Histoire au féminin : Kenojuak Ashevak, l’artiste accomplie

 

Kenojuak Ashevak naquit en 1927 dans un igloo dans le sud de l’île de Baffin. Elle passa la première vingtaine d’années de son existence à vivre selon le mode de vie traditionnel semi-nomadique de chasseur et parcourra ainsi l’île de Baffin et le nord du Québec. Elle se maria au début des années 50 avec Johnniebo Ashevak, lequel sera son partenaire artistique pendant de nombreuses années.


Kenojuak découvrit l’art auprès d’Harold Pfeiffer lors d’une hospitalisation à Québec pour soigner une tuberculose de 1952 à 1955. À son retour à Cape Dorset à la fin des années 1950, elle et son mari furent chapeautés par James Houston, fondateur de la West Baffin Eskimo Co-operative, et Terry Ryan, qui les initia à différents médiums. Le talent de Kenojuak fut reconnu rapidement. Sa première gravure, Rabbit Eating Seaweed (1958), se mérita une place dans le catalogue de gravures de Cape Dorset. Son dessin, The Enchanted Owl (1960), fut reproduit sur un timbre-poste en commémoration du centenaire des Territoires du Nord-Ouest en 1970. Un autre dessin, The Owl, apparaîtra sur un timbre en 1993.


Kenojuak passa la majorité de sa vie à Cape Dorset, où elle mourut en 2013. Elle est l’une des grandes pionnières émérites de l’art inuit moderne. Elle sera un modèle pour les artistes inuits des générations suivantes. Quoiqu’ayant exploré la sculpture, le vitrail, le motif sur couverture et la lithographie, ses principaux travaux artistiques ont été réalisés par le dessin et la gravure. Ses sujets favoris étaient des oiseaux, dont les hiboux et des créatures se métamorphosant. Le style d’Ashevak a évolué au fil du temps, débutant par des dessins plus simples et clairs et devenant plus complexes et stylisés pour finalement redevenir plus simples, mais dans des couleurs plus vives.
À ce jour, Kenojuak est probablement l’artiste inuite la plus renommée. Elle a participa à de nombreuses expositions au Canada, aux États-Unis, en Asie et en Europe et fut sollicitée pour de nombreuses œuvres artistiques. Entre autres, elle créa une murale pour l’Exposition universelle de 1970 au Japon, une autre murale pour Via Rail Canada (1988) et elle réalisa un vitrail pour la chapelle du collège Appleby en Ontario (2004). Elle fut le sujet d’un film de l’Office national du film (1963), d’un livre (1981), d’une rétrospective sur 30 années de carrière à la galerie de la Collection McMichael d’art canadien (1986) et d’une exposition au Musée des beaux-arts du Canada (2002).


Elle reçut de nombreuses distinctions pour sa prestigieuse carrière d’artiste; elle a été nommée membre de l’Académie royale des arts du Canada (1974), de l’Ordre du Canada (compagnon en 1982) et de l’Ordre du Nunavut (2012); elle a reçu un doctorat honorifique de l’université Queen et de Toronto (1992), le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques (2008) et a été admise à l’Allée des célébrités canadiennes (2001), pour ne nommer que ces reconnaissances. Elle figure également parmi la liste des trente grandes femmes de l’histoire du Canada.


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