Urbanord : En guerre comme en paix

20 août 2015
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Le Monument aux vétérans est atypique de l'œuvre du sculpteur inuvialuit Eli Nasogaluak. (Denis Lord)

Le Monument aux vétérans est atypique de l'œuvre du sculpteur inuvialuit Eli Nasogaluak. (Denis Lord)

Deux œuvres d'Eli Nasogaluak furent vandalisées dans la première décennie du XXIe siècle
 

L'Aquilon poursuit cette série vouée à l'urbanisme, de l'architecture au mobilier urbain, en passant par la conception spatiale, les sculptures et les murales.
Les sacrifices des soldats, les victoires et les défaites sont célébrés à travers le monde par de nombreuses œuvres commémoratives et patriotico-militaires. S'inscrivant dans cette tradition, le bâtiment des Forces opérationnelles interarmées (FOIN) s'est orné de quelques pièces — un char d'assaut, par exemple — rappelant son histoire, et du Monument aux vétérans signé Eli Nasogaluak.
La facture et le matériau de cette pièce sont plutôt atypiques de l'œuvre du sculpteur originaire de Tuktoyaktuk. En effet, M. Nasolgaluak travaille plus souvent avec de la pierre à savon et son art est pour l'essentiel ancré dans les traditions inuvialuites, légendes, scènes de chasse ou de la vie dans le Nord. L'artiste a aussi créé des sculptures dans une approche contemporaine. Notons qu'en 1999, il participait à la création d'une sculpture monumentale axée sur le partenariat entre francophones et Autochtones, commanditée par la Fédération franco-ténoise, aux côtés de Sonny MacDonald, d'Armand Vaillancourt, de John Sabourin, de Chris Ishoj et de Diane Boudreau. Cette œuvre, le Carrefour culturel de Yellowknife, est toujours au rocher McAvoy, dans Old Town.
Eli Nasogaluak, dont les frères Bill et Joe sont également sculpteurs, a remporté plusieurs prix au cours de sa carrière. Il a été exposé aux États-Unis, en Belgique et au Musée canadien de l'histoire (Gatineau).

Hommage et dommages
Statues de cuivre sur base de béton, le Monument aux vétérans rend hommage, indistinctement, à tous les hommes et à toutes les femmes qui ont servi le Canada et en temps de guerre et en temps de paix. On n'a voulu oublier personne, quoi!
L'Aquilon n'a pas réussi à joindre Eli Nasogaluak afin qu'il raconte les circonstances de la création du Monument et ses choix esthétiques. Deux soldats affublés de casques ressemblant à ceux de la Première Guerre mondiale s'y tiennent la main pendant qu'ils saisissent un drapeau de l'autre. Une femme dans un uniforme non défini (une infirmière?) a la main sur l'épaule d'un soldat; tous ces personnages sont surplombés par l'archange Michel. Dans la mythologie chrétienne, celui-ci est le chef de la milice céleste, celui qui a vaincu Satan lors de la guerre contre les anges qui s'étaient détournés de la lumière.
C'est la section de Yellowknife de la Légion royale canadienne qui a réunit les fonds nécessaires à l'érection du monument. Il fut inauguré le jour du Souvenir (le 11 novembre) 2005 par le premier ministre ténois de l'époque, Joseph Handley. Selon le Yellowknifer, il fut vandalisé l'été suivant, des gredins brisant la base de la sculpture et s'enfuyant avec une partie de celle-ci. Fallait être singulièrement téméraire, quand on sait que l'œuvre est devant l'édifice des Forces armées et à deux pas de celui de la Gendarmerie royale du Canada. Elle fut ultérieurement restaurée.
À Inuvik, en 2004, une autre sculpture cosignée par Eli Nasogaluak, Dolphus Cadieux, Allyson Simmie et Paul Malliki fut vandalisée. Intitulée Unité dans la diversité, cette sculpture de marbre avait été créée à l'occasion du 10e anniversaire du Great Northern Arts Festival et trônait face au Centre des visiteurs à Inuvik.