialiste occidentale est devenue plus séparée de l’environnement. Nous avons oublié que le système fonctionne comme un tout. Nous continuons de développer sans regarder ou essayer de comprendre tous les facteurs externes des activités que nous entreprenons, qui fragmentent notre système encore plus », détaille la directrice de projet. 

Elle soulève le fait que les histoires et constats des aînés sont souvent négligés par la science occidentale, mais s’avèrent encore vrais. 

Avec la Commission de vérité et réconciliation et l’adoption canadienne de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la directrice de projet explique qu’il est important d’honorer cette vision.

Lors de ce rassemblement du 2 au 4 août, une aînée de Cold Lake, Nancy Scanie, animera un forum sur le savoir traditionnel afin d’ancrer les discussions dans les traditions. Une aînée et cérémoniste de Yellowknife, Bessa Blondin, guidera une cérémonie de l’eau. Des représentants du Traité 8 de la Colombie-Britannique seront aussi sur place pour partager leurs histoires et déterminer des moyens pour travailler ensemble et protéger les bassins versants.

Enjeux des bassins versants
Becky Kostka réitère que le barrage Bennett construit en 1967, continue d’avoir des effets négatifs sur la rivière des Esclaves et son bassin versant jusqu’à l’océan Arctique. Elle soulève le manque de consultation appropriée et le manque d’accommodement relativement à ce barrage, depuis la planification du projet. Elle s’inquiète non seulement pour les détenteurs de droits ancestraux autour du bassin, mais aussi pour les différentes parties prenantes, « parce que l’eau est pour tout le monde ».

Autre enjeu : l’industrie énergétique du pétrole et du gaz. « Nous savons qu’il y a des contaminants qui viennent dans l’eau des sables bitumineux des rivières de la Paix et Athasbasca. Nous sommes inquiets de ça, nous ne voulons pas voir une fuite de résidus descendre la rivière Athabasca ou voir des oléoducs qui font défaut dans la région de la Paix, ce sont toutes des infrastructures très vieilles. Donc, c’est à se demander à quel moment l’écosystème deviendra saturé... », ajoute-t-elle.

Des ateliers seront organisés pour que les résidents et les participants d’ailleurs puissent élaborer des solutions. Ce sera également une occasion de discuter des recommandations que l’UNESCO a remises au gouvernement canadien (le parc Wood Buffalo et le delta Paix-Athabasca sont désignés site du patrimoine mondial de l’UNESCO) et des moyens pour les mettre en place.

Une charte pour protéger la rivière des Esclaves sera créée au terme des discussions. « C’est quelque chose que tout le monde, peu importe d’où on vient, de quel groupe on vient, peut soutenir et signer : je prends cet engagement parce qu’on sait que l’eau est la vie », commente Becky Kostka.

Pendant le PaddleFest
Tu Beta Ts’ena est organisé à l’aube du PaddleFest pour faciliter l’échange interculturel. Selon Mme Kostka, il existe une certaine séparation entre les utilisateurs traditionnels (les détendeurs de droits ancestraux) et les utilisateurs récréatifs.

« Mais une chose qui nous unit, c’est l’eau. »

Elle espère que certains des pagayeurs s’impliqueront et participeront à Tu Beta Ts’ena pour mieux comprendre ce qui se passe dans le système de bassin versant. « Les pagayeurs, les utilisateurs récréatifs, les canoteurs, ils jouent un rôle tellement important dans notre bassin versant et ils dépendent d’une rivière en santé », dit-elle en ajoutant qu'ils risquent, eux aussi, de perdre leur terrain de jeu. Cérémonie, un repas communautaire, prières et danse au son du tambour sont prévus pour le Paddlefest.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.