Festival de films Dead North : En toute irréalité

La forêt boréale, un paysage inspirant pour raconter les plus mystérieuses histoires. (Courtoisie : Chantal Dubuc)

La forêt boréale, un paysage inspirant pour raconter les plus mystérieuses histoires. (Courtoisie : Chantal Dubuc)

Comment peut-on traiter de l’horreur, du fantastique et du thriller au cinéma? Chantal Dubuc, aborde cette question, la veille de la projection de Heartbound, lors de la 5e édition du Festival de films Dead North.

Avec son film Heartbound, Chantal Dubuc, vidéaste, photographe, monteuse à CBC North, en est à sa première expérience à titre de réalisatrice pour le Festival de films Dead North. Elle a déjà collaboré à d’autres films par le passé, dont Houseguest de Mitchel Wiles, pour la trame sonore.

« Cette année il faut que tu en fasses un », lui a dit M.Wiles.

La vidéaste a toujours aspiré à se lancer dans le milieu cinématographique : réaliser un film, l’écrire, vivre le processus et le filmer.

« Chacun a des tolérances différentes quand ça vient à l’horreur », dit-elle.

Elle-même admiratrice de Walking Dead, elle avoue que les films à tendance thriller ou psycho comme le film Seven, qu’elle donne en exemple, lui font frôler la crise d’anxiété.

Traiter d’une histoire d’horreur n’est pas chose simple, à son avis. « C’est facile d’arracher un cœur, mais de faire en sorte que le public y croit? »

Des ateliers de mentorat et du soutien sont offerts aux réalisateurs de Dead North pendant la production. Pour tenter de créer du suspense, elle joue avec ses protagonistes.

« Tu vois qu’il y a quelque chose de pas correct avec le personnage. Tu n’es pas sûr de ce que c’est, mais il y a quelque chose. Je pense que pour vraiment captiver les gens, il faut prendre des personnages qui ont peut-être l’air d’être un peu vulnérables, mais qui ne sont pas les plus vulnérables... et c’est eux qui vont te surprendre le plus. Ça, c’est l’approche que j’ai prise avec le film », explique la réalisatrice originaire de Gatineau.

Selon elle, pour qu’un film de genre fonctionne, il faut miser sur l’importance du jeu d’acteur. La musique est aussi vecteur d’émotions : « Si tu ne le fais pas comme du monde et que ça a l’air trop cheesy ou que ça ne va pas avec le genre ou l’énergie que tu veux avec l’image... », cela constituerait un risque majeur pour une production cinématographique. Une question d’équilibre, finalement.

En ce qui concerne la couleur de l’image, elle explique que les contrastes, donnent un air plus cinématographique.Des prises de vue avec un plan serré servent aussi à faire peur. Les contraintes de production extérieure peuvent toutefois poser des défis : « Il y a des bouts quand tu as froid et que les gens ont froid, tu rush. Peut-être que j’aurais pu filmer [des plans] un petit peu plus serré, pour avoir vraiment l’expression. »

Pour les effets spéciaux, elle engage une professionnelle, Veronica Speers. « Ça amène un peu plus de crédibilité en même temps », selon la réalisatrice.

Et le fait d’être dans le Nord, comment ça influence le film?

« Les gens ont cette vision-là du Nord : c’est isolé, quand je vais dans le Sud les gens me disent : "Ah tu restes à Yellowknife, comment c’est?" Le Nord, ce n’est pas tout le monde qui peut le visiter, les gens n’en connaissent pas tant que ça sur le Nord. Si je regarde côté lumière, l'esthétique, du côté de la photographie, il y a des choses que tu peux faire ici... l’image est excellente ».

Sortir de l’actualité
Quand elle traite d’actualité, dans son emploi à temps plein, elle affirme que « ce n’est pas souvent que tu peux sortir de la norme, côté créatif. De plus en plus, on essaie. C’est certain qu’on peut jouer un peu, mais de prendre toutes les connaissances que j’ai accumulées au fil des années et de pouvoir exercer tout ce que je voulais faire [dans ce film], c’était une drogue quasiment. »

Alors que dans le traitement de l’actualité elle « doit aller vite vite vite », elle est heureuse de pouvoir prendre un peu plus de temps avec son équipe de production pour réaliser le court métrage.

Elle décide également d’ajouter un aspect fantastique à son film. Pourquoi? « L’horreur on en voit tellement dans les nouvelles [...]. C’est too much, tu es bombardé. Alors que le fantastique, quelque chose qui ne peut pas arriver. C’était le fun à faire. »

« Des fois on va couvrir des choses, je me dis ça se peut pas. Pour l’histoire du film, je voulais vraiment quelque chose qui n’était pas proche de la réalité. » Ce qui explique son choix de balancer les trois genres fantaisie, horreur, thriller.

« J’adore ce que ça a fait pour les gens ici, [Dead North]. Juste à Radio-Canada, on est six qui avons fait un film. De plus en plus les gens embarquent, je pense que c’est vraiment bon. Et le public adore aussi. C’est sold out toutes les années. »

Pour Chantal Dubuc, le festival démontre le niveau de talent qu’il y a dans le Nord. « Quand je vois les musiciens qui font les trames sonores, les gens avec leurs histoires, les comédiens, c’est vraiment extraordinaire à voir. C’est trippant ».

Sypnopsis d'Heartbound : un jeune homme qui effectue des recherches pour écrire un livre sur des sujets paranormaux visite une femme et veut entendre son histoire, elle qui a eu une mauvaise expérience pendant une randonnée de raquette à Yellowknife étant plus jeune. Une discussion qui prendra un détour sinistre.

Le festival de films Dead North se déroule du 23 au 26 février 2017 au cinéma Capitol de Yellowknife.


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