Financement de la santé : Inadéquate, l'entente?

C’est sans tambour ni trompette que le gouvernement des TNO a accepté l’offre d’Ottawa sur le financement des soins de santé; une offre qu’il qualifiait d’insuffisante un mois plus tôt.

C’est vendredi le 13 janvier, en fin de journée, que les députés réguliers de l’Assemblée législative ont appris la nouvelle : les TNO allaient accepter l’offre.

Comme le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador, avant eux, les trois territoires du Nord ont choisi de se désolidariser du front commun des provinces et territoires et de conclure une entente bilatérale sur les transferts en santé (voir La Presse Canadienne, p.2). Alors que les transferts fédéraux étaient majorés d’environ 6% par année ces dernières dix ans, en 2017 et pour les années à venir, la croissance des transferts sera plus près de 3%.

«Ce n’est pas adéquat pour rencontrer nos besoins en matière de soins de santé», déplore la députée de Yellowknife Centre, Julie Green, qui relève qu’avec le vieillissement de la population les analystes du gouvernement projettent un accroissement abrupt des dépenses en santé au cours des prochaines années.

« Je n’ai pas beaucoup de détails sur ce que [le fédéral] leur a offert et pourquoi ils ont accepté cette offre, mais ça semble insuffisant», dit celle qui affirme ne pas avoir reçu plus d’information sur l’entente que ce qui a été annoncé par un simple communiqué, lundi.

Et maintenant Julie Green s’attend au pire : «Le premier ministre a laissé entendre que des décisions allaient devoir être prises [advenant une baisse de la croissance des transferts fédéraux en santé]. Ça semble raisonnable de penser que ce sera des coupes budgétaires. »

La députée regrette en outre que les gouvernements territoriaux et provinciaux ne soient pas arrivés à présenter un front commun uni pour faire face à l’intransigeance d’Ottawa.

«Je pense qu’ils auraient pu obtenir davantage [en négociant] collectivement, dit-elle. Mais ça ne s’est pas produit. Le fédéral, lui, tentait de diviser pour régner et il est parvenu à ses fins. »

Le député de Yellowknife North, Cory Vanthuyne, lui, accepte la nouvelle avec beaucoup plus de positivisme que sa collègue.

« Je pense que beaucoup de travail a été accompli, dit-il. Il me semble que nous avons obtenu certaines améliorations [par rapport à l’offre présentée en novembre que les territoires avaient rejetée]. Nous avons pu obtenir un peu de valeur ajoutée. Ça valait la peine d’attendre, mais on ne peut pas toujours attendre non plus. Avec les défis [en santé] auxquels nous faisons face, il faut s’atteler à la tâche. »

Le député estime qu’il fallait faire des compromis. « Nous reconnaissons que le gouvernement fédéral a des défis à surmonter, lui aussi. Ils s’attendent à un déficit de plusieurs milliards de dollars; à des années de déficit. »

D’après lui, dans le contexte actuel, une entente « qui rejoint, voire dépasse, le taux d’inflation, c’est probablement le mieux qu’on pouvait espérer ».

Et rester solidaires des provinces non-signataires? « Est-ce qu’on aurait pu obtenir davantage? C’est une possibilité. Mais ça aurait signifié plus d’attente, plus de délais. Les besoins sont immédiats.»

Surtout, le député de Yellowknife North entend faire son travail. Il note que les travaux de l’Assemblée Législative reprennent dans un peu moins de deux semaines et il compte bien exercer toute la pression nécessaire pour que les fonds alloués par le fédéral soit dépensés à bon escient.

Le gouvernement discret
Alors que l’annonce était considérable, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest est resté très discret toute la semaine. Pas de conférence de presse, pas d’entretien avec les médias, pas de document d’information. Tout juste un communiqué, émis par le fédéral.

Aux fins de cet article, L’Aquilon a sollicité à de nombreuses reprises les commentaires du premier ministre, Bob Mcleod, ou du ministre de la Santé et des Services Sociaux, Glen Abernethy, sans succès.

Tout juste nous a-t-on fourni des réponses formatées à des questions soumises par courriel. Ces réponses évasives nous sont parvenues après les heures régulières de travail, le mercredi, jour de bouclage du journal.

Pourquoi dire oui à l'entente qu'on avait rejeté un mois plus tôt? La réponse fournie par le personnel du cabinet: «Comme vous le savez peut-être, la relation financière du GTNO avec le Canada est différente de celle des provinces . Les discussions que nous avons eu avec le fédéral, à la suite de la rencontre de décembre, nous ont mené à la conclusion que nous devions répondre à certains de nos besoins les plus pressants.»

Et des coupes, il va y en avoir? «Nous croyons fermement que la discussion nationale sur le financement des soins de santé doit se poursuivre. Nous avons en outre été clairs à l’effet qu’il reste des défis importants relatifs aux besoins des TNO en matière de soins de santé et que nous continuerons nos discussions avec le fédéral sur ces questions.»

La députée de Yellowknife Centre, Julie Green, qui a exercé la profession de journaliste, déplore cette façon de faire. «Je ne suis pas du tout d’accord avec cette approche», dit-elle.

Elle note que, la semaine dernière, quand il était question d’annoncer la contribution du fédéral pour la route toutes saisons de Whati, un investissement de moindre envergure, le gouvernement avait pris la peine de noliser un vol pour la presse afin d’assurer une large couverture médiatique.

«Là, c’est l’entente sur les transferts en santé, et c’est tout le contraire, constate la députée. Ils n’ont même pas rédigé leur propre communiqué! »

D’après Julie Green, cette discrétion laisse transparaître un inconfort de l’administration Mcleod avec sa propre décision d’accepter l’offre d’Ottawa.

 


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