La fiche santé : Doula et projet d’accouchement

Mylène Boulette est accompagnante à la naissance, ou doula, depuis 1996. Elle est également responsable des bénévoles pour le collectif Les Accompagnantes, au Québec. À Yellowknife pour offrir une formation, en partenariat avec Réseau TNO Santé en français, elle explique le rôle d’une doula et ce que représente un projet d’accouchement.

« C’est un rôle de soutien physique et psychologique pour le couple, pour la femme qui accouche. » Durant la grossesse, la doula aide la femme ou le couple à déterminer quel est le projet d’accouchement et est présente à la naissance du nourrisson.


« On peut les guider vers ce qui est possible, selon leurs choix, les aider à prendre des décisions, à faire des choix éclairés, en leur expliquant les possibilités qui s’offrent à eux. On a des connaissances de base sur la physiologie de l’accouchement, [sur] comment ça se passe dans le corps de la femme, comment on peut la guider pour que ça se passe bien », indique Mme Boulette.


Elle précise que le suivi médical ne fait pas partie du devoir des doulas. « On n’écoute pas le cœur du bébé, on ne vérifie pas le col de la mère, on ne prend pas cette portion-là sur nos épaules; il faut toujours qu’il y ait un médecin ou une sage femme [pour faire] le suivi ».


La fréquence des rencontres avec une doula est généralement d’une à trois fois durant la période prénatale pour la préparation du projet d’accouchement et elles durent environ deux heures.

Qu’est-ce qu’un projet d’accouchement?
L’accompagnante à la naissance raconte que certains parents souhaitent, par exemple, un accouchement naturel, en utilisant le moins d’interventions médicales possible.


« Il y en a qui ont des désirs très précis, ils veulent que le père accueille le bébé, le prenne quand il sort de la mère pour le déposer sur le ventre de la mère. »


D’autres prévoient un soutien pour atténuer leurs craintes face à l’accouchement, « parce que souvent, c’est ça, la réalité, les gens entendent toutes sortes d’histoires épouvantables et se disent “il me semble que ça doit pas être épeurant, ça doit être quelque chose de beau... je voudrais me rassurer”. Dans le fond, la doula, souvent, c’est à ça qu’elle sert. »


Mylène Boulette raconte qu’avec une bonne préparation à l’étape prénatale, il arrive parfois qu’elle soit « juste là à dire “ça va bien”, “t’es bonne”. On aide le papa, on lui dit “tiens, tu pourrais faire ceci, faire cela”, on est discrète. Quand on vit la douleur de l’accouchement, mais qu’on prend le contrôle sur les événements, qu’on se sent confortable dans ce qui se passe, qu’on est en confiance qu’on est bien soutenue, la douleur devient une alliée qui nous permet de comprendre [ce] qui est en train de se passer dans le corps et [cela] nous permet de nous positionner. » Ce qui permet de retenir une impression positive de l’accouchement, plutôt que celle d’avoir vécu une épouvantable souffrance.
« Notre rôle, les doulas, dans un monde idéal, ce serait de donner ça à tous les parents. »


Pour les moments plus difficiles, quand la douleur devient très forte, quand ça devient très intense, la doula peut aider en faisant des massages, des points de pression ou un toucher affectif qui va être sécurisant.

Décisions éclairées
Le projet de départ peut changer en cours de route; une maman qui souhaite accoucher naturellement peut en arriver à recevoir la péridurale. « [Au] moment où elle change d’idée et prend la péridurale [après avoir tout essayé], au bout du compte, elle va être satisfaite parce que ce sera un choix éclairé et parce qu’elle va savoir pourquoi elle l’a fait. »
« Les gens sont surpris de découvrir les ressources qui sont en eux. La doula, juste en étant là, va permettre d’aller découvrir leur force intérieure », conclut Mylène Boulette.


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