Langues officielles : Ce Cadre qui modèle les langues autochtones

Les onze langues des TNO sont le chipewyan (dëne suliné), le cri (nehiyawewin), le gwich’in, l’inuinnaqtun, l’inuktitut, l’inuvialuktun, l’esclave du Nord (sahtúot’ine), l’esclave du Sud (dene zhatié), le tlicho, le français et l’anglais. (Source : Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles)

Les onze langues des TNO sont le chipewyan (dëne suliné), le cri (nehiyawewin), le gwich’in, l’inuinnaqtun, l’inuktitut, l’inuvialuktun, l’esclave du Nord (sahtúot’ine), l’esclave du Sud (dene zhatié), le tlicho, le français et l’anglais. (Source : Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles)

Le nouveau Cadre sur les langues autochtones des TNO : une responsabilité partagée arrive au même moment qu’un investissement de 19,6 M$ du gouvernement fédéral.


Le ministre responsable des langues officielles, Alfred Moses, a déposé le Cadre sur les langues autochtones des TNO (le Cadre) devant l’Assemblée législative, le 26 mai. Le nouveau Cadre vise deux objectifs, soit revitaliser les langues autochtones et permettre aux locuteurs d'accéder à des services dans leur langue. Le plan d’action qui découlera de ce document viendra à l’automne, selon le ministre Moses.


Le jour même du dépôt du cadre, le gouvernement fédéral a annoncé l'allocation d'un montant de 19,6 M$ — échelonnés sur quatre exercices — pour la préservation des langues autochtones aux Territoires du Nord-Ouest ainsi que 15,8 M$ pour le territoire du Nunavut. Le bureau du ministre affirme toutefois qu’il n’était pas en attente de cette annonce pour préparer et déposer le Cadre (anciennement connu sous le Plan sur les langues autochtones des TNO).


Grâce à ce nouveau financement, un linguiste territorial sera nommé pour porter assistance aux gouvernements autochtones responsables des plans linguistiques stratégiques pour leurs communautés.


Ce montant viendra aussi bonifier les programmes pour les interprètes/traducteurs, les radios communautaires et d’autres programmes d’apprentissage des langues autochtones.

Pourquoi ces langues sont en danger?
Le Cadre expose l’histoire des collectivités autochtones, des politiques d’assimilation forcée, de la colonisation dès 1763 (avec la signature de la proclamation royale), qui ont mené à la perte des langues et cultures à travers le Canada.
 

Il relate comment, en 1844, l’éducation était recommandée comme moyen d’assimilation de la population autochtone, ce qui a contribué à la montée des pensionnats au Canada. Le Cadre décrit l’impact de ce système concernant la transmission de la langue : des enfants auxquels il était défendu de parler leur langue, qui l’ont perdue ou qui ont craint de la parler à nouveau.


En tenant compte de la réalité du passé, le Cadre souligne également que la revitalisation est une responsabilité partagée : « Tous les Ténois doivent prendre la responsabilité de soutenir, de respecter et d’utiliser les langues autochtones. Les individus, les familles et les communautés linguistiques autochtones, ainsi que les gouvernements autochtones, le GTNO, les ONG, les universités et les autres partenaires linguistiques ont une responsabilité collective : celle de soutenir la revitalisation linguistique et d’y participer. »

Loi actuelle
Dans le cadre déposé, un volet législatif est abordé parmi les trois priorités du gouvernement territorial. Le GTNO désire établir une législation complète, et des politiques, qui mettraient l’accent sur la protection, la revitalisation et la modernisation des langues autochtones et qui aborderait l’accès aux services en langues autochtones.


Des membres du Conseil des langues officielles et du Conseil de revitalisation des langues autochtones étaient impliqués lors de l’élaboration de ces travaux.


Actuellement, neuf langues autochtones sont décrites dans la Loi sur les langues officielles des TNO, mais la présente loi aux Territoires du Nord-Ouest ne régit pas les langues autochtones à l’égal de l’anglais et du français.


Au Nunavut, la langue inuit est reconnue dans la Loi sur les langues officielles au même titre que les deux autres langues officielles. Il existe par ailleurs une Loi sur la protection de la langue inuit. Les locuteurs d’inuktitut peuvent par exemple, postuler et occuper leur fonction au gouvernement territorial dans leur langue. Il existe également un office de la langue inuit, l’Inuit Uqausinginnik Taiguusiliuqtiit, qui traite des questions relatives à l’usage, au développement et à la normalisation de la langue inuit.


Au niveau national, le premier ministre Trudeau a annoncé, le 6 décembre 2016, que le gouvernement promulguera une loi sur les langues autochtones dans le but d’assurer la préservation, la protection et la revitalisation des langues autochtones au pays. « Nous prévoyons que cette loi nous donnera de meilleurs outils pour financer les langues autochtones d’un océan à l’autre », indique le bureau du premier ministre dans un courriel daté du 31 mai.


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