Connecter Whati

Vue aérienne de la collectivité Whati, où résident environs 500 personnes ( Crédit photo : Sandra Inniss )

Vue aérienne de la collectivité Whati, où résident environs 500 personnes ( Crédit photo : Sandra Inniss )

Cela fait près de 30 ans que les discussions sont en cours pour la construction d’une route toutes saisons pour Whati. Michael McLeod, député des TNO a annoncé, le 11 janvier, l’approbation conditionnelle d’un financement fédéral pour le projet.

Les résidents de la région peuvent, pour le moment, se rendre à Yellowknife et vers le sud du Canada par voie terrestre que 3 mois par année via une route d’hiver. Le projet proposé comporterait 97 kilomètres qui rejoindraient l’autoroute 3, avec une période de construction estimée à 4 ans.

Whati se situe au nord-ouest de Yellowknife, au bord du Lac La Martre et comporte une population d’environ 500 personnes. La route permettrait également d’accéder plus longtemps aux deux autres routes d’hiver, qui relient les collectivités de Gameti et Wekweeti. Actuellement, les aliments et la marchandise sont envoyés par avion dans les trois collectivités Tlicho, ce qui, d’après le gouvernement double les prix de fret.

« Ensemble, nos gouvernements peuvent amener de réels changements dans la qualité de vie des membres de nos communautés, permettre de rapprocher nos normes et le coût de la vie de ce qui existe dans les centres urbains des Territoires du Nord-Ouest », a évoqué Eddie Erasmus, Grand Chef Tlicho.

Un projet P3
Le gouvernement fédéral financera 25 % des coûts du projet, conditionnellement à un engagement officiel du GTNO démontrant que la balance de 75% du financement est disponible et réservé pour le projet. Ce financement devra être approuvé par l’Assemblée législative. La route sera construite par le biais d’un partenariat public-privé, connu également sous le nom de P3, pour lequel l’appel de qualification sera lancé en février 2017.

Avec le réchauffement climatique, la construction des routes d’hiver devient de plus en plus complexe et les coûts d’entretien et d’exploitation de la route de glace ont été multipliés par 4,5 au cours des dix dernières années. Le GTNO espère également que cette infrastructure servira de levier au développement de l’industrie minière dans la région.

Sentiment ambivalent
Certains résidents interrogés lors de l’annonce se sont dits ambivalents vis-à-vis l’annonce. Autant excités, qu’anxieux, certains mentionnent que la route réduira le coût de la vie, certes, mais qu’elle pourrait être porteuse d’autres problèmes.

Micheal Moosenose, résident de Whati, a raconté que certains aînés avaient mis en garde par le passé, que cette route menant vers le sud entrainerait des problèmes plus sévères reliés à l’alcool dans la collectivité. Ces facteurs sociaux seront tenus en compte lors de l’évaluation environnementale, a affirmé Bob McLeod, premier ministre des TNO, en entrevue suite à l’annonce officielle.

Lisa Nitsiza, agente principale d’administration pour le gouvernement de collectivité de Whati, a exprimé qu’« avec la route toutes saisons, il y aura plus d’accès à [l’alcool et aux drogues] », en précisant que ces inquiétudes seront toujours là, avant, après, pendant la construction de la route.

« La route est nécessaire, le coût de la vie augmente. Et il y a les prix pour les billets d’avion, pour visiter les membres de la famille... c’est difficile. Il faut faire des provisions avec la route d’hiver mais lorsque la route toutes saisons sera ouverte, il y a aura une possibilité, de ne pas avoir [à tout acheter d’un coup]. La mentalité va changer et ça prendra du temps », a-t-elle exposé. « Ce qui est inquiétant pour moi, c’est de savoir si je vais perdre des employés qui iront vers des emplois plus payants, [...] et où le gouvernement de collectivité se situe dans tout ça. Ce serait bien que nous obtenions des contrats. Nous avons de l’équipement, mais est-ce que je dois en acheter plus ? », s’interrogeait Mme Nitsiza.


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