Sur pellicule : Collection de lumières

Pierre-Emmanuel Chaillon devant ses clichés lumineux. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Pierre-Emmanuel Chaillon devant ses clichés lumineux. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Le photographe et vidéaste Pierre-Emmanuel Chaillon est venu présenter son exposition A year of light au Studio JAMmed de Yellowknife, du 21 au 25 avril. Une réflexion sur la beauté et la conservation du territoire.

Pierre-Emmanuel Chaillon est passionné de lumière. De nature. Sans attente, il se lève à l’aube pratiquement tous les jours pour photographier les environs de Fort Smith. Lors de ses escapades quotidiennes le long de la rivière Slave, il étudie la lumière du matin. Une lumière qui, à son avis, est symbole de pureté.

C’est cette lumière qui est exposée : on aperçoit des paysages, aux lueurs des petites heures du matin, à la tombée du jour et en pleine nuit avec les aurores. On croise aussi l’œil d’un renard ou d'un bison, des pélicans, et quelques visages.

Terrain de conscience
Le photographe explique qu’il est armé de patience pour accomplir son travail. « Tu peux prendre n’importe quelle caméra… par contre, te lever tous les jours et attendre que la lumière soit bonne… »; il s’agit d’un exercice méditatif, à son avis. Et cela peut prendre du temps, avant qu’il obtienne la photo à laquelle il aspire.

« La photo, ça m’aide à être plus conscient de ce qu’il y a autour de moi... Peut-être que je ne prendrais pas autant de temps pour regarder la lumière ou les choses autour… »

Il dit toutefois avoir de la difficulté à laisser aller, puisqu’il existe cette dualité, de saisir l’instant présent tout en ayant la caméra entre soi et le sujet.

« Il y a des fois où je me force à ne pas prendre de photo. J’ai pris une photo ou deux et le reste, je vais en profiter, pour moi. »

Rencontres dans le parc Wood Buffalo
Pierre-Emmanuel Chaillon est aussi biologiste. Il est bien conscient de certaines restrictions à avoir quand il s’agit d’interagir avec ses modèles de la faune. Il mentionne aussi le respect à adopter vis-à-vis de l’espace de l’animal, au dépit du fait qu’une photo ne soit pas parfaite. « Après, c’est sûr qu’il y a la sécurité. Avec un bison ou un ours, il faut faire attention de garder une distance qui [est] safe. »

Ouvert, il se laisse surprendre au fil des rencontres. « Tu ne t’y attends pas. Là, par exemple, dit-il en pointant du doigt le cliché d’un renard, j’avais passé des heures avec lui. Il mangeait une carcasse et il jouait. J’étais assis à quelques mètres de lui et il m’a laissé venir. »

Sensibiliser à la conservation
L’artiste espère qu’en regardant les photos, les visiteurs prendront conscience de l’importance du territoire et de sa conservation. Plusieurs de ses photos sont prises près de la rivière Slave, qui fait l’objet de discussion de barrage. « Des projets autour de la rivière qui pourraient la mettre en danger à long terme », explique le membre de la Slave River Coalition, un organisme qui vise à la préserver.

« Il y a [un équilibre] entre développer et protéger. C’est une très belle rivière, alors il faut vraiment faire attention... on a des belles choses, ça vaut le coup de les protéger. »

« C’est pour ça que je fais les photos », conclut-il.

Le photographe vidéaste partira avec le centre de recherche et d'apprentissage Dechinta, cet été, tourner un documentaire, à travers les rivières des Territoires du Nord-Ouest.

On peut voir ses œuvres au pierreemmanuelchaillon.com


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